France / Italie: les notes des bleus

Nico Par Nico

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Au terme d’une rencontre globalement maîtrisée, le XV de France s’est imposé 33-8 face à l’équipe d'Italie de rugby à XV. Un succès plus large que réellement flamboyant, mais suffisant pour confirmer la dynamique tricolore dans le Tournoi. Si plusieurs individualités se sont distinguées, la deuxième ligne composée d’Emmanuel Meafou et Thibaud Flament a incarné la puissance et la maîtrise technique françaises.

Avec une note moyenne de 6,1, les Bleus ont alterné éclairs de génie, séquences d’autorité et passages plus brouillons. Décryptage complet des performances.

Meafou–Flament : la tour de contrôle française

Emmanuel Meafou, la puissance retrouvée (8/10)

Après des sorties mitigées contre l’Irlande et le pays de Galles, Emmanuel Meafou a répondu avec autorité. Ses 142 kg ont pesé sur chaque impact. Dès l’entame, il a imposé deux plaquages offensifs avant d’inscrire son premier essai international (15e) sur une percussion dévastatrice.

Mais son match ne se résume pas à sa force brute : dégagement du pied gauche sur sa propre ligne (20e), destruction d’un maul italien, sécurisation de ballons aériens… Surtout, il a tenu les 80 minutes, une première en sélection. Une performance fondatrice.

Thibaud Flament, l’élégance et l’activité (7/10)

Pour sa première titularisation depuis la tournée d’automne, Thibaud Flament a rappelé sa palette complète : lecture du jeu, qualité technique et mobilité. Sa récupération aérienne suivie d’une chistéra pour Antoine Dupont (13e) lance l’action menant à l’essai de Meafou.

Solide en défense, auteur d’un contre déterminant en touche (43e), il a multiplié les courses jusqu’au coup de sifflet final. Sa complémentarité avec Meafou a structuré la domination française.

Dupont, chef d’orchestre toujours décisif (8/10)

Même après 62 sélections, Antoine Dupont continue de susciter l’admiration. Ses sorties de plaquage à l’arrêt, son jeu au pied millimétré pour l’essai de Louis Bielle-Biarrey (4e) et sa gestion des temps forts ont donné le tempo.

Au-delà des gestes spectaculaires, c’est son contrôle stratégique qui a permis aux Bleus de ne jamais paniquer.

Les lignes arrière : entre éclairs et approximations

Louis Bielle-Biarrey, record et efficacité (6/10)

L’ailier a encore frappé tôt (4e), signant son 24e essai en 25 sélections et un huitième match consécutif dans le Tournoi avec au moins un essai. Rapide, bien placé en défense, il a battu trois défenseurs et confirmé son instinct.

Gaël Drean, des débuts prometteurs (6/10)

Appelé en dernière minute, il a marqué les esprits d’entrée avec deux plaquages offensifs. Solide dans les airs et récompensé d’un essai en fin de match, il a compensé quelques maladresses par une activité constante.

Nicolas Depoortere Gailleton, contrasté mais décisif (6/10)

En difficulté défensive face à Menoncello, il s’est rattrapé par une passe décisive pour Thomas Ramos (29e) et un essai en fin de rencontre (78e). Sa capacité à finir fort illustre son mental.

Fabien Brau-Boirie, la confirmation (7/10)

Très actif défensivement (14 plaquages réussis), précieux dans les rucks, il confirme ses débuts prometteurs. Sorti sur protocole commotion, il aura été un point d’ancrage fiable.

Thomas Ramos, entre génie et risque (6/10)

Titularisé à l’ouverture pour sa 50e sélection, Thomas Ramos a alterné inspiration (essai, 50-22, passe au pied décisive) et décisions hasardeuses (passe interceptée, choix risqués dans l’en-but). Une prestation contrastée mais influente.

Attissogbe, repositionnement délicat (5/10)

Replacé à l’arrière, il s’est montré rassurant dans les airs avant de commettre deux erreurs en seconde période. Moins tranchant qu’à l’aile, il a livré une prestation mitigée.

Une troisième ligne d’impact

Anthony Jelonch (7/10) a incarné l’engagement total, notamment avec deux contre-rucks décisifs à la 70e minute. François Cros (5/10) a été propre mais discret, tandis qu’Oscar Jegou (4/10) a payé quelques imprécisions malgré une grosse activité.

Devant, une conquête solide mais parfois chahutée:

En première ligne, Jean-Baptiste Gros (6/10) a été irréprochable en mêlée avant sa sortie sur blessure. Julien Marchand (6/10) a assuré les fondamentaux (aucun lancer perdu). Dorian Aldegheri (5/10) a été plus en difficulté face à la pression italienne.

Le banc, mobilisé tôt après la blessure de Gros, a apporté du dynamisme. Charles Ollivon et Lenni Nouchi ont redonné du liant au moment où le jeu s’enlisait près de la ligne italienne.

L’Italie : des centres tranchants, une conquête défaillante (4,7/10)

Si l’on annonçait un pack transalpin redoutable, ce sont surtout les trois-quarts qui ont posé problème aux Bleus. Menoncello (6/10) a pesé par ses charges et son jeu au pied intelligent avant l’essai italien. Marin (6/10) a apporté vitesse et agressivité défensive.

À l’arrière, Ange Capuozzo (6/10) a résisté aux impacts et inscrit l’unique essai italien.

Mais la conquête a plombé toute ambition : lancers en touche défaillants, mêlée instable, pertes de balle évitables. Nicotera (3/10) et Zuliani (4/10) symbolisent ces manques.

Une victoire maîtrisée, des axes de progression

Le score (33-8) reflète la supériorité française sans masquer certaines imprécisions. La puissance de Meafou, l’omniprésence de Flament et la direction de Dupont constituent des certitudes solides.

Reste à gommer les approximations et à gagner en constance pour franchir un cap face à des adversaires plus cliniques. Mais dans ce Tournoi, le XV de France avance, porté par une deuxième ligne qui a rappelé combien elle pouvait être dominante.

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