De l'or, de l'argent et du bronze sur cette première semaine

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Une semaine de tir sportif au sommet en Croatie
Chaque printemps, la ville d’Osijek devient l’un des centres névralgiques du tir sportif européen. En ce mois de mai 2026, la cité croate accueille une nouvelle fois l’élite continentale pour une série de compétitions majeures : le Championnat d’Europe 300 m, le Championnat d’Europe 25/50 m ainsi que le Plateau U-18.
Au total, 491 tireurs représentant 34 nations ont fait le déplacement en Croatie. Parmi eux, la délégation française compte 25 athlètes — 11 carabiniers et 14 pistoliers — venus défendre les couleurs tricolores face à une concurrence particulièrement dense.
Dès les premières journées, les Français ont répondu présents, multipliant les performances de haut niveau, les records et les médailles. Retour complet sur une semaine déjà riche en émotions.
Des débuts solides en carabine 50 m trois positions
La compétition s’est ouverte avec les premières qualifications de la Carabine 50 m trois positions chez les Seniors hommes.
Les premiers Français à entrer en lice étaient Romain Aufrère, Lucas Kryzs et Dimitri Dutendas. Dans une discipline où chaque détail compte, les trois tireurs ont dû composer avec une concurrence extrêmement serrée.
Romain Aufrère réalise un match particulièrement solide. Avec un total de 588 points, il échoue malheureusement à un seul point de la finale et termine à une frustrante 12e place. Sa position debout, plus délicate, lui coûte de précieuses unités dans une épreuve où le moindre point fait basculer un classement.
Lucas Kryzs connaît un scénario similaire. Bien placé après les premières positions, il perd lui aussi du terrain au debout et conclut sa journée à la 26e place avec 585 points.
Dimitri Dutendas, au contraire, parvient à mieux gérer cette dernière position. Plus performant debout, il remonte progressivement au classement et termine 33e avec 583 points.
Par équipes, la France se classe 5e, à seulement deux points du podium européen. Un résultat qui traduit parfaitement le niveau extrêmement homogène du championnat.
Les dames entre promesses et frustration
Chez les dames, Agathe Girard et Lucie Kissenberger ont vécu deux matchs très différents.
Agathe démarre fort, imposant immédiatement son rythme sur les premières séries. Mais la régularité lui échappe progressivement en fin de match et elle termine 21e avec 586 points.
Lucie Kissenberger suit une trajectoire inverse. Plus discrète au départ, elle monte progressivement en puissance au fil des positions pour conclure à la 53e place avec 577 points.
Les pistoliers français frappent fort au 25 m
Pendant que les carabiniers lançaient leur championnat, les pistoliers français ont rapidement fait parler d’eux sur le stand 25 mètres.
Une démonstration des tireurs d’Allauch
En Pistolet 25 m vitesse Seniors, les trois pensionnaires du stand d’Allauch ont réalisé une entrée en matière spectaculaire.
Clément Bessaguet prend provisoirement la tête des qualifications avec 298 points sur 300 possibles. Une performance quasiment parfaite qui confirme son excellent niveau du moment.
Derrière lui, Jean Quiquampoix reste au contact avec 297 points, tandis que Yan Chesnel se classe 16e avec 287 points.
Les trois Français doivent encore disputer la seconde partie du match, mais la domination tricolore apparaît déjà très nette.
Les Françaises idéalement placées
Chez les dames, la partie précision sourit également aux Bleues.
Héloïse Fourré prend provisoirement la deuxième place avec 294 points. Mathilde Lamolle suit à la 6e place avec 291 points et Camille Jedrzejewski complète le tableau français dans le top 10 avec 290 points.
Avant la partie vitesse programmée le lendemain, les trois Françaises se retrouvent idéalement placées pour viser les finales.
Une journée historique pour le Pistolet 25 m dames
Le samedi 9 mai restera comme l’une des grandes journées françaises de ce championnat.
Héloïse Fourré et Mathilde Lamolle en finale
Dans le premier relais, Héloïse Fourré et Mathilde Lamolle confirment immédiatement leurs ambitions.
