MotoGP 2026 : top départ en Thaïlande

Lenny Par Lenny

Publié le

Le rideau se lève sur la saison MotoGP 2026 ce week-end à Buriram, sur le Chang International Circuit. Devenu le rendez-vous inaugural du championnat, ce tracé de 4,5 km, réputé pour sa chaleur étouffante et ses freinages violents, s'apprête à tester la fiabilité des nouvelles machines dans des conditions extrêmes.

Johann Zarco : l'homme qui a fait mentir les pronostics

Contre toute attente, Johann Zarco aborde cette nouvelle campagne avec une sérénité retrouvée au sein de l'écurie Honda LCR. Son pari, qui semblait risqué fin 2023, s'est avéré gagnant. Alors qu'il pensait avoir fait une croix sur les podiums en quittant le giron Ducati, le Cannois a brillé en 2025 avec une victoire historique lors du Grand Prix de France et une deuxième place remarquée à Silverstone. Le Français reconnaît lui-même que ce retour au sommet n'était pas écrit d'avance. Il a ainsi confié : « Quand j'ai signé et que j'ai entamé le projet avec Honda, je pouvais me dire que cette joie d'une victoire ou d'un podium était finie dans ma carrière, et non. J'en suis très reconnaissant. » Désormais engagé avec LCR jusqu'en 2027, il s'est imposé comme le pilier central du développement de la marque ailée. Malgré une fin de saison dernière rendue complexe par l'arrivée de nouvelles évolutions, Zarco croit dur comme fer au projet japonais, porté par la puissance du constructeur : « Je me disais que Honda allait vraiment tout faire pour gagner. C'est une marque très puissante et ils ont cet honneur pour y arriver. »

Fabio Quartararo : "El Diablo" en plein calvaire technique

L'ambiance est radicalement différente pour Fabio Quartararo, qui entame sa sixième saison chez Yamaha dans un climat de tension extrême. Le constructeur a enfin sauté le pas en adoptant l'architecture moteur V4, mais le projet semble encore balbutiant. Lors des tests de pré-saison organisés sur cette même piste de Buriram, le champion du monde 2021 a terminé à plus d'une seconde des leaders, se montrant même moins rapide que l'an dernier. Cette frustration a éclaté au grand jour lorsque le pilote a adressé un geste d'humeur explicite à sa machine durant les essais. Lucide sur le retard accumulé, le Niçois n'a pas caché son inquiétude : « Dans une semaine, même dans un mois, selon moi, nous ne serons pas prêts. On commence à voir une direction, mais on est presque une seconde plus lents que l'an dernier. » Entre un avenir qui semble se dessiner chez Honda pour 2027 et une moto loin du compte, Fabio tente de protéger son mental : « Je ne veux pas me cramer mentalement. Je veux juste faire mon travail et être plus calme, essayer de gérer ce qui peut l'être. »

Les défis redoutables du tracé de Buriram

Le circuit thaïlandais figure parmi les plus exigeants du calendrier, tant pour les pilotes que pour la mécanique. Les machines y atteignent des vitesses de pointe impressionnantes, comme en témoigne le record de 341,7 km/h établi par Raul Fernandez en 2025. Le premier virage impose une décélération brutale de 1,5 g, mettant les systèmes de freinage à rude épreuve. De plus, la chaleur intense du bitume oblige Michelin à fournir une carcasse de pneu spécifique pour résister aux températures extrêmes. Historiquement, le tracé est devenu une forteresse pour Ducati, qui a outrageusement dominé les dernières éditions. Après les succès de Jorge Martín en 2023 et Francesco Bagnaia en 2024, Marc Márquez a réalisé un véritable sans-faute l'an passé en s'offrant la pole position, le sprint et la course principale. Face à cette hégémonie, Massimo Meregalli, directeur de l'équipe Yamaha, appelle toutefois à la patience concernant le nouveau moteur : « On a conscience qu'on est vraiment au début d'un nouveau projet. On pense vraiment que dans la deuxième partie de saison, on devrait graduellement améliorer les performances. »

Le début d'une saison de transition et de défis

L’ouverture de cette saison 2026 en Thaïlande cristallise les enjeux majeurs du MotoGP moderne : la capacité des géants japonais à revenir au sommet face à l'armada européenne. Alors que Johann Zarco semble avoir trouvé l'équilibre parfait entre patience et performance chez Honda, Fabio Quartararo s'apprête à vivre une année de résilience pure, guettant le moindre signe de progrès de son nouveau moteur. Entre la quête de confirmation pour l'un et le besoin vital de solutions pour l'autre, ce premier Grand Prix de l'année s'annonce déjà comme un tournant psychologique décisif pour nos deux Français.