Perrine Laffont se livre sur ses ambitions 2026

Nico Par Nico

Publié le

Sextuple championne du monde et championne olympique en 2018, Perrine Laffont sort progressivement d’une période délicate. Touchée début décembre par une contusion osseuse au genou droit, la Française a été contrainte de mettre entre parenthèses sa saison de Coupe du monde. À moins d’un mois des Jeux olympiques de 2026, la bossiste revient pour la première fois en détail sur sa blessure, sa reprise sur les skis et ses ambitions intactes pour l’échéance majeure de l’hiver.

Une récupération maîtrisée, sans précipitation

Physiquement, Perrine Laffont se veut rassurante. Dès le lendemain de sa blessure, un protocole précis a été mis en place, lui permettant de retrouver progressivement de la force et de la stabilité au niveau du genou.

« On a vraiment mis un protocole en place dès le lendemain de la blessure, ce qui fait que ça roule », explique-t-elle. Après un travail ciblé de renforcement musculaire et une reprise du ski depuis un peu plus d’une semaine, les sensations sont positives : aucune douleur persistante, aucune alerte.

Mentalement, l’arrêt forcé a nécessité une adaptation. La saison olympique ne s’est pas déroulée comme prévu, mais la Française a choisi de transformer cette contrainte en opportunité. En restant en France, elle a pu bénéficier d’un suivi médical optimal, de davantage de repos et d’un cadre d’entraînement maîtrisé.

« Ça change le plan de base de la saison, mais ça ne remet rien en question sur les gros objectifs de février », assure-t-elle.

Un retour progressif sur les skis

La reprise s’effectue étape par étape. Basée à Combloux, près de Megève, Perrine Laffont bénéficie d’un stade d’entraînement spécialement aménagé. Après avoir validé les premières phases de glisse, elle a recommencé à sauter plus gros, avec succès.

« Il y a un petit temps de remise en confiance, surtout sur les têtes en bas. Il faut que le cerveau se dise que tout va bien », confie-t-elle.

Les sensations reviennent rapidement et, surtout, sans douleur. La bossiste se dit en forme et sereine, consciente qu’un run parfaitement maîtrisé ne se perd pas avec quelques semaines d’arrêt.

« J’ai tellement travaillé ce run que, une fois que le corps va bien, il y a juste à remettre des sensations », souligne-t-elle avec assurance.

Pas de Coupe du monde, mais aucun regret

Privée de compétitions internationales depuis début décembre, Perrine Laffont aborde cette situation avec lucidité. Les dernières étapes de Coupe du monde au Canada et aux États-Unis se sont déroulées dans des conditions jugées dangereuses, voire extrêmes.

« Aller sur des Coupes du monde comme ça, ça traumatise toujours un peu le corps », estime-t-elle, affirmant ne nourrir aucun regret quant à son absence.

À l’inverse, les conditions d’entraînement en France sont idéales. « Combloux m’a vraiment mis une belle piste à disposition, donc je peux très bien m’entraîner », se réjouit-elle. Une participation à la Coupe d’Europe de Megève reste envisageable afin de reprendre des départs en duel, mais la décision se prendra au jour le jour, en fonction des sensations.

Des ambitions inchangées pour les Jeux

Si la blessure a modifié le chemin vers les Jeux olympiques, elle n’a en rien altéré les ambitions de la Française. Fidèle à sa philosophie, Perrine Laffont refuse de se fixer un objectif chiffré.

« Le résultat ne dépend pas que de moi : il dépend des autres, des conditions, des juges », rappelle-t-elle.

L’essentiel reste ailleurs : arriver en pleine possession de ses moyens et performer au plus haut niveau.

« Cette blessure ne change pas le fait qu’on y va pour faire du très haut niveau », martèle-t-elle. Si son état physique continue d’évoluer positivement, la championne tricolore abordera les Jeux avec la même détermination et la même exigence qui ont façonné son palmarès.

À moins d’un mois de l’échéance olympique, Perrine Laffont avance avec prudence, confiance et ambition — un équilibre subtil, mais familier pour une athlète habituée aux sommets.

Actualités en rapport