La désillusion des français à l'Open d'Australie

Nico Par Nico

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L’Open d’Australie 2026 n’aura laissé que peu d’illusions au tennis français. En à peine six jours de compétition, les vingt-deux joueurs et joueuses tricolores engagés dans les tableaux principaux ont tous quitté les courts de Melbourne. Dernier représentant encore en lice, Corentin Moutet s’est logiquement incliné ce vendredi au troisième tour face au numéro 1 mondial Carlos Alcaraz, scellant définitivement l’élimination du clan bleu.

Une sortie rapide, presque annoncée

Comme souvent ces dernières années, les espoirs étaient réels mais mesurés au moment d’aborder le premier Grand Chelem de la saison. Avec 18 hommes et seulement 4 femmes au départ, la délégation française n’est pas parvenue à déjouer les pronostics. Aucun exploit majeur n’est venu bouleverser la hiérarchie, et la logique du classement a globalement été respectée.

Quelques éclaircies ont néanmoins animé les premiers jours du tournoi. Elsa Jacquemot (60e mondiale) a ainsi bousculé Marta Kostyuk (20e) dès le premier tour, tandis qu’Arthur Gea (198e), issu des qualifications, a livré une bataille remarquée face au Tchèque Jiri Lehecka (19e). Mais ces performances isolées n’ont pas trouvé de prolongement. La belle aventure de Gea, stoppée avec les honneurs par Stan Wawrinka, 40 ans, restera comme la seule véritable histoire positive de la semaine côté français — un constat révélateur d’une quinzaine qui n’aura jamais vraiment commencé.

Un contraste frappant avec les nations concurrentes

Le bilan français paraît d’autant plus sévère lorsqu’on le compare à celui d’autres nations majeures du circuit. À effectif comparable chez les hommes, le clan américain a, par exemple, placé sept joueurs au troisième tour, là où la France ne comptait plus qu’un seul survivant : Corentin Moutet.

Cette différence souligne les difficultés persistantes du tennis tricolore à convertir son vivier en résultats probants sur la scène des grands rendez-vous internationaux.

Moutet face à l’Everest Alcaraz

Pour sa première apparition sur la mythique Rod Laver Arena, Corentin Moutet (37e mondial) se présentait face à un défi immense : tenter de devenir seulement le quatrième Français de l’histoire à battre un numéro 1 mondial en Grand Chelem. Mission trop ambitieuse face à Carlos Alcaraz.

Si le public australien a assisté à plusieurs échanges spectaculaires et à quelques fulgurances techniques du Français, notamment lors d’un deuxième set de très bonne facture, l’Espagnol n’a jamais réellement vacillé. En 2h05 de jeu, Alcaraz a maîtrisé son sujet, étouffant progressivement les velléités de rébellion de son adversaire.

Lucide et tourné vers l’avenir

À l’issue de la rencontre, Corentin Moutet affichait une lucidité sans détour. Reconnaissant la supériorité de son adversaire, il voyait dans ce match avant tout un test grandeur nature : celui du plus haut niveau mondial. Sans amertume, le Parisien rappelait que son objectif n’était pas d’être le dernier Français en lice, mais de continuer à progresser dans un contexte collectif plus porteur.

Conscient du chemin qu’il reste à parcourir pour rivaliser durablement avec l’élite, Moutet se projette déjà vers la suite de la saison : repos, entraînement, puis retour à la compétition, avec l’idée de transformer cette expérience australienne en moteur pour les prochains défis.

Un début de saison à vite digérer

Pour le tennis français, cet Open d’Australie agit comme un rappel brutal des exigences du très haut niveau. Sans catastrophe retentissante, mais sans coup d’éclat non plus, la campagne australienne laisse un goût d’inachevé. La saison ne fait que commencer, et les occasions de rebondir ne manqueront pas. Encore faudra-t-il saisir ces opportunités pour que les prochains Grands Chelems ne se terminent pas, une nouvelle fois, dès la première semaine.

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