Pays de Galles / France: un choc à ne pas rater pour les bleus

Nico Par Nico

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La victoire était nette, le contenu perfectible. En dominant largement l’Irlande (36-14) lors de l’ouverture du Tournoi, le XV de France a confirmé sa solidité collective, tout en mettant en lumière un chantier offensif encore en construction. À l’approche du déplacement au pays de Galles, dimanche à Cardiff (16h10), le staff tricolore assume un travail inscrit dans la durée, entre recherche de précision, efficacité des lancements et volonté assumée de « créer le désordre ».

Des lancements à améliorer malgré l’ampleur du score

Avant même le coup d’envoi face au XV du Trèfle, Fabien Galthié avait prévenu : « Tout ne sera pas parfait ». Le sélectionneur n’avait pas tort. Si le score final flatte les Bleus, l’inefficacité sur certaines phases de lancement a laissé un goût d’inachevé.

Mardi, à Marcoussis, l’entraîneur des lignes arrières Patrick Arlettaz n’a pas caché sa déception sur ce secteur du jeu. Un constat partagé par Théo Attissogbe, auteur du cinquième essai tricolore au Stade de France.

« On n’a pas réussi à élever nos standards sur les lancements, alors que ça peut être une grosse rampe de lancement pour nous », a reconnu l’ailier palois, qui fêtera sa 10e sélection au pays de Galles. « On s’y est davantage attardé cette semaine et on va essayer de s’en servir un peu plus ce week-end. »

Un chantier pensé sur le temps long

Si l’attaque française ne tourne pas encore à plein régime, c’est aussi parce qu’elle s’inscrit dans une logique d’évolution progressive. « Quand on sort une nouvelle organisation, il faut quasiment deux compétitions pour aboutir », rappelait Galthié à l’automne, après la victoire contre les Fidji.

La nouvelle animation offensive, lancée lors de la tournée estivale en Argentine en 2024, a déjà porté ses fruits. Meilleure attaque mondiale sur la séquence Tournoi 2025 et tests d’automne, le XV de France revendique 43 essais sur la période, selon les calculs du staff. Mais l’excellence reste l’objectif.

Le sélectionneur se souvient encore des « trois occasions nettes » manquées face à l’Afrique du Sud en novembre (17-32), preuve que même une machine offensive prolifique peut encore progresser.

Précision et lucidité dans le jeu placé

Après la victoire face à l’Australie (48-33), Thomas Ramos insistait sur la nécessité d’être plus précis : « Sur notre système, sur nos cellules, sur les choix qu’on fait à l’instant T ». Un avis partagé par Gaël Fickou, qui reconnaît que les Bleus sont parfois moins à l’aise dans le « jeu posé ».

« On marque beaucoup sur des contre-attaques ou des faits de jeu », rappelait le centre, soulignant la nécessité de mieux maîtriser les phases structurées face à des défenses en place.

Créer le désordre, sans perdre le cadre

Pour autant, hors de question de brider les initiatives. Patrick Arlettaz revendique un cadre souple, hérité du dernier Tournoi, mais enrichi de nouvelles options. « Il faut les conditions pour prendre des initiatives. Contre l’Irlande, les joueurs en ont pris, mais à l’intérieur d’un cadre de jeu », explique-t-il.

L’exemple du troisième essai inscrit par Charles Ollivon, après une touche rapide et une inspiration signée Matthieu Jalibert, illustre cette philosophie : un avant comme Jean-Baptiste Gros jouant comme un trois-quarts, un troisième ligne concluant comme un ailier.

« Il y a le désordre dont on profite, et celui que l’on crée. Notre système doit provoquer le déséquilibre », résume Arlettaz, lucide sur l’état d’avancement du projet. « Je ne suis pas pleinement satisfait des lancements. On va les travailler. Et si ça reste insatisfaisant, là, ce sera plus embêtant. »

À Cardiff, face à une équipe galloise en quête de repères, les Bleus auront une nouvelle occasion de transformer ces réglages en certitudes. Le chantier est ouvert, mais l’ambition, elle, demeure intacte.

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