Le grand débrief du clan français

Le grand débrief du clan français

Lenny Par Lenny

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La 94e édition des 24 Heures du Mans a tenu toutes ses promesses ce week-end des 13 et 14 juin 2026. Devant un public record de 350 000 spectateurs massés sous 35°C, la course s'est jouée dans un final d'anthologie. Si Toyota a renoué avec la victoire au terme d'un sprint irrespirable face à BMW, le clan français a soufflé le chaud et le froid. Entre l'immense déception de Sébastien Bourdais, la frustration de Doriane Pin et le Top 4 de Norman Nato, découvrez le bilan complet des pilotes et écuries tricolores dans la Sarthe.

Norman Nato au pied du podium, Alpine place ses deux voitures dans le Top 10

Si la victoire a échappé aux tricolores, la plus belle satisfaction française de cette édition 2026 revient à Norman Nato. Au volant de la Cadillac N°12, le pilote azuréen a signé une course remarquable. Longtemps en tête à l'amorce du sprint final après une relance électrique à 11h05, la N°12 a finalement dû céder sous les assauts des Toyota à trois heures du drapeau à damier. Norman Nato et ses coéquipiers échouent au pied du podium, à la 4e place, à seulement 32 secondes des vainqueurs après 24 heures d'efforts surhumains. Derrière, l'écurie Alpine a réussi sa sortie pour ce qui était annoncé comme sa dernière participation à la plus grande course d'endurance au monde. Très soutenus par les supporters, les prototypes français ont réalisé un joli tir groupé pour clore leur programme. L'Alpine N°35, emmenée par Charles Milesi, Da Costa et Habsburg, accroche une magnifique 6e place après avoir navigué au cœur du Top 7 durant toute la nuit. De son côté, l'Alpine N°36 de Frédéric Makowiecki, Jules Gounon et Victor Martins verrouille la 10e place, offrant un double Top 10 honorable aux deux Hypercars françaises.

Le cauchemar de Sébastien Bourdais à domicile

C’est le cœur brisé que le régional de l'étape a dû abdiquer. Au volant de la Cadillac N°38, Sébastien Bourdais faisait partie du quatuor de tête qui s'est rendu coup pour coup durant la nuit face à la voiture sœur (la N°12), la BMW N°20 et la Toyota N°7. Mais au cœur de la nuit, le destin a basculé puisqu'une panne de direction assistée profonde a immobilisé le prototype américain. Après de longues minutes passées au garage, l'équipage a tenté de reprendre la piste à plusieurs reprises, mais les retours successifs au stand ont scellé leur sort. À 8h00 ce dimanche matin, les portes du garage se sont définitivement refermées. Une terrible désillusion pour le Sarthois qui a confié sa douleur au micro d'Ici Maine. « C'est un crève-cœur. Quand tu es dans des conditions comme ça de gagner une course aussi prestigieuse, qui te tient autant à cœur et qui t'a tourné le dos aussi souvent, ça fait mal. »

Doriane Pin : Le rêve de victoire en LMP2 brisé à 3h d'un exploit historique

En catégorie LMP2, l’écurie française Duqueine Team a fait vibrer le public. Portée par la très populaire Doriane Pin, associée à Julien Andlauer et Richard Verschoor, la N°30 a dominé les débats nocturnes. La jeune Française de 22 ans, surnommée la « fusée de poche », disputait encore âprement la tête de la course à seulement 3h20 de l'arrivée. Malheureusement, la mécanique a été cruelle car les freins de la Duqueine ont explosé, forçant l'abandon après 307 tours d'une bataille pourtant héroïque.

Le film de la course : La science des longs relais de Toyota a fait merveille

Le triomphe de Toyota lors de cette 94e édition est un chef-d'œuvre de stratégie. Seulement qualifiées en 14e (N°7) et 15e (N°8) positions sur la grille, les GR010 avaient visiblement snobé l'Hyperpole pour privilégier le rythme de course. Dès le départ, la firme japonaise a appliqué une stratégie décalée osée, s'arrêtant au stand après seulement 30 minutes de course pour s'extraire du trafic. S'en est suivie une inexorable remontée. Si la BMW N°15 partie en pole et la Ferrari N°83 des tenants du titre ont rapidement coulé, la victoire s'est dessinée dans les dernières heures. Regroupées par une Safety Car sortie après 10 heures du matin, les quatre voitures de tête se tenaient en 5 secondes à 4 heures de l'arrivée. La Cadillac N°12, virtuellement sur le podium, a longtemps mené la vie dure à ses rivales.

C'est finalement la vitesse de pointe stratosphérique des Toyota qui a fait la différence peu avant 13 heures, leur permettant de fondre sur la Cadillac de Norman Nato. Après des consignes d'écurie pour placer la N°7 devant sa jumelle (la N°8 qui termine 3e), seule la BMW N°20 de Robin Frijns, René Rast et Sheldon Van der Linde est parvenue à s'intercaler dans la dernière heure pour s'offrir la deuxième place à moins de 10 secondes. Aux commandes de la Toyota N°7 gagnante, Kamui Kobayashi décroche ainsi son deuxième succès personnel dans la Sarthe après 2021, aux côtés de Mike Conway et Nick de Vries.

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