Quels partenaires pour Paul Seixas sur le Tour de France?
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À mesure que le Tour de France approche, une certitude s’impose chez Decathlon-CMA CGM : Paul Seixas sera le centre du projet. Révélation majeure de la saison 2026, le jeune Français s’est imposé comme le leader naturel de l’équipe sur chacune de ses sorties depuis le début de l’année. Son ascension fulgurante oblige désormais la formation française à bâtir autour de lui une sélection pensée dans le détail, entre protection sur le plat, soutien en montagne et cohésion humaine.
Du contre-la-montre par équipes inaugural à Barcelone jusqu’à l’arrivée finale à Paris, Seixas aura besoin d’un collectif hybride, capable de répondre aux exigences d’un Tour moderne. Plusieurs noms se détachent déjà pour composer l’ossature de cette équipe construite autour de son nouveau leader.
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Une base déjà claire autour de Seixas
Depuis plusieurs mois, Decathlon-CMA CGM affine ses scénarios et teste différentes configurations. Les premières tendances dégagent déjà un noyau dur, pensé pour accompagner Seixas dans tous les registres.
Le premier nom qui s’impose est celui d’Aurélien Paret-Peintre. Expérimenté, polyvalent, précieux en montagne comme sur le plat, le Français de 30 ans apparaît comme l’un des piliers naturels du dispositif. Depuis l’an dernier, il a noué une relation forte avec Seixas, jouant un rôle de protecteur et de référent au quotidien. Les deux hommes partagent régulièrement leur chambre, et cette proximité humaine pèse dans une course où la confiance compte autant que les jambes.
Son profil colle parfaitement aux besoins du jeune leader. Bon grimpeur, solide rouleur, capable de l’escorter dans toutes les phases de course, Paret-Peintre offre aussi un avantage plus discret mais très concret : avec un gabarit proche de celui de Seixas, il peut lui céder son vélo plus facilement en cas d’incident mécanique.
Dans cette garde rapprochée, Nicolas Prodhomme semble lui aussi tenir une place importante. Son rôle en montagne devrait être central, comme il l’a déjà été au Tour du Pays basque, où il s’était montré particulièrement utile dans les étapes les plus exigeantes.
Des rouleurs déjà presque assurés de leur place
Le profil du Tour 2026, avec un contre-la-montre par équipes dès la première étape à Barcelone, impose également une réflexion spécifique sur la puissance collective.
Dans cette optique, Stefan Bissegger et Dan Hoole apparaissent comme des choix presque naturels. Le Suisse et le Néerlandais, tous deux âgés de 27 ans, apportent les garanties nécessaires dans l’effort chronométré et représentent des atouts essentiels pour permettre à Decathlon-CMA CGM de limiter les écarts — voire de créer une première dynamique positive dès le Grand Départ.
Leur présence semble d’autant plus probable qu’ils complètent idéalement le profil plus grimpeur de Seixas et de ses lieutenants naturels. Avec Paret-Peintre, Prodhomme, Bissegger et Hoole, Decathlon tiendrait déjà une base cohérente de quatre équipiers aux rôles bien identifiés.
Trois places encore en débat
Si cette première ossature se confirme, il resterait alors trois places à attribuer. Et c’est là que les arbitrages les plus délicats commencent.
L’une de ces places semblait initialement promise à Olav Kooij. Recruté cet hiver, le sprinteur néerlandais devait être l’un des visages forts de l’été de Decathlon-CMA CGM, avec un train partiellement organisé autour de lui sur certaines étapes.
Mais le scénario a changé. Victime d’un virus en début de saison, Kooij n’a toujours pas repris la compétition en 2026. Son absence prolongée, combinée à l’émergence de Seixas comme leader absolu, fragilise logiquement sa place dans le projet Tour.
Le cas de Tiesj Benoot est tout aussi délicat. Le Belge devait lui aussi faire partie du plan initial, mais son opération d’une hernie discale l’a privé de compétition depuis le début de saison. Sur le papier, son profil reste pourtant extrêmement précieux.
Capitaine de route naturel, habitué aux grands rendez-vous, ancien lieutenant de Jonas Vingegaard chez Visma-Lease a Bike, Benoot apporterait une dimension tactique et un leadership immédiat à l’équipe. S’il revient à temps et avec suffisamment de garanties physiques, il pourrait rapidement redevenir une option majeure.
Oliver Naesen présente lui aussi un profil crédible dans ce registre. Avec dix participations au Tour de France, son expérience du placement, de la gestion du peloton et des journées piégeuses constitue un atout évident. Mais sa présence sur le Giro ce mois-ci pourrait compliquer l’enchaînement.
Les jeunes poussent et redistribuent les cartes
Derrière ces profils expérimentés, plusieurs jeunes ont marqué des points et pourraient rebattre les cartes.
Jordan Labrosse fait partie de ceux qui ont le plus progressé dans la hiérarchie. À 23 ans, il s’est montré solide dans le placement sur les étapes de plaine et semble avoir développé une vraie complicité avec Seixas. Des Strade Bianche à Liège en passant par le Pays basque, les deux hommes ont partagé plusieurs moments forts cette saison, et cette connexion humaine pourrait peser dans les choix finaux.
À l’inverse, Paul Lapeira, pourtant attendu sur ce registre, a laissé passer sa chance lors des classiques ardennaises.
Johannes Staune-Mittet a lui aussi semblé proche de Seixas dans la dynamique du groupe. Le Norvégien présente un profil intéressant, mais la concurrence reste forte.
Dans un rôle plus spécifique de lieutenant, Matthew Riccitello apparaît comme une option très crédible. Meilleur grimpeur que Staune-Mittet, l’Américain a surtout convaincu par son état d’esprit. Exemplaire en Algarve puis au Pays basque, il s’est montré irréprochable dans un rôle de soutien haut de gamme, ce qui pourrait lui valoir une place stratégique en montagne.
Léo Bisiaux, enfin, reste une option sérieuse. À 21 ans, il présente le double avantage de pouvoir être utile sur plusieurs terrains — plaine comme montagne — tout en appartenant à une génération plus proche de celle de Seixas. Un détail qui peut compter dans l’équilibre d’un groupe appelé à vivre trois semaines sous tension.
L’encadrement, un choix aussi stratégique que les coureurs
Au-delà des huit coureurs, l’encadrement sera lui aussi déterminant pour accompagner un leader aussi jeune sur son premier très grand rendez-vous.
Chez Decathlon-CMA CGM, la question du pilotage sportif est loin d’être secondaire. Sébastien Joly, directeur de la compétition, sera mobilisé sur le Giro et ne devrait pas enchaîner avec le Tour.
Cela ouvre la voie à Julien Jurdie, qui a déjà accompagné Seixas sur plusieurs séquences clés cette saison, notamment au Tour de l’Algarve et sur les classiques ardennaises. Son profil présente une forme de continuité logique.
Surtout, Jurdie possède une expérience précieuse de la gestion d’un leader français visant le classement général sur la Grande Boucle. Il avait notamment dirigé Jean-Christophe Péraud, deuxième en 2014, puis Romain Bardet, deuxième en 2016.
Dans un Tour qui s’annonce comme un tournant pour Decathlon-CMA CGM, cette mémoire stratégique pourrait peser aussi lourd qu’un bon grimpeur dans un col hors catégorie.
Une équipe à construire autour d’un nouveau statut
L’enjeu, pour Decathlon-CMA CGM, dépasse désormais la simple sélection de huit noms. Il s’agit de bâtir une équipe capable de faire exister Paul Seixas pendant trois semaines, de l’escorter, de le protéger, de l’accompagner dans les moments de crise comme dans les ambitions élevées.
Le Tour de France 2026 marquera un changement de dimension pour l’équipe française. Et autour de son nouveau leader, chaque choix comptera.
Par Nico