Fabio Quartararo, le pari du V4 et son avenir pour 2027

Lenny Par Lenny

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Le paddock de Sepang n'avait d'yeux que pour lui ce lundi. Alors que les moteurs V4 de la nouvelle Yamaha M1 refroidissaient dans le garage, Fabio Quartararo s’est présenté face à la presse avec une sérénité nouvelle, contrastant avec l'agitation des derniers jours. Au cœur des discussions : une transition technique historique pour la firme d'Iwata et un avenir qui s'écrit en pointillé.

« Le V4 ? On a besoin de beaucoup de temps »

Après deux jours passés à dompter l'inédit moteur V4 — une rupture totale avec le traditionnel quatre-cylindres en ligne de Yamaha — le Français ne cache pas l'ampleur du chantier. Si le chronomètre est encourageant (3ème temps du Shakedown), le ressenti est celui d'un nouveau métier à apprendre. « On a besoin de beaucoup de temps pour mieux comprendre la moto, surtout pour les ingénieurs », explique-t-il. « La plupart, surtout les ingénieurs japonais, n’ont jamais travaillé sur un V4 avant notre première sortie. Je dois m’adapter à un style de conduite différent, trouver la façon d’exploiter cette moto à 100 %. » Loin des certitudes du passé, Fabio observe une machine qui n'a plus ses repères habituels en virage : « Cette année, la moto n’est pas encore là. Mais nous savons qu’il y a des marges à améliorer. »

Le dossier Honda : « Rien n'est signé »

Mais la véritable déflagration est venue des coulisses. Depuis quelques jours, la rumeur d'un accord scellé avec Honda pour 2027 agite le paddock. La réponse de l'intéressé a été chirurgicale, confirmant les contacts sans valider la signature. « La seule chose que je peux vous confirmer aujourd’hui, c’est que nous parlons avec des équipes. Honda est l’une d’entre elles. Mais aujourd’hui, nous n’avons rien signé. » Pour le pilote de 26 ans, cette position de force est un luxe qu'il savoure, loin du stress de ses jeunes années. « Le vrai stress, c’est de ne pas avoir d’équipe qui vous veut. Quand vous avez des offres, tout est plus facile. »

L'ambition avant le portefeuille

Face aux spéculations sur les montants astronomiques que pourraient aligner les constructeurs japonais pour s'attacher ses services, Quartararo a tenu à recadrer le débat. Pour lui, la motivation reste purement sportive. « Je ne cherche pas [l’argent]. Je veux gagner. Vous pouvez voir l’émotion que j’avais à Silverstone l'an dernier... Ce n’est pas à propos de l’argent, c’est à propos du bonheur d’être en haut du podium. » À l'aube du nouveau règlement technique de 2027 (moteurs 850cc), le Français sait que son choix sera un « pari » total. Une intuition qu'il devra affiner dès demain, lors de la reprise des tests officiels face à l'élite mondiale.

À suivre dès demain

Les tests collectifs de Sepang (3-5 février) où la Yamaha V4 se mesurera pour la première fois officiellement aux Ducati de Bagnaia et Marquez.