Le coup de force des Bleus face aux champions du monde !

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Menée, bousculée, mais d’une résilience héroïque, l'équipe de France a idéalement lancé sa Volleyball Nations League (VNL) mercredi soir à Ottawa. Au bout du suspense, les Bleus d’Andrea Giani ont terrassé l'Italie championne du monde en cinq sets (19-25, 29-27, 23-25, 25-23, 16-14). Un classique XXL qui installe d'entrée les nouveaux visages tricolores.
Le culot de la jeunesse et l'impact Iyegbekedo
Ce France-Italie s'annonçait comme un choc de générations entre deux nations au réservoir XXL, toutes deux largement rajeunies pour ce premier tournoi de l’année. Si le premier set a nettement tourné en faveur de la Squadra Azzurra (19-25), portée par un Kamil Rymchlicki incandescent (30 points) et les missiles de Mattia Bottolo (17 points, 13 aces collectifs), la suite a basculé dans l'irréel. Le tournant du match porte un nom : Daniel Iyegbekedo. À seulement 18 ans (bientôt 19), le futur central de Chaumont et ses 2,08 m ont totalement éteint les attaquants italiens. Alors que les Bleus étaient dos au mur dans la quatrième manche (14-17), le gamin a sorti ses grands compas : 5 contres sur le seul quatrième set, pour un total stratosphérique de 8 blocs gagnants (12 points). Une performance majuscule pour sa toute première apparition en VNL. « Daniel a fait un match incroyable, au service et au bloc. C'est un très jeune joueur mais il a fait preuve d'une immense personnalité. » — Andrea Giani, sélectionneur des Bleus
Clévenot en patron, Henno en canonnier
Malgré un déchet logique pour une rentrée des classes (24 fautes au service pour la France, 29 pour l’Italie), les cadres ont su guider la meute. Trévor Clévenot (16 points, 61 % de réussite offensive) a enfilé son costume de patron. C'est lui qui, par une série de six services millimétrés à 14-17 au quatrième set, a initié le run décisif (6-0). C'est encore lui qui, dans le tie-break, a stabilisé le groupe, distillant ses feintes de main uniques et rassurant la jeunesse. Une jeunesse symbolisée par le culot de Mathis Henno. Malgré la pression, le réceptionneur-attaquant termine meilleur marqueur tricolore avec 18 points (40 % en attaque, 55 % de réceptions positives). C'est lui qui, après avoir vu deux balles de match s'envoler, a eu le sang-froid de délivrer la France sur la troisième opportunité dans le tie-break (16-14). Un réservoir d'une incroyable profondeur Au-delà du résultat, c’est la manière et la profondeur du banc français qui marquent les esprits. Derrière le prometteur Amir Tizi-Oualou, titulaire à la passe, ou les belles apparitions de Simon Magnin et Noa Duflos-Rossi, les tauliers ont joué leur rôle de paratonnerre. Stephen Boyer (14 points), pour son grand retour, a apporté un calme précieux dans le money-time, tandis que le capitaine Antoine Brizard, entré sur quelques séquences, savourait la force collective : « Je suis ravi de l’état d’esprit montré sur le terrain comme sur le banc. Malgré la pression que les Italiens nous ont mise au service, nous sommes restés agressifs. Les plus jeunes ont montré beaucoup de qualité. »
Prochaine étape : Le piège canadien
Pas le temps de gamberger pour les champions olympiques. Ce succès de prestige doit être validé dès ce jeudi soir (1h30 dans la nuit de jeudi à vendredi en France) face au Canada, qui évoluera devant son public d'Ottawa. Les Bleus enchaîneront ensuite avec la Turquie et l’Allemagne pour clore ce premier week-end de VNL. Si la route est encore longue, la relève française, elle, a déjà pris rendez-vous avec l'avenir.
Par Lenny






