Varvara Gracheva rejoint le deuxième tour

Nico Par Nico

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Arrivée à Melbourne sans certitudes, sans entraîneur et avec très peu d’attentes, Varvara Gracheva a pourtant signé une victoire précieuse ce mardi au premier tour de l’Open d’Australie. La Française de 25 ans, 77e mondiale, s’est imposée face à la Suissesse Viktorija Golubic en trois sets décousus mais maîtrisés (6-1, 2-6, 6-1), s’offrant ainsi une qualification aussi inattendue que bienvenue

Une joueuse imprévisible, sans repères clairs

Dans un circuit WTA ultra-concurrentiel, Varvara Gracheva demeure l’une des joueuses les plus difficiles à cerner. À Melbourne, son discours était pour le moins désarmant de sincérité. Battue lors de ses deux premiers matches de la saison à Auckland et Hobart, privée de coach et insatisfaite de sa préparation hivernale, la Française affichait un détachement assumé : aucune pression, aucune projection, simplement l’envie de retrouver des sensations.

Entourée uniquement de son compagnon et de son kinésithérapeute, Gracheva avançait à l’aveugle, ou presque. Une situation instable qui contrastait fortement avec l’exigence d’un tournoi du Grand Chelem.

Un match haché, mais une victoire au bout

Sur le court, cette incertitude s’est traduite par un match très irrégulier. Brillante dans le premier set, dominé 6-1, Gracheva a ensuite connu un net passage à vide, laissant Golubic égaliser. Mais fidèle à son engagement, la Française est repartie de l’avant dans la manche décisive, qu’elle a de nouveau largement contrôlée.

Malgré des statistiques au service peu rassurantes — sept doubles fautes et seulement 56 % de points gagnés sur ses mises en jeu — Gracheva a su s’accrocher et rester dans le combat jusqu’au bout. « Je n’attendais rien, j’ai juste essayé de faire de mon mieux », confiait-elle après la rencontre, satisfaite d’avoir tenu mentalement malgré l’inconfort technique.

Naviguer à vue, en attendant mieux

Après une pré-saison qu’elle qualifie elle-même de « manquée » aux États-Unis, Gracheva évolue actuellement sans véritable structure. Elle peut néanmoins compter sur le soutien ponctuel de Griffin Foster et du Colombien Carlos Martinez pour l’aspect tennis. En parallèle, l’encadrement de l’équipe de France reste disponible en cas de besoin.

Présents sur place, Alizé Cornet et Bertrand Perret assurent un rôle de soutien, sans se substituer à un entraîneur permanent. « On est là pour aider si elle nous sollicite, explique Perret, mais il faut qu’elle arrive à trouver de la stabilité. Cela dit, je l’ai trouvée très incisive, bien présente, avec du positif à retenir. »

Toujours sans attentes pour la suite

Au deuxième tour, Varvara Gracheva affrontera soit la Kazakhstanaise Elena Rybakina, tête de série n°5, soit la Slovène Kaja Juvan. Quel que soit l’adversaire, la Française abordera la suite du tournoi avec le même état d’esprit détaché : « Je n’attends rien encore. »

Un mantra qui, pour l’instant, semble lui réussir.

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