Les Bleues sur une autre planète

Pierrick Par Pierrick

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L’équipe de France de biathlon aime jouer avec nos nerfs. Comme leurs homologues masculins la veille, les françaises ont débuté leur relais en se tirant une balle dans le pied - Camille Bened allant visiter l’anneau de pénalité - avant d’effectuer une incroyable remontée.
Mais à la différence d’Eric Perrot, qui a dû cravacher jusqu’à la ligne d’arrivée, la dernière relayeuse Julia Simon a vécu une ultime boucle sereine, l’écart étant fait sur ses poursuivantes suédoises (2èmes) et norvégiennes (3èmes).

Camille Bened subit la pression olympique

La jeune Camille Bened est l’une des biathlètes les plus fiables derrière la carabine. C’est ce qui lui a valu sa sélection pour ce relais olympique, au détriment de l’expérimentée Justine Braisaz-Bouchet, en délicatesse face aux cibles depuis le début de la quinzaine.
Mais une course aux JO n’a définitivement rien à voir avec toutes les épreuves de Coupe du Monde. A l’instar de Fabien Claude chez les hommes, Camille Bened s’est totalement crispée sur son tir debout, malgré un solide début de course. Autrice de quatre fautes, la biathlète tricolore doit réaliser un tour de pénalité, avant d’effectuer une dernière boucle et de passer le relais à Lou Jeanmonnot en 16ème position, à 56 secondes de la tête.

La remontée phénoménale de Lou Jeanmonnot

La mésaventure vécue par Camille Bened, d’autres nations fortes du biathlon vont l’expérimenter lors du second relais. La suédoise Anna Magnusson, l’italienne Dorothea Wierer et l’allemande Franziska Preuss, parmi les meilleures tireuses du circuit, vont aussi subir la pression olympique et aller tourner sur l’anneau de pénalité.
Lou Jeanmonnot n’en demandait pas tant pour effectuer une « remontada à la Jacquelin » ! Irrésistible sur la piste (meilleur temps de ski du jour), la jurassienne va piocher à deux reprises sur son tir couché mais réaliser le 5/5 sur le debout pour revenir sur les surprenantes biathlètes lettones et hongroises en tête de course.

Océane Michelon magistrale

Forte de son titre de vice-championne olympique du sprint, Océane Michelon va se montrer impériale sur la piste comme face aux cibles (une pioche seulement sur son second tir) et mettre la France sur l’orbite de la victoire.
Augmentant son avance de manière régulière sur les scandinaves Elvira Oeberg et Karoline Knotten, la chambérienne transmet le témoin à Julia Simon avec un confortable matelas de 47 secondes.

Le bouquet final Julia Simon

Dans un rôle de dernière relayeuse qu’elle maîtrise à merveille, la biathlète des Saisies n’a plus qu’à mettre la balle au fond. Comme lors du relais mixte en ouverture de la session olympique, Julia Simon ne va pas se contenter d’assurer, mais va, au contraire, engager des tirs supersoniques dont elle a le secret.


Avec près d’une minute d’avance à la sortie de ce dernier passage face aux cibles, la savoyarde peut savourer cette nouvelle victoire dans l’ultime boucle, prenant le temps de saluer chacun des membres du staff tricolore, entraîneurs, techniciens, tous ces hommes de l’ombre tellement incontournables dans le triomphe de l’équipe de France.

Deux mass-starts pour prolonger le plaisir

Avec dix médailles récoltées, dont cinq du plus beau des métaux, les biathlètes tricolores survolent très nettement les débats à Antholz-Anterselva. Les triomphes dans les trois relais (mixte – hommes – femmes) témoignent d’une domination incontestable sur les autres nations.
Il reste désormais aux Bleus deux épreuves pour conclure en beauté cette session historique :
. mass-start hommes : vendredi 20 février à 14h15
. mass-start femmes : samedi 21 février à 14h15
Les deux leaders actuels de la Coupe du Monde, Lou Jeanmonnot et Eric Perrot, sont multi-médaillés depuis le début des Jeux, mais ils n’ont pas encore remporté de titre individuel… nul doute qu’ils ont chacun une petite idée derrière la tête !

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