Ksenia Efremova remporte l'Open d'Asutralie juniors

Nico Par Nico

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Longtemps annoncée comme une future star du tennis mondial, Ksenia Efremova semblait s’être égarée ces dernières saisons. Dimanche, à seulement 16 ans, la jeune joueuse naturalisée française en 2023 a signé un succès retentissant en remportant l’Open d’Australie juniors. Une victoire fondatrice, qui pourrait marquer le véritable point de départ de sa carrière au plus haut niveau.

Le coup de fil de la délivrance

À Cannes, Julia Efremova a vécu une semaine d’attente fébrile, ponctuée de nuits courtes et d’une tension grandissante. Jusqu’à cet appel libérateur, dimanche, peu avant 4 heures du matin. De l’autre côté du globe, au cœur de la Rod Laver Arena, sa fille laissait éclater sa joie après un sacre en Grand Chelem juniors.

« C’est un peu notre tradition, je l’appelle à chaque fois », confiait Ksenia Efremova, sourire aux lèvres. Cette fois, l’appel avait une saveur particulière : celui d’une championne. En battant la Russe Ekaterina Tupitsyna en finale (6-3, 7-5), Efremova est devenue la deuxième Française à remporter l’Open d’Australie juniors, après Virginie Razzano en 1999.

Un trophée symbolique et une place de numéro 1 mondiale juniors

Ce titre, qu’elle qualifie affectueusement de « bébé », s’accompagne d’une autre récompense majeure : la place de numéro 1 mondiale juniors. Une consécration qui vient valider le travail entrepris depuis six mois avec son nouvel entraîneur, le Slovaque Vladimir Platenik, partagé entre Bratislava et le Centre national d’entraînement (CNE) de Paris, où la joueuse s’est installée l’été dernier.

À 49 ans, Platenik n’en est pas à son premier pari, lui qui a déjà accompagné des joueuses de renom comme Nadia Petrova, Dominika Cibulkova ou Daria Kasatkina. Mais le cas Efremova était particulier.

Le poids d’un statut de prodige

« Quand on a commencé ensemble, elle traversait une période difficile », rembobine l’entraîneur. Très tôt considérée comme « la meilleure de tous les temps », parfois jugée plus précoce encore que Maria Sharapova ou Coco Gauff à 10 ou 11 ans, Ksenia Efremova a dû composer avec des attentes démesurées.

Les deux dernières années ont été délicates pour la jeune joueuse d’origine russe, notamment sur la Côte d’Azur. Changements de structures, passages successifs par la Mouratoglou Academy puis l’Elite Tennis Center, rotations fréquentes d’entraîneurs : autant de bouleversements qui ont freiné sa progression. « Elle a changé de technique, changé beaucoup de choses, analyse Platenik. À mon arrivée, j’ai vu des problèmes techniques et un plan de jeu inadapté. Elle jouait trop lentement. »

Ses faiblesses au service et en coup droit étaient connues. Sans parler d’une rigidité mentale et technique, héritée d’une habitude de toujours jouer pour gagner, même à l’entraînement, au détriment du développement.

Discipline, caractère et remise en question

Si le chantier était vaste, Platenik n’a jamais douté de l’investissement de sa joueuse. « Elle a une discipline énorme », souligne-t-il. À Melbourne, Efremova s’est imposé des séances d’entraînement après chaque match, à l’exception de la finale. Une exigence qui illustre son tempérament bien trempé.

« Je sais que j’ai un gros caractère, parfois je suis chiante et trop têtue », admet-elle avec lucidité. Une force autant qu’un défi, que son entraîneur a dû canaliser. « Je lui ai dit : “Tu es en train de détruire ton tennis. Tu dois connecter ton cerveau à ce que tu fais.” » L’objectif : privilégier la qualité à la quantité, l’intensité à l’accumulation.

Une transition vers le circuit professionnel

Aujourd’hui 590e mondiale, Ksenia Efremova regarde désormais vers l’avenir. « Mon objectif est d’entrer dans le top 200 pour jouer les qualifications des Grands Chelems », annonce-t-elle. Une ambition mesurée, tempérée par la sagesse de son entraîneur. « Le tennis, c’est la perfection tactique, technique et physique. Ksenia a énormément de choses à travailler. Ça prend du temps. »

Dans un monde souvent pressé de brûler les étapes, le sacre australien vient poser une première pierre, sans garantie mais pleine de promesses. Pour Ksenia Efremova, le chemin vers le très haut niveau ne fait que commencer. Et cette fois, il semble emprunté dans la bonne direction.

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