Crunch de légende : les Bleus conservent leur couronne

Lenny Par Lenny

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Au bout du suspense et d’un match au scénario totalement irrationnel, le XV de France a terrassé son meilleur ennemi anglais (48-46) ce samedi soir au Stade de France. Portés par un Louis Bielle-Biarrey historique, auteur d’un quadruplé, les Bleus ont dû s’en remettre au sang-froid légendaire de Thomas Ramos pour arracher la victoire et conserver leur trophée dans le Tournoi des 6 Nations 2026.

L’ouragan Bielle-Biarrey : quatre éclairs dans la nuit

On le savait supersonique, on le découvre désormais intouchable. Louis Bielle-Biarrey a livré une performance qui entrera dans les annales du rugby international. La "comète bordelaise" a frappé dès la 7e minute, avant de récidiver suite à une merveille de coup de pied rasant de Jalibert (12e). Inarrêtable, il a signé son triplé dès le retour des vestiaires (42e) sur un service de Dupont, avant de faire chavirer Saint-Denis à la 66e minute. Sur un dégagement de Ramos, l'ailier a mangé ses vis-à-vis à la course pour un quadruplé mémorable. Avec 27 essais en 27 sélections et une série de 10 matchs consécutifs en marquant dans le Tournoi, "LBB" n'est plus un espoir, c'est une arme de destruction massive.

Le "Money Time" irrespirable : la Rose a failli tout gâcher

Pourtant, rien ne fut simple. Malgré le bonus offensif empoché avant même la pause grâce à un essai de pénalité provoqué par Ellis Genge (40e+2), les Français ont bégayé leur rugby par séquences. Entre l'interception de Chessum (51e) et la puissance de Marcus Smith (57e), l'Angleterre a viré en tête à plusieurs reprises. Le scénario a frôlé le tragique lorsque Bamba a écopé d'un carton jaune (72e), laissant les Bleus à 14 pour le final. Quand Freeman a aplati à deux minutes du terme pour redonner l'avantage à la Rose (46-45), le Stade de France a cru voir le titre s'envoler vers Dublin.

Ramos, le pied d'acier pour l'histoire

Mais le XV de France possède en Thomas Ramos un artilleur au mental d'acier. Déjà précieux tout au long du match par son jeu au pied d'occupation et sa précision face aux perches, l'arrière toulousain a pris ses responsabilités à la 81e minute. À 50 mètres des poteaux, sous une pression colossale après un plaquage haut de Chessum, le meilleur réalisateur de l'histoire des Bleus n'a pas tremblé. Le ballon a fendu les airs pour passer entre les perches, scellant le score à 48-46. Un coup de pied pour la gagne, un coup de pied pour le titre. La France conserve son bien, au terme d'un Crunch qui restera comme l'un des plus prolifiques et dingues de l'ère moderne.

Les réactions

Matthieu Jalibert

"C'est beaucoup d'émotions. C'est le dénouement parfait. On s'est rendu le match compliqué. Chacun a eu sa période. C'est le caractère de cette équipe. Etre capable d'aller chercher un point de bonus en Ecosse, aller gagner ce soir alors que c'était pas fait. Il faut féliciter Thomas (Ramos) qui a de grosses couilles. Tout n'a pas toujours été facile pour moi en équipe de France. Ca se conclut par un titre."

Thibaud Flament

"C'était un match de fou. On savait que les Anglais allaient tout donner. C'est une équipe qui n'est jamais morte. On est resté soliaure, on a eu peur un peu parfois. On se fait dominer devant. Ils ne font peut-être pas leur meilleur tournoi, mais qu'est ce qu'ils ont été bons ce soir. On avait pas mal de regrets par rapport à la semaine dernière. Avoir la victoire au bout c'est énorme. C'est un très beau titre."

Thomas Ramos

"La pénalité est dans le top 3, et pas 3e. J'adore ces moments, c'est du super rugby. On a une fin de tournoi moins bonne que ce qu'on aurait voulu mais je suis très content. Ça aurait été tellement dur de perdre le match et le tournoi chez nous. Ca montre qu'on a du caractère. On va profiter de la victoire mais pour la suite il faudra se dire les choses. A ce niveau on ne peut pas prendre 50 et 46 points. Si on veut exister dans les grandes compétitions, ce sera sans nous. Profitons de ce titre, soyons heureux."

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