Victoire de Bezzecchi, les français loin derrière
Publié le
Alors que l'Italien Marco Bezzecchi a magistralement ouvert la saison en s'imposant à Buriram, le clan tricolore a connu une entame de championnat plus laborieuse avec les 11e et 14e places de Johann Zarco et Fabio Quartararo.
Le calvaire des Bleus : Zarco résiste, Quartararo s'enfonce
Le week-end thaïlandais a été une épreuve de patience pour nos deux représentants. Johann Zarco, désormais fer de lance de l'effort Honda LCR, a sauvé les meubles avec une 11e place arrachée au forceps. Malgré une machine encore rétive et physiquement épuisante, le Cannois a fait parler son expérience pour gérer l'usure prématurée de ses gommes. S'il se réjouit d'avoir retrouvé certains gènes de la Honda, il ne cache pas l'effort colossal nécessaire pour rester dans les points. Sa réaction témoigne d'une résilience à toute épreuve : il explique avoir géré du mieux possible sans pouvoir espérer davantage, soulignant que sa priorité reste le contrôle de ses émotions pour ne pas perdre patience face au chantier technique qui l'attend.
Pour Fabio Quartararo, le bilan est bien plus alarmant. Le pilote Yamaha a vécu un véritable cauchemar, terminant à une anonyme 14e place le dimanche après une 16e position lors du sprint. Handicapé par des départs qualifiés de catastrophiques et une machine incapable de doubler en peloton, "El Diablo" n'a pas caché son agacement. Très bref au micro de Canal+, il a concédé n'avoir rien à raconter tant la situation semble figée. Pour le champion du monde 2021, le salut ne pourrait venir que d'un nouveau moteur V4 espéré pour le Grand Prix de France, laissant présager un printemps difficile.
Le résumé du week-end
Qualifications : La razzia Aprilia
Dès le samedi matin, le ton était donné par les machines de Noale. Marco Bezzecchi, transfuge de l'hiver, a décroché une pole position magistrale, prouvant que l'Aprilia RS-GP est devenue l'arme absolue sur le tracé de Buriram. Il a devancé un Marc Marquez héroïque, seul pilote capable de hisser la Ducati sur la première ligne, et un Raul Fernandez surprenant de vélocité. Cette séance a immédiatement mis en lumière le recul des constructeurs japonais, reléguant Zarco et Quartararo en milieu et fond de grille, loin des projecteurs.
Course Sprint : Acosta profite de la discorde
La première course courte de l'année a été le théâtre d'un duel fratricide entre l'Espagne et la direction de course. Si Pedro Acosta a franchi la ligne en vainqueur, il le doit en partie à la sévérité des commissaires envers Marc Marquez. Sanctionné pour un dépassement musclé mais jugé illicite sur le jeune prodige de chez KTM, l'octuple champion du monde a dû céder sa place. Ce sprint a surtout confirmé l'éclosion définitive d'Acosta comme prétendant sérieux au titre, tandis que les Français restaient englués dans la deuxième moitié du classement, impuissants face au rythme des leaders.
Le Grand Prix : La fin d'une ère pour Ducati
Le dimanche a tourné à la démonstration pour Marco Bezzecchi. Parti comme une balle, l'Italien a mené les 26 tours sans jamais trembler, s'imposant avec une avance confortable de plus de cinq secondes. Derrière lui, Pedro Acosta et Raul Fernandez ont complété un podium inédit dont Ducati a été totalement absent. Cet événement est historique : c'est la première fois depuis 88 courses qu'aucune machine de Borgo Panigale ne figure dans le top 3. Entre la crevaison soudaine de Marc Marquez et la chute de son frère Alex, le clan Ducati a vécu un dimanche noir, Bagnaia ne pouvant faire mieux que neuvième. Bezzecchi quitte ainsi la Thaïlande en leader d'un championnat qui s'annonce plus ouvert que jamais. Au terme de cette épreuve, Johann Zarco se classe 11e et Fabio Quartararo 14e.
Un horizon complexe pour le clan tricolore
Au sortir de cette manche inaugurale, le bilan pour les pilotes français est teinté de réalisme. Si Johann Zarco parvient à transformer sa frustration en une approche méthodique pour faire progresser la Honda, il reste conscient que les points se gagneront à la sueur et à l'opportunisme. À l'inverse, l'inquiétude domine chez Fabio Quartararo, dont l'impuissance face au manque de développement de la Yamaha laisse craindre un début de saison anonyme. Pour nos deux champions, le salut réside désormais dans la capacité de leurs ingénieurs respectifs à réagir rapidement, avant que l'écart avec les constructeurs européens ne devienne insurmontable.
Par Lenny