Le grand bilan tricolore du Paris-Nice 2026

Lenny Par Lenny

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Entre les coups d’éclat de Dorian Godon et Lenny Martinez et la solidité de Kévin Vauquelin, le cyclisme français a vécu une semaine historique sur la Course au Soleil. Derrière l’intouchable Jonas Vingegaard, les Bleus ont pris le pouvoir, affichant une densité et un panache que l'on n'avait plus vus depuis des décennies.

Des français plein d'envie

Le ciel niçois a beau avoir été menaçant, il n'a pas réussi à doucher l'enthousiasme d'un clan français rayonnant au soir de cette 84e édition. Si Jonas Vingegaard a logiquement inscrit son nom au palmarès, la France repart avec un butin de choix : deux victoires d'étapes et quatre coureurs dans les dix premiers du classement général. Un bilan comptable impressionnant qui traduit surtout un changement de mentalité radical au sein du peloton tricolore.

La revanche éclatante de Dorian Godon

Le premier grand frisson est venu de Dorian Godon. Le champion de France, désormais sous les couleurs d’INEOS Grenadiers, a fait preuve d’une force de caractère hors du commun lors de la septième étape. Frustré par une deuxième place la veille, il a transformé sa déception en rage de vaincre sur un parcours raboté à 47 kilomètres vers Isola en raison des conditions climatiques. Dans un sprint massif de pur costaud, Godon a fait parler sa puissance pour s'offrir le maillot vert et la première victoire française de cette édition. « Je cherchais cette ouverture depuis le départ. Gagner avec ce maillot de champion de France sur le dos, c’est une saveur particulière », confiait-il à l’arrivée, soulignant que cette victoire était aussi celle d'un collectif INEOS tourné vers l'offensive.

Martinez, le géant de l'Allianz Riviera

Le relais a été magnifiquement pris le lendemain par Lenny Martinez. Le grimpeur de la Bahrain-Victorious a réalisé l'impensable dans la dernière ascension de la journée, la côte du Linguador. Il a été le seul capable de s’accrocher à la roue d'un Vingegaard déchaîné avant de le crucifier au sprint sur la ligne d'arrivée. « La gagner devant Jonas, c’est encore plus beau. Je n’ai pas lâché, mon bilan est bon car je n'ai eu aucun jour sans », savourait le jeune grimpeur, désormais 5e du général. Pour lui, cette réussite est collective : « On vit un truc de fou avec la génération qui arrive, cela nous pousse inconsciemment à faire les choses encore mieux. »

Vauquelin, le leader qui ne renonce jamais

Au pied du podium, Kévin Vauquelin incarne cette résilience française. Malgré une chute spectaculaire mercredi vers Uchon, où il fut projeté dans un champ, le leader d'INEOS a cravaché toute la semaine pour arracher une 4e place finale, à seulement 16 secondes du podium. Si la déception de rater la boîte est légitime, son directeur sportif Imanol Erviti préférait retenir l'attitude : « C’est une médaille en chocolat, mais Kévin est un grand coureur par son attitude. Ce qu'il a fait pour aider Dorian à gagner samedi montre sa classe. »

Des résultats étincelants

Cette réussite d'ensemble est complétée par les performances de Mathys Rondel et Alex Baudin, respectivement 8e et 9e. Jamais, dans l'ère moderne du cyclisme, la France n'avait affiché une telle profondeur de banc sur une épreuve aussi exigeante. À quelques mois des grandes échéances estivales, le message envoyé par la "Next Gen" française est limpide : elle n'a plus peur de personne.