Hold-up à l'irlandaise : Les Bleues s'en sortent par miracle
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Quelle entrée en matière riche en émotions pour l’équipe de France ! À Dublin, pour ce premier acte des éliminatoires du Mondial 2027, les Bleues ont flirté avec la correctionnelle avant de s’imposer sur le fil (1-2). Face à une Irlande transfigurée et portée par un public électrique, les joueuses de Laurent Bonadei ont dû s'en remettre au talent pur d'une remplaçante de luxe pour éviter le piège.
Quelle victoire ! 🤩🔥
— Equipe de France Féminine (@equipedefranceF) March 3, 2026
Nos Bleues s'imposent 2-1 grâce à un doublé express de Melvine et débutent les qualifications à la Coupe du Monde 2027 par une victoire ✅#IRLFRA pic.twitter.com/UpTUEw64Bk
Une première période en apnée
On attendait des Bleues dominatrices, on a vu des Françaises bousculées. Dès les premières minutes, le ton est donné : l'Irlande joue crânement sa chance en misant sur la verticalité. Constance Picaud doit s'employer à plusieurs reprises (4e, 11e) pour maintenir les siennes à flot, mais finit par céder. À la 12e minute, la capitaine irlandaise McCabe profite d'un ballon récupéré haut pour tromper Picaud d'une frappe croisée chirurgicale (1-0). Jusqu'à la pause, la possession française est restée stérile. Trop de déchet technique, un manque flagrant d'inspiration et des cadres comme Diani ou Baltimore muselées par un bloc irlandais héroïque. À la mi-temps, le constat est sévère : la France est menée et ne cadre aucun tir.
Le coaching gagnant de Laurent Bonadei
Au retour des vestiaires, l'entrée de Marie-Antoinette Katoto redonne un peu de poids à l'attaque, mais c'est bien le double changement à la 70e minute qui va tout basculer. Melvine Malard foule la pelouse et, sur son tout premier ballon, fait parler sa magie : un enchaînement de crochets dévastateurs et une frappe croisée qui finit sa course dans le petit filet (1-1, 71e). Revigorées, les Bleues passent la vitesse supérieure. À la 80e minute, après un premier assaut de Baltimore, le ballon revient sur Malard qui déclenche une frappe sèche. Doublé pour l'attaquante en moins de dix minutes et hold-up en vue (1-2, 80e).
2 tirs cadrés, 2 buts… et c’est LE DOUBLÉÉÉÉÉÉÉÉ ! 🤩
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Melvine permet aux Bleues de passer devant 💙
🇮🇪1-2🇫🇷 #IRLFRA pic.twitter.com/WBI16FYehR
Une fin de match irrespirable : Katoto en sauveuse
La fin de rencontre a tourné au siège de la surface française. Les Irlandaises ont jeté toutes leurs forces dans la bataille, manquant de peu l'égalisation sur une tête de Barrett (90e). Le sommet du suspense intervient dans le temps additionnel (90+3e) : sur une reprise d'O'Sullivan qui semblait battre tout le monde, Katoto réalise un sauvetage héroïque de la tête sur sa propre ligne de but. Un geste défensif qui vaut autant qu'un but et qui scelle la victoire française.
Laurent Bonadei entre soulagement et exigence
Interrogé au micro de RMC Sport juste après le coup de sifflet final, le sélectionneur des Bleues n'a pas caché que son équipe revenait de loin. S'il a salué la force de caractère de son groupe, il reste lucide sur la prestation globale.
« On a souffert, c’est indéniable. En première mi-temps, nous n’y étions pas tactiquement et l’Irlande nous a punis sur nos manques d'agressivité. Mais je retiens la réaction. Melvine (Malard) fait une entrée exceptionnelle, elle est clinique. C'est ce qu'on attend d'une remplaçante : qu'elle change le destin du match. Le sauvetage de Marie (Katoto) à la fin montre aussi que cet effectif ne lâche rien. On prend les trois points, c'est l'essentiel pour lancer la campagne, mais on a encore beaucoup de travail pour stabiliser notre jeu. »
Un succès fondateur mais un avertissement sérieux
Si le tableau d'affichage sourit aux Françaises (1-2), ce déplacement en Irlande doit servir de leçon. Les Bleues ont affiché deux visages : une première période apathique, sans la moindre inspiration offensive, et une fin de match transcendée par l'efficacité de son banc. Avec deux tirs cadrés pour deux buts, la France a bénéficié d'une réussite maximale qu'il serait risqué de transformer en habitude. Toutefois, gagner "au forceps" dans une ambiance aussi hostile que celle de Dublin prouve que ce groupe possède les ressources mentales pour aller chercher le Mondial 2027. Le contrat comptable est rempli, mais le chantier du jeu reste ouvert pour Laurent Bonadei.
Par Lenny