Les deux Françaises reproduisent en vitesse les excellents scores réalisés en précision la veille.
Héloïse totalise 588 points et prend la tête des qualifications. Elle améliore au passage son record personnel de trois points.
Mathilde Lamolle décroche elle aussi sa place en finale grâce à ses 582 points et une solide 7e place.
Camille Jedrzejewski, malgré une belle régularité générale, ne parvient pas à combler son retard en vitesse. Elle termine 17e avec 579 points, à seulement deux points de la finale.
L’or européen par équipes pour les Bleues
Avant même le début de la finale individuelle, l’équipe de France féminine peut célébrer un immense succès.
Avec un total de 1 749 points, les Françaises décrochent le titre de championnes d’Europe par équipes, sept points devant la Hongrie.
Plus impressionnant encore : elles conservent leur titre européen remporté l’année précédente au CNTS et améliorent leur total d’un point.
Cette victoire confirme la domination actuelle du collectif français dans cette discipline.
Une finale sous haute tension
La finale démarre sur un rythme extrêmement intense.
Héloïse Fourré entre immédiatement dans le combat avec une succession de shoot-offs particulièrement éprouvants.
D’abord opposée à une Portugaise pour la 6e place, elle s’impose. Puis elle élimine une Hongroise dans un nouveau barrage pour la 5e place.
Un troisième duel décisif suit immédiatement.
Malgré cette pression constante, Héloïse garde son sang-froid et parvient à se hisser sur le podium.
Pendant ce temps, Mathilde Lamolle reste solidement installée parmi les meilleures tout au long de la finale.
Les deux Françaises sont assurées de repartir avec une médaille.
Pour l’attribution du bronze, Mathilde affronte l’Allemande Doreen Veenekamp dans un nouveau shoot-off. Mathilde résiste et décroche finalement la médaille de bronze.
Héloïse Fourré dispute ensuite le duel pour le titre européen. Au terme d’une finale remarquable, elle devient vice-championne d’Europe.
Une journée exceptionnelle pour le tir français.
Clément Bessaguet entre dans l’histoire
Pendant ce temps, les hommes disputent leur seconde passe en vitesse.
Yan Chesnel conclut sa compétition à la 23e place avec 566 points.
Mais tous les regards se tournent rapidement vers Jean Quiquampoix et Clément Bessaguet.
Jean signe un excellent total de 589 points et se hisse provisoirement à la troisième place.
Puis vient la performance du jour.
Clément Bessaguet réalise un match monumental et totalise 594 points.
Cette performance lui permet de battre simultanément le record de France, le record d’Europe et le record du monde.
Les deux Français décrochent logiquement leur qualification pour la finale.
Une finale frustrante malgré des qualifications historiques
Le format de finale du Pistolet 25 m reste particulièrement spectaculaire et difficile à appréhender.
Les tireurs alternent séquences de tir et retours derrière la ligne de tir dans un rythme extrêmement soutenu.
La tension reste permanente jusqu’aux dernières séries.
Malheureusement pour les Français, Jean Quiquampoix et Clément Bessaguet se retrouvent à égalité lors d’un shoot-off décisif.
Le règlement impose alors un départage au numéro de dossard : le plus grand numéro est éliminé.
Jean termine finalement 5e tandis que Clément se classe 4e.
Des résultats frustrants au regard de leurs performances exceptionnelles en qualifications.
Malgré cela, l’équipe de France décroche la médaille d’argent par équipes derrière l’Allemagne.
Le Pistolet Standard confirme la dynamique française
Le lundi 11 mai, le championnat se poursuit avec le Pistolet 25 m Standard.
Trois Français prennent part à l’épreuve : Kévin Chapon, Théo Moczko et Patrice Duviel.
Cette discipline impose aux tireurs trois rythmes successifs : quatre séries à 150 secondes, puis quatre séries à 20 secondes et enfin quatre séries à 10 secondes.
À mesure que le temps diminue, la pression mentale augmente considérablement.
Kévin Chapon au pied du podium
Dès les premières séries, Kévin Chapon et