Entre fracas et promesses, les débuts de l'ère Hadjar chez Red Bull

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Le Shakedown de Barcelone a marqué le coup d'envoi d'une révolution technique historique pour la Formule 1. Au centre de toutes les attentions, l'écurie Red Bull Racing a levé le voile sur sa RB22, propulsée par son tout premier moteur "maison" en collaboration avec Ford. Pour Isack Hadjar, nouveau coéquipier de Max Verstappen, cette première semaine a été un véritable baptême du feu, mêlant performance pure et erreurs de jeunesse.
Une RB22 "bien née" malgré les embûches
Si l'ambiance était électrique à Barcelone, c'est autant en raison des enjeux que de la météo capricieuse. La RB22 a fait ses premiers tours de roue dans un contexte de "huis clos" médiatique, mais les retours internes sont unanimes : la monoplace semble extrêmement saine. Laurent Mekies, désormais à la tête de l'écurie, s'est félicité d'avoir réussi l'intégration complexe du nouveau groupe motopropulseur Red Bull-Ford. Même son de cloche du côté de Max Verstappen, qui a bouclé plus de 100 tours le vendredi. Le quadruple champion du monde s'est montré rassuré par la fiabilité immédiate du moteur, qualifiant le départ de "prometteur".
Until Bahrain, RB22 💙#F1 || #RedBullRacing pic.twitter.com/ZscTuG844u
— Oracle Red Bull Racing (@redbullracing) January 31, 2026
Isack Hadjar : Le grand frisson et la faute
Pour Isack Hadjar, la semaine a commencé sous les meilleurs auspices. Lundi, le jeune pilote français a impressionné le paddock en enchaînant 107 tours, démontrant une vitesse de base que Mekies juge déjà "exceptionnelle". Hadjar a d'ailleurs noté que ces nouvelles monoplaces 2026 sont "plus prévisibles et plus directes" malgré une charge aérodynamique réduite. Cependant, la lune de miel a été de courte durée. Mardi, dans des conditions précaires (passage des pneus pluie aux intermédiaires), le natif de Paris a perdu le contrôle de sa monoplace dans le dernier virage. Un accident qui rappelle, malgré lui, les débuts difficiles de Pierre Gasly en 2019. Les conséquences ont été lourdes : une pénurie de pièces de rechange a immobilisé l'écurie pendant deux jours. « Je sais que les répercussions n’ont pas été idéales pour l’équipe », a admis Hadjar avec humilité, tout en soulignant qu'il avait déjà commencé à comprendre le mode d'emploi de sa nouvelle machine.
Some first outings and fresh looks during Shakedown week 👀#F1 pic.twitter.com/rnZIWCy8CA
— Formula 1 (@F1) February 1, 2026
La fin de la "malédiction" du second volant ?
Au-delà de l'aspect technique, la saison 2026 semble marquer un véritable tournant philosophique à Milton Keynes. Consciente que le second baquet de l’écurie a trop souvent agi comme un "broyeur de carrières" pour des pilotes comme Pierre Gasly, Alexander Albon ou Sergio Pérez, la direction, sous l'impulsion de Laurent Mekies, promet une approche radicalement différente pour Isack Hadjar.
L'équipe s'engage désormais dans un soutien à 360° afin d'accompagner le Français et de lui éviter l'isolement psychologique dont ont souffert ses prédécesseurs. Ce renouveau est facilité par le passage au nouveau règlement technique, qui offre une chance égale aux deux pilotes de définir le comportement de la voiture dès sa conception. De son côté, Hadjar affiche une détermination sans faille : il a déjà emménagé à Londres pour s'installer au plus près de l'usine, témoignant d'une implication totale pour transformer ce défi en succès durable.
Cap sur Bahreïn
Le prochain rendez-vous est fixé à Bahreïn pour les essais officiels, avant le premier Grand Prix de la saison le 8 mars en Australie. Le français jouera gros : prouver que son erreur catalane n'était qu'un accident de parcours sur la route qui doit le mener au sommet.
Par Lenny