Quartararo / Zarco: entre fatalisme et ambition

Quartararo / Zarco: entre fatalisme et ambition

Nico Par Nico

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À l’aube du Grand Prix d'Espagne MotoGP, disputé ce week-end sur le circuit de Jerez, les pilotes français abordent cette étape européenne avec des états d’esprit contrastés. D’un côté, Fabio Quartararo fait preuve d’un certain fatalisme face aux limites de sa machine. De l’autre, Johann Zarco veut croire à un renouveau après des signaux encourageants aperçus récemment.

Quartararo face à la réalité de sa Yamaha

À 27 ans, fraîchement célébrés en toute simplicité, Fabio Quartararo traverse une période délicate. Champion du monde en 2021, le pilote français peine aujourd’hui à retrouver son meilleur niveau, englué à une modeste 17e place au championnat avec seulement six points en trois courses.

La faute, en grande partie, à une Yamaha qu’il juge trop limitée pour rivaliser avec les meilleures machines du plateau. Là où il brillait encore l’an passé — notamment avec une pole position et une deuxième place à Jerez —, la situation a nettement évolué. Le passage à un moteur V4 semble avoir compliqué les choses, réduisant ses chances de briller, même en qualifications.

Lucide, Quartararo ne nourrit plus d’illusions immédiates : « Il va falloir passer toute la saison comme ça », admet-il, tout en affirmant continuer à travailler sans relâche. Son principal problème reste le manque de sensations à l’avant de la moto, un élément crucial pour son style de pilotage : « J’ai zéro feeling avec l’avant… et c’est justement ce dont j’ai besoin pour être rapide. »

Des évolutions attendues… sans garantie

Pour tenter d’inverser la tendance, des évolutions techniques pourraient être introduites dès ce week-end, sans attendre les essais officiels prévus après la course. Une prise de risque assumée : « On n’a pas grand-chose à perdre », reconnaît le Niçois.

L’objectif initial était de disposer d’une machine améliorée pour le Grand Prix de France MotoGP au Mans, mais rien ne garantit que ce plan se concrétisera. En attendant, Quartararo semble résigné à composer avec ses difficultés, dans une saison qui s’annonce longue.

Si son avenir à court terme ne semble pas menacé, un départ vers Honda à l’horizon 2027 est évoqué. D’ici là, il devra faire preuve de patience avec une moto qui ne répond pas à ses attentes.

Zarco entre frustration et espoir retrouvé

À l’inverse, Johann Zarco aborde ce Grand Prix avec une pointe d’optimisme. Le pilote de l’équipe LCR Honda, malgré un début de saison discret, retient du positif de sa dernière course aux États-Unis.

Même s’il n’a pas marqué de points après une chute à Austin, le Français estime avoir retrouvé des sensations qu’il cherchait depuis plusieurs mois. « J’ai retrouvé cette sensation… elle est enfin là », confie-t-il avec enthousiasme.

Son objectif est désormais clair : capitaliser sur ce ressenti dès les premiers essais à Jerez pour lancer véritablement sa saison.

Jerez, un défi à relever

Le circuit andalou n’a pourtant pas toujours souri à Zarco, avec plusieurs abandons ces dernières années. Mais le Français veut croire en ses chances, d’autant que sa machine lui offre une base de travail stable pour toute la saison.

« On a une base qui nous plaît », souligne-t-il, tout en identifiant le défi principal : trouver ce petit supplément de performance qui permet de passer du top 10 au top 5.

Deux trajectoires, un même objectif

Entre résignation lucide pour Quartararo et espoir mesuré pour Zarco, les deux Français abordent ce Grand Prix d’Espagne avec des dynamiques bien différentes. Mais tous deux partagent un même objectif : progresser et tirer le meilleur de leur machine dans un championnat MotoGP toujours plus exigeant.

À Jerez, théâtre du retour en Europe, les réponses pourraient commencer à se dessiner.

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