France / Italie: poursuivre une dynamique très positive

Nico Par Nico

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Dimanche à 16h10, au stade Pierre-Mauroy de Villeneuve-d’Ascq, le XV de France dispute bien plus qu’un simple troisième match de Tournoi. Séduisants et performants depuis le début de la compétition, les Bleus reçoivent une Italie en plein essor, désormais capable de battre n’importe qui. Deux ans après un nul miraculeux (13-13) qui avait marqué les esprits, les Tricolores avancent cette fois avec prudence, lucidité… et ambition.

Des Bleus en pleine maîtrise

Avec deux victoires bonifiées contre l’Irlande (36-14) puis au pays de Galles (54-12), la France affiche un impressionnant 10/10 au classement. Meilleure attaque, meilleure défense, 45 points et 6,5 essais inscrits en moyenne par match : les chiffres confirment la sensation visuelle.

Sous la houlette de Fabien Galthié, les Bleus donnent le tournis. À la baguette, Antoine Dupont et Thomas Ramos orchestrent un jeu imprévisible. Sur les ailes, Louis Bielle-Biarrey enchaîne les essais – il a marqué lors de chacun de ses sept derniers matches dans le Tournoi – tandis que François Cros brille par son activité incessante en troisième ligne.

Les Tricolores ont également ajouté de nouvelles cordes à leur arc, notamment dans le jeu au pied, omniprésent dans cette édition du Tournoi (64 coups de pied en moyenne par match). Les chandelles françaises, longtemps perfectibles, sont désormais une arme stratégique pleinement assumée.

Seule ombre au tableau : le forfait de Matthieu Jalibert, touché au mollet. L’ouvreur de l’UBB, étincelant face à l’Irlande et au pays de Galles, est remplacé par Ramos à l’ouverture. Théo Attissogbe glisse à l’arrière, tandis que Gaël Drean fête sa première sélection à l’aile.

L’Italie n’est plus un faire-valoir

Si les politesses d’usage entourent toujours les confrontations franco-italiennes, elles sont cette année teintées d’une crainte sincère. La Squadra Azzurra n’a plus rien d’un outsider naïf.

Sous la direction du technicien argentin Gonzalo Quesada, arrivé en 2024, l’Italie a franchi un cap. Vainqueurs de l’Écosse (18-15) puis solides à Dublin malgré une défaite honorable (20-13), les Transalpins affichent une cohérence nouvelle.

Leur ligne arrière regorge de talent, incarnée par Ange Capuozzo et Tommaso Menoncello, élu meilleur joueur du Tournoi 2024. Devant, le pack italien a gagné en densité et en discipline, notamment en mêlée, secteur où les Bleus n’ont pas toujours dominé lors des deux premières journées.

Galthié ne s’y trompe pas : « Cette équipe peut gagner le Tournoi », a-t-il même avancé cette semaine, soulignant la progression constante d’une nation qu’il place désormais solidement dans le top 10 mondial.

Le souvenir brûlant de 2024

Impossible d’évoquer cette affiche sans revenir au traumatisme de 2024. Ce jour-là, déjà à Villeneuve-d’Ascq, les Bleus, encore marqués par leur élimination en Coupe du monde 2023, avaient arraché un nul (13-13). L’ouvreur italien Paolo Garbisi avait manqué la pénalité de la gagne après la sirène.

Un avertissement sans frais. Depuis, la France a rectifié le tir, notamment avec un cinglant 73-24 infligé à Rome en 2025. Mais le message est resté : l’Italie peut faire chuter les Bleus.

Une mêlée au révélateur

Conscients du défi, les Tricolores ont renforcé leur pack avec le retour en tant que titulaires de la deuxième ligne Thibaud FlamentEmmanuel Meafou. Un choix stratégique face à une mêlée italienne performante.

« Le match de l’Italie, c’est un match charnière », a insisté l’entraîneur adjoint Laurent Sempéré. En cas de victoire, les Bleus aborderaient la trêve en tête, avant un déplacement périlleux en Écosse puis la réception de l’Angleterre.

Favoris, mais méfiants

Plus que jamais favoris pour le titre et seule équipe encore en lice pour le Grand Chelem, les Bleus savent que le danger est réel. Antoine Dupont l’a rappelé : l’Italie ne surprend plus, elle confirme.

Dans un Tournoi où tout peut basculer en un instant, ce France–Italie dépasse le simple statut de formalité. C’est un test de maturité. Un révélateur d’ambition. Et peut-être le tournant d’une campagne qui pourrait entrer dans l’histoire.

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