Julian Alaphilippe, 33 ans mais toujours autant déterminé

Publié le
À force de le scruter, certains en viennent désormais à chercher les premiers signes du temps qui passe dans le cuir chevelu de Julian Alaphilippe. Quelques cheveux blancs, peut-être. Mais certainement pas un renoncement. À 33 ans, le double champion du monde, sous contrat avec l’équipe suisse Tudor jusqu’en 2027, continue d’avancer avec la même conviction : il n’a pas encore dit son dernier mot.
Lors de la présentation de son équipe, ce mercredi à Moraira, en Espagne, le ton était clair. Plus question, cette fois, de revenir sur son départ de Quick-Step, thème dominant l’an dernier. Désormais, les questions portent sur l’âge, l’usure, l’éventualité d’un déclin. Une logique implacable du sport de haut niveau. Pourtant, Alaphilippe sort d’une saison 2025 conclue par une victoire de prestige au Grand Prix du Québec, preuve que le moteur fonctionne encore.
La foi intacte de Tudor
Au sein de la formation suisse, la confiance est totale. Fabian Cancellara, patron charismatique de Tudor, ne doute pas une seconde de son leader. « Il va encore en gagner beaucoup. Il a très bien terminé sa saison, du Tour de Grande-Bretagne au Tour de Lombardie. Ça, c’est Loulou. Et puis il a tiré tout le monde vers le haut, les coureurs comme le staff. Il est jeune dans la tête », assure l’ancien champion suisse.
Un regard partagé par l’intéressé, même si Alaphilippe ne nie rien des réalités physiques. Les virus, notamment, l’ont souvent ralenti ces derniers mois. « Honnêtement, depuis quelques années, je suis régulièrement malade », concède-t-il, sans dramatiser. L’hiver, en revanche, a été plus serein. Contrairement à l’an passé, il a pu boucler ses stages de préparation sans encombre. « Je me sens bien. C’est une bonne base », glisse-t-il, presque soulagé.
Le corps, la douleur… et l’expérience
S’il refuse l’idée du déclin, Alaphilippe admet néanmoins que certaines sensations ont changé. « À l’entraînement, je souffre plus à un certain seuil qu’avant. Je pouvais aller plus loin. C’est peut-être l’âge », sourit-il, lucide. Les chutes à répétition, les opérations, le dos qui se bloque, les douleurs inhabituelles à 33 ans rappellent à l’ordre celui qui a tant repoussé les limites.
Ces signaux l’ont amené à adopter des réflexes nouveaux. Lui qui se promenait en tee-shirt sous la fraîcheur espagnole a fini par aller chercher une veste, après un moment d’hésitation. Un détail, mais révélateur. L’expérience ne se lit pas seulement dans les jambes, elle s’installe aussi dans les gestes.
Entre présent intense et futur en filigrane
Julian Alaphilippe n’élude pas la question de la fin, même s’il refuse de la laisser dicter son quotidien. Les Championnats du monde au Canada, en septembre, pourraient être les derniers de sa carrière. Ceux de Sallanches, en 2027, lui semblent moins adaptés à ses qualités. « Si tu penses à la fin, tu as déjà un pied dehors. Et ce n’est pas mon cas », tranche-t-il.
Sa première saison chez Tudor a été celle de l’adaptation. Un nouveau cadre, de nouvelles méthodes, mais aussi des frustrations. Trop souvent malade, il a subi un Tour de France éprouvant, terminé à la 56e place, loin de ses standards, malgré une troisième place d’étape. « D’un point de vue purement physique, j’ai beaucoup souffert », reconnaît-il sans détour.
Le feu sacré toujours présent
Mais renoncer à gagner ? Hors de question. « Pas encore », insiste-t-il lorsqu’on évoque les Monuments. La Flèche Wallonne, les Strade Bianche, Milan-San Remo : ces courses continuent de l’électriser. « Quand tu arrives dans le final, c’est spécial. Ce sont ces moments-là qui me motivent encore pour m’entraîner », confie-t-il.
Alaphilippe est clair : il ne roulera jamais par défaut. Ce qui pourrait l’arrêter, ce n’est pas l’absence de victoire, mais la perte du plaisir. « Une année où tu es tout le temps malade ou blessé, où tu cours après la condition et non plus après les victoires… là, il y a zéro plaisir. Et je ne fais pas du vélo pour ça. »
À 33 ans, Julian Alaphilippe avance donc sur une ligne de crête, entre lucidité et ambition. Conscient que la fin se rapproche, mais habité par la même flamme. Tant qu’elle brûlera, il continuera à attaquer. Comme avant. Comme toujours.
Actualités en rapport
- Cyclisme sur route – Bilan français de l’année 202524 décembre 2025
- Hugo Page s'engage chez Cofidis28 octobre 2025
- Kevin Vauquelin, le grand saut vers Inéos10 octobre 2025
- Arnaud Démare annonce la fin de sa carrière10 octobre 2025
- Pierre Latour percuté par un camion8 octobre 2025
- Opération de la cheville pour Pauline Ferrand-Prévôt4 octobre 2025
- Le collectif Français en or sur le relai mixte2 octobre 2025
- Deuxième top 10 pour Bruno Armirail après les mondiaux.2 octobre 2025
- Pauline Ferrand-Prévot déclare forfait pour le championnat d'Europe2 octobre 2025
- Paul Magnier s'impose au sprint et prend les devants1 octobre 2025
Par Nico