Cameron Woki de nouveau appelé en équipe de France?

Nico Par Nico

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Longtemps considéré comme l’un des visages les plus prometteurs du renouveau du XV de France, Cameron Woki semble à nouveau se rapprocher des Bleus. Moins en vue depuis la Coupe du monde 2023, le joueur de l’Union Bordeaux-Bègles retrouve pourtant du crédit auprès du staff tricolore, séduit par sa progression récente, sa polyvalence et son vécu international.

À deux ans de la Coupe du monde 2027, le profil du Bordelais redevient un sujet sérieux dans les réflexions de Fabien Galthié et de son encadrement.

D’un cadre des Bleus à un rôle plus intermittent

Entre 2020 et 2023, Cameron Woki s’était imposé comme l’un des symboles de la montée en puissance du XV de France. Avec 28 sélections sur cette période, il faisait partie des hommes de confiance de Fabien Galthié, au point de devenir un élément central du pack tricolore.

Formé comme troisième-ligne, Woki s’était pourtant installé dans un rôle plus hybride, souvent utilisé en deuxième ligne avec le numéro 4 dans le dos. Une évolution qui traduisait à la fois sa mobilité, sa qualité de déplacement et sa capacité à coller aux exigences du jeu moderne.

À l’époque, son profil plaisait énormément au staff. Il offrait une option rare : celle d’un joueur capable d’apporter de la densité dans le combat tout en conservant une activité de troisième-ligne dans le jeu courant.

Thibault Giroud, alors directeur de la performance du XV de France, le décrivait comme un « deuxième-ligne hybride capable de venir au soutien tout le temps ». Une définition qui résumait bien ce qui faisait sa singularité.

Mais depuis la Coupe du monde 2023, sa place s’est fragilisée.

Une hiérarchie bouleversée chez les avants

Le deuxième mandat de Fabien Galthié a rebattu plusieurs cartes dans le paquet d’avants. L’émergence d’Emmanuel Meafou, devenu une référence incontournable dans la cage, a mécaniquement réduit l’espace disponible pour Cameron Woki.

Dans le même temps, certaines limites déjà identifiées dans son jeu ont fini par peser davantage dans l’évaluation du staff.

Depuis le Mondial 2023, Woki n’a ajouté que cinq sélections à son compteur. Trois lors du Tournoi des Six Nations 2024, deux pendant la tournée d’été 2025 en Nouvelle-Zélande. Une présence devenue plus épisodique, pour un total d’environ 180 minutes de jeu, bien loin de son statut d’autrefois.

Le constat dressé par William Servat, co-entraîneur des avants, illustre bien ce recul.

Selon lui, Cameron Woki a longtemps pu s’appuyer sur son talent naturel pour exister au plus haut niveau, sans toujours compenser certaines lacunes dans les secteurs les plus rugueux du poste : les zones de contact, les rucks, la défense ou encore le combat frontal.

Autrement dit, son potentiel ne suffisait plus à masquer ce qui, au très haut niveau international, finit toujours par se payer.

Une remise en question saluée par le staff

Ce qui change aujourd’hui, c’est précisément ce point.

Le regard du staff sur Cameron Woki évolue de nouveau parce que le joueur a lui-même évolué. Plus impliqué dans le combat, plus rigoureux dans les tâches obscures, plus constant dans l’engagement, le Bordelais semble avoir franchi un cap important.

William Servat ne cache pas son appréciation sur cette transformation. Le technicien tricolore estime que Woki est « rentré dans une autre sphère » parce qu’il s’est davantage investi dans la dimension physique et les zones d’affrontement.

En clair, il ne joue plus seulement sur ses qualités naturelles : il s’est adapté aux exigences du très haut niveau.

Cette évolution n’est pas passée inaperçue. Lors du dernier Tournoi, Woki faisait partie des 42 joueurs réunis à Marcoussis. Une convocation qui confirmait déjà son retour dans le champ de vision du staff. Une blessure au mollet l’a ensuite privé d’un retour possible, notamment face à l’Angleterre, mais le signal était clair : son nom circule à nouveau.

L’UBB comme vitrine de sa relance

Si Cameron Woki revient dans la discussion, c’est aussi parce que ses performances en club plaident clairement en sa faveur.

Avec l’Union Bordeaux-Bègles, il affiche un niveau plus constant, plus mature et plus complet. Son investissement dans les tâches de l’ombre, son activité défensive et sa présence dans le combat ont nettement progressé, sans qu’il perde ce qui a toujours fait sa force : son volume de jeu, sa mobilité et sa qualité dans les airs.

Cette progression renforce l’intérêt d’un joueur qui possède un profil rare dans le rugby français.

Dans une logique de compétition internationale, disposer d’un avant capable de couvrir plusieurs postes reste un atout majeur. Et sur ce point, Woki coche plusieurs cases.

Troisième-ligne de cœur, deuxième-ligne de service

Reste une question centrale : à quel poste Cameron Woki peut-il réellement s’imposer chez les Bleus ?

Le débat n’est pas nouveau. Après ses cinq premières titularisations en troisième ligne, ses dix-neuf suivantes ont été obtenues en deuxième ligne, à partir de l’automne 2021. Une bascule qui a façonné sa trajectoire internationale.

Mais le principal intéressé, lui, reste clair sur sa préférence.

Mi-avril, sur Ici Gironde, Cameron Woki rappelait que son poste naturel demeure la troisième ligne. C’est là qu’il a été formé, là qu’il estime s’épanouir le plus, et là aussi qu’il considère avoir toujours livré ses meilleures performances.

Pour autant, il ne ferme aucune porte. Et c’est précisément ce qui renforce sa valeur.

Sa capacité à évoluer aussi bien en troisième qu’en deuxième ligne lui offre un argument précieux dans la construction d’un groupe de Coupe du monde, où la polyvalence devient un levier stratégique majeur.

Un œil déjà tourné vers 2027

À l’horizon, une échéance structure déjà les réflexions : la Coupe du monde 2027 en Australie.

Pour Cameron Woki, cet objectif est loin d’être abstrait. Le joueur de l’UBB n’a pas caché que ce rendez-vous occupait déjà une place dans son esprit.

L’échec de la Coupe du monde 2023 a laissé des traces dans le groupe France, et chez lui aussi. Comme beaucoup de cadres de cette génération, Woki nourrit encore l’ambition de rejouer un Mondial et de corriger ce qui n’a pas été accompli en France.

Sans en faire une obsession quotidienne, l’objectif est installé. Et il pèse forcément dans sa dynamique actuelle.

Un profil qui redevient stratégique

Dans un XV de France où la concurrence est féroce, Cameron Woki ne revient pas comme un titulaire évident. Mais il redevient un candidat crédible, ce qui n’était plus forcément le cas il y a encore quelques mois.

Son retour en forme, sa progression dans les secteurs qui lui faisaient défaut, sa polyvalence et son vécu international en font de nouveau un profil stratégique pour le staff des Bleus.

Il ne s’agit pas encore d’un retour officiel au premier plan. Mais clairement, Cameron Woki a regagné du terrain.

Et dans la course à 2027, c’est déjà beaucoup.

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