Fiona Ferro fait son retour en Australie

Nico Par Nico

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Après des mois d’arrêt, de doutes et de souffrance, Fiona Ferro s’envole de nouveau vers l’Australie avec l’envie d’écrire une nouvelle page de sa carrière. Ce samedi, la Française de 28 ans, tombée au 368ᵉ rang mondial après avoir longtemps flirté avec le top 40 (39ᵉ en 2020), s’apprête à retrouver le circuit dans les qualifications de Melbourne, déterminée à renouer avec le haut niveau après deux saisons plongées dans l’incertitude médicale.

Une championne freinée par la douleur

Depuis l’été 2024, la Niçoise vit un véritable calvaire. Une douleur persistante au poignet gauche, liée à une décalcification de la gaine du tendon ECU et à un conflit osseux entre l’ulna et un os du poignet, l’empêche de jouer et surtout de performer sur la durée.

Infiltrations, avis contradictoires, immobilisation, kiné intensive : rien n’y fait.

« Un match ça allait, le deuxième devenait douloureux, et au troisième je n’y arrivais plus », confie-t-elle.

Face à l’impasse, Ferro finit par accepter une opération pourtant jugée risquée. Les chirurgiens liment une partie de l’ulna pour supprimer le conflit osseux, ouvrent la gaine du tendon et retirent les calcifications. Un geste lourd, mais nécessaire.

La Française retrouve même le sourire :

« Maintenant, je peux devenir kiné du poignet ! », plaisante-t-elle.

Cinq mois de patience… avant le retour

Suit une longue période de convalescence :

  • 1 mois d’immobilisation,
  • 2 mois d’entraînement limité, uniquement revers slicé et travail main droite,
  • puis une vraie reprise fin octobre.

Elle refait surface dans les tournois WTA 125 d’Angers et Limoges, où elle remporte un match à chaque fois. Un retour discret mais encourageant.

« C’était bien de rejouer face à des filles proches du top 100. Il m’en manquait encore un peu niveau jeu, mais physiquement ça a tenu. »

Et le plus important est là : la confiance revient.

Cap sur l’Australie avec ambition

Basée désormais à Valbonne et accompagnée d’un nouveau coach, Emmanuel Heussner, avec qui elle travaille depuis quinze jours, Fiona Ferro décolle d'abord pour Brisbane avant de rejoindre Melbourne. Elle compte utiliser l’un de ses six classements protégés (170ᵉ) pour tenter l’aventure australienne.

« Je me sentais bien à l’entraînement et je sens que j’ai le niveau pour ce type de tournoi. Alors j’ai voulu tenter le coup ! »

Cette tournée aurait pu attendre. Elle aurait pu préférer les petits tournois et un retour plus prudent. Mais la joueuse en a décidé autrement : après avoir envisagé l’arrêt, préparé l’après-carrière en décrochant son BE, elle choisit la voie du courage et du défi.

Objectif : retrouver sa place… et le plaisir

Pour celle qui avait brillé à Roland-Garros en atteignant les huitièmes de finale en 2020, ce voyage australien symbolise bien plus qu’un simple retour :

c’est une renaissance sportive, mais aussi personnelle.

Entre détermination, lucidité et une pointe d’auto-dérision, Fiona Ferro se présente à Melbourne différente : plus forte mentalement, prête à se battre, consciente de la difficulté mais convaincue qu’elle peut revenir.

La route sera encore longue, mais une certitude demeure : elle n’a pas abdiqué.

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