Bilan Euro d'escrime : 10 podiums pour la France
Publié le
Rideau sur les Championnats d’Europe d'escrime 2026. À domicile, dans une ambiance des grands jours à Antony (Hauts-de-Seine), la délégation française a soufflé le chaud et le froid pendant six jours de compétition intense. Entre consécrations individuelles, sursauts d'orgueil collectifs et séismes disciplinaires, le bilan tricolore est riche : 10 médailles au total, dont 3 en or, 5 en argent et 2 en bronze. Si la France termine à une très solide deuxième place au classement des nations, elle doit céder la couronne européenne à son éternel rival transalpin, l'Italie, qui trône au sommet de l'Europe avec 4 titres.
Les médailles d'or
Elles ont magnifiquement clôturé la compétition ce dimanche. Les épéistes françaises, vice-championnes olympiques à Paris deux ans plus tôt, ont décroché le titre européen par équipes en dominant la Hongrie (42-36). Le collectif tricolore, composé d'Auriane Mallo-Breton, Marie-Florence Candassamy, Alexandra Louis-Marie et de la prometteuse néophyte Diane Von Kerssenbrock, a livré une finale maîtrisée de bout en bout pour s'offrir le plus beau des métaux. Les épreuves individuelles ont également vibré au rythme de la Marseillaise à deux reprises. Au fleuret masculin, Rafaël Savin est monté sur le toit de l'Europe en patron. Au sabre masculin, la finale a offert un duel 100 % tricolore fratricide mais somptueux : Jean-Philippe Patrice a pris le meilleur sur son compatriote Maxime Pianfetti pour s’emparer de l’or, laissant à ce dernier une très belle médaille d'argent.
Les médailles d'argent
La France aura manqué de réussite ou d'un soupçon d'efficacité lors des grandes finales par équipes, butant régulièrement sur la machine italienne. Au fleuret masculin, le quatuor emmené par le tout nouveau champion d'Europe individuel Rafaël Savin, épaulé par Maxime Pauty, Alexandre Sido et Anas Anane, n'a rien pu faire en finale (22-45) face à des Transalpins intouchables, tenants du titre et champions du monde 2025.
Même scénario frustrant pour l'équipe de fleuret féminin. Après un parcours solide, le collectif composé de Pauline Ranvier, Éva Lacheray, Anita Blaze et Ysaora Thibus a été balayé en finale par l'Italie (31-45), payant un départ manqué et un lourd retard accumulé dès les trois premières rotations (2-15).
Les sabreuses françaises, alignant une équipe transfigurée par les parcours individuels avec Sarah Noutcha, Manon Apithy-Brunet, Toscane Tori et Sara Balzer, repartent elles aussi avec une médaille d'argent après une semaine intense et éprouvante. Enfin, l'épreuve masculine d'épée par équipes a permis de sauver l'honneur de l'arme. Le quatuor composé d'Alexandre Bardenet, Aymerick Gally, Kendrick Jean Joseph et Paul Fortin s'est paré d'argent, offrant une réaction salvatrice après la déroute des épreuves individuelles.
Congratulations to the European Senior Championships medallists - Men’s Team Foil 🇫🇷👏🏼
— Fencing (@FIE_fencing) June 21, 2026
🥇Team Italy 🇮🇹
Guillaume Bianchi
Filippo Macchi
Tommaso Marini
Giulio Lombardi
🥈Team France 🇫🇷
Anas Anane
Maxime Pauty
Alexandre Sido
Rafaël Savin
🥉Team Germany 🇩🇪
Alexander Kahl
Bastian… pic.twitter.com/0fhIGubc5v
Les médailles de bronze
Dès la première journée, c’est elle qui a débloqué le compteur français. Souvent solide dans le jeu collectif, Toscane Tori a signé un parcours individuel d'anthologie au sabre féminin. Après avoir sorti l'ancienne numéro 1 mondiale Sara Balzer en 16e, puis la double championne du monde par équipes Sugár Katinka Battai en quarts, elle a buté en demi-finale sur la championne du monde en titre, la Russe Yana Egorian (9-15), s'adjugeant une médaille de bronze fondatrice.
L'histoire de ces championnats restera sans doute la folle journée des sabreurs masculins. Éliminés d'une touche en demi-finale par la Roumanie (42-45) dans une fin de match électrique, les Bleus ont vu leurs nerfs lâcher face à l'arbitrage. Scènes de confusion, carton noir initial pour Pianfetti (finalement commué en jaune après 4 heures d'attente), et exclusion de la salle du manager général Vincent Anstett... On croyait les Français coués. C'était sans compter sur la force mentale du groupe. Sur la piste, l'équipe composée de Remi Garrigue, Jean-Philippe Patrice et Sébastien Patrice, avec Maxime Pianfetti resté en soutien sur le banc , a survolé la petite finale en balayant l'Italie (45-32). Un bronze au goût de soufre et de courage, célébré par leur manager... sur une tablette depuis le parking de la salle.
L'ombre au tableau : Le fiasco de l'épée masculine
Si le bilan global sourit, l'épée masculine individuelle a vécu un véritable naufrage historique. Nation forte de la discipline (six titres sur les dix dernières éditions, dont quatre pour le seul Yannick Borel), la France n'a placé aucun de ses quatre tireurs engagés en 8e de finale. Alexandre Bardenet et Aymerick Gally ont sombré dès leur entrée en lice en 32es de finale, respectivement battus par Martin Rubes (15-8) et Marco Brinkmann (15-11). Kendrick Jean Joseph (vainqueur de Lukas Johanides 15-10) et Paul Fortin (tombeur de Flavio Giannotte 15-9) ont à peine prolongé le plaisir avant de chuter dès les 16es de finale face à Neisser Loyola et le champion olympique Tibor Andrásfi. Un échec retentissant en individuel que la médaille d'argent obtenue ensuite par équipe est venue heureusement atténuer. À deux ans des prochaines échéances internationales majeures, l'escrime française prouve qu'elle a toujours un réservoir exceptionnel et un caractère de feu
Par Lenny









