Benjamin Toniutti : La révérence d'un géant du volley français
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Double champion olympique et capitaine emblématique des Bleus, Benjamin Toniutti a officialisé ce mercredi sa retraite internationale. À 36 ans, le passeur aux 407 sélections tourne la page après seize années au sommet du volley mondial.
Un choix de vie mûrement réfléchi
L’annonce, faite dans les colonnes de L’Équipe, n’est pas une réaction à chaud, mais l’aboutissement d’un long processus de réflexion entamé avant même le second sacre de Paris 2024. Toniutti explique que ce maillot bleu est en lui depuis vingt ans, en comptant ses années chez les jeunes, et que s'en séparer provoque un « énorme pincement au cœur ». S'il a prolongé le plaisir jusqu'au Mondial 2025 malgré une fin décevante, il assume aujourd'hui sa décision : « Pour moi, il est temps de dire au revoir, même si c'est dur. Ma décision résulte d'une longue réflexion. » Ce retrait est aussi familial, le joueur éprouvant le besoin de voir grandir ses trois filles après quinze ans à enchaîner les saisons sans repos.
Un palmarès unique au sommet de l'Olympe
Le natif de Mulhouse quitte la scène internationale avec le palmarès le plus dense de l'histoire du volley-ball français, un parcours qui l'a mené bien au-delà de ses espérances. « J'ai dépassé mes rêves d'enfant », confie celui qui fut l'architecte du doublé olympique historique à Tokyo en 2021 et à Paris en 2024. Capitaine exemplaire, il a guidé la France vers ses plus grands titres : le Championnat d'Europe 2015, les Ligues mondiales 2015 et 2017, ainsi que les Ligues des nations 2022 et 2024. De toutes ces médailles, il garde une image précise, celle du sacre à Paris et des émotions partagées avec ses proches dans les coursives de l'Arena : « C'est ce moment qui restera gravé à jamais en moi. »
L'intelligence de jeu comme signature
Avec 407 sélections, Toniutti s'inscrit comme le deuxième joueur le plus capé de l'histoire de France. Malgré un gabarit de 1,83 m, il a imposé sa loi par une lecture du jeu exceptionnelle et une complicité unique avec ses coéquipiers. « Je dois beaucoup à mes coéquipiers avec lesquels je suis lié à vie. Sans eux, rien n'aurait été possible », souligne-t-il avec humilité. S'il s'arrête en bleu pour laisser la place à une relève incarnée par Mathis Henno ou Amir Tizi-Oualou, il n'arrête pas le volley pour autant. Toujours compétiteur, il prévient avec malice : « Je ne prends pas ma retraite de joueur ! J'ai encore envie de jouer et de gagner au plus haut niveau. »
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Par Lenny