France / Irlande: les notes des bleus

France / Irlande: les notes des bleus

Nico Par Nico

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Le XV de France a idéalement lancé son Tournoi des Six Nations en dominant nettement l’Irlande (36-14) au Stade de France. Autoritaires pendant près d’une heure, les Bleus ont livré une prestation collective de haut niveau, incarnée par un Thomas Ramos omniprésent et un Louis Bielle-Biarrey une nouvelle fois irrésistible à la finition. Face à une Irlande en reconstruction, privée de l’influence de Jonathan Sexton, les hommes de Fabien Galthié ont affirmé leurs ambitions.

Ramos, le chef d’orchestre des Bleus

Aligné à l’arrière, Thomas Ramos a livré un match de patron. Véritable moteur offensif, le Toulousain a constamment fait avancer le jeu français, multipliant les prises d’initiatives justes et inspirées. Avec 95 mètres parcourus ballon en mains, quatre défenseurs battus et deux franchissements, il a mis la défense irlandaise sous pression permanente. Précieux au pied, rassurant sous les ballons hauts et solide défensivement, Ramos a parfaitement illustré le très haut niveau attendu d’un cadre des Bleus. Son jeu au pied long et précis a notamment offert des munitions idéales à ses ailiers, dont Louis Bielle-Biarrey sur le quatrième essai français.

Bielle-Biarrey, la menace permanente

Sur son aile, Louis Bielle-Biarrey a une nouvelle fois démontré qu’il était l’un des finisseurs les plus redoutables du rugby international. Auteur d’un doublé, il a fait parler sa vitesse supersonique et sa capacité à accélérer même freiné par les défenseurs. Son premier essai, inscrit après une prise de balle tranchante et une double accélération, a symbolisé la supériorité tricolore. Avec désormais 22 essais en 23 sélections, le Bordelais continue d’affoler les statistiques.

De l’autre côté, Théo Attissogbe a également répondu présent. Moins servi, le Palois n’a jamais renoncé, montant en puissance au fil des minutes. Solide en défense et opportuniste, il a été récompensé par un essai en fin de rencontre, son sixième sous le maillot bleu.

Une ligne de trois-quarts inspirée

Au centre, l’association Depoortere–Moefana, inédite en équipe de France mais déjà rodée à l’UBB, a offert de belles garanties. Puissant et percutant, Depoortere a souvent franchi la ligne d’avantage malgré un mauvais choix près de la ligne adverse. Moefana, lui, a joué juste, alternant percussion et passes après contact, avant de céder sa place en seconde période.

À l’ouverture, Matthieu Jalibert a sans doute livré l’un de ses matchs les plus aboutis en Bleu. Plus gestionnaire que par le passé, il a su occuper le terrain au pied tout en distillant des gestes de grande classe : une accélération tranchante pour son essai, un chip parfaitement dosé pour celui d’Ollivon et plusieurs passes inspirées en fin de rencontre. Sa complémentarité avec Antoine Dupont a pleinement fonctionné.

Dupont en meneur, un pack dominateur

Moins spectaculaire mais tout aussi précieux, Antoine Dupont a dirigé le jeu avec sobriété et précision. Véritable métronome, il a multiplié les jeux au pied intelligents, souvent récupérés par ses partenaires, et a parfaitement contrôlé le tempo avant de céder sa place en fin de match.

Devant, les Bleus ont imposé une intense domination physique. Guillard a impressionné par son activité et sa puissance dans les collisions, tandis que Charles Ollivon, infatigable, a encore démontré qu’il n’était pas un deuxième-ligne comme les autres. Rapide, disponible et efficace, le capitaine a été récompensé par un essai au large après une belle séquence collective.

La troisième ligne, avec Jelonch, Jégou et Cros, a brillé par son travail de l’ombre, ses soutiens offensifs et son activité défensive, étouffant les velléités irlandaises pendant une grande partie du match.

Un banc en difficulté, l’Irlande en reconstruction

Si le banc français a permis de conserver l’avantage, il a aussi coïncidé avec le meilleur temps fort irlandais. Malgré une mêlée enfin récompensée, les Bleus ont davantage subi après les nombreux changements. Meafou, Mauvaka ou Auradou n’ont pas totalement réussi à contenir le réveil adverse, même si la France a su rester maîtresse du score.

Côté irlandais, l’ombre de Jonathan Sexton a plané sur la rencontre. Son successeur, Sam Prendergast, a alterné le bon et le moins bon pour sa première grande sortie, à l’image d’une équipe irlandaise globalement dominée pendant 50 minutes. Seul son frère Cian Prendergast a véritablement tiré son épingle du jeu dans une formation en manque de repères.

Un message fort envoyé au Tournoi

Grâce à cette victoire convaincante, le XV de France envoie un message clair à ses rivaux : les Bleus sont prêts à jouer les premiers rôles dans ce Tournoi des Six Nations. Portés par un collectif solide et des individualités en grande forme, ils ont parfaitement réussi leur entrée en matière. Reste désormais à confirmer cette prestation prometteuse lors des prochaines échéances.

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