Quel visage pour le clan français à Austin ?

Lenny Par Lenny

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Le paddock du MotoGP pose ses valises sur le spectaculaire Circuit of the Americas (COTA) pour le Grand Prix des Amériques 2026. Entre bosses persistantes, chaleur texane et hiérarchie bousculée, ce troisième rendez-vous de la saison s'annonce comme un véritable test de survie pour les machines et les organismes.

Un tracé hors norme sous influence Aprilia

Dessiné par Hermann Tilke, le circuit d'Austin reste l'un des plus exigeants du calendrier. Avec ses 20 virages, son dénivelé vertigineux de 41 mètres au premier freinage et sa ligne droite de 1,2 km, il ne pardonne rien. Si Marc Márquez y a longtemps régné en maître (7 victoires), la donne a changé. Après le doublé historique de Maverick Viñales en 2024 et la domination actuelle des Aprilia RS-GP en ce début de saison 2026, la firme de Noale arrive en grande favorite face à des Ducati revanchardes. L'enjeu sera également physique : malgré les travaux, le bitume abrasif et les bosses forcent les pilotes à une gestion d'équilibriste. Pour cette édition, le retour à une construction de pneu arrière dite "normale" par Michelin pourrait redistribuer les cartes après deux Grands Prix disputés avec des gommes renforcées.

Johann Zarco : Le « Shérif » joue la carte de la sagesse

Loin de la tension des chronos, le stand LCR a ouvert les festivités avec une touche de légèreté. Johann Zarco et son coéquipier Diogo Moreira ont troqué le cuir pour le chapeau de cow-boy, posant fièrement sur une charrette d'époque. Mais derrière le sourire du "Lonesome Cowboy", le Français cache une approche tactique très réfléchie pour ce week-end. Conscient des limites actuelles de sa Honda, Zarco a décidé d'ajuster ses ambitions : "En début d'année, je disais que la moto pouvait être dans le top 5, mais l'image des deux premières courses a montré qu'il était trop tôt pour cela. Je veux continuer ce travail méthodique, ne pas trop en dire au point de se perdre. Je prends ce qui vient."

Longtemps fâché avec ce circuit qu'il considérait comme le plus dur de l'année, le double champion du monde Moto2 change de philosophie pour 2026 : "Je ne veux plus voir Austin comme une bête noire. Les dernières années, je me battais trop avec la moto. Cette fois, je vais essayer de ne pas trop stresser à vouloir régler la moto à la perfection et surtout retrouver le plaisir sur cette piste."

Naufrage chez Yamaha : Quartararo dans l'œil du cyclone

Si l'ambiance est à la méthode chez Honda, elle est à l'urgence chez Yamaha. Après un Grand Prix du Brésil catastrophique où la firme d'Iwata n'a récolté que des miettes, Fabio Quartararo arrive au Texas avec une pression immense. Déposée en ligne droite par la concurrence à Goiânia, la M1 semble accuser un déficit de puissance criant. Le constat d'Ai Ogura (Aprilia), qui a doublé "El Diablo" avec une facilité déconcertante au Brésil, fait froid dans le dos des ingénieurs japonais : "Les dépassements étaient faciles. Tout le monde l’a doublé dans la ligne droite. J’ai eu un peu pitié de Quartararo, car c’était une question de puissance pure." Alors que les rumeurs d'un départ du Français vers Honda pour 2027 s'intensifient, Austin et ses relances fulgurantes pourraient soit offrir un sursaut d'orgueil à Yamaha, soit confirmer leur déclassement technique.

Programme

Samedi 28 mars : Course Sprint à 21h00.

Dimanche 29 mars : Grand Prix à 22h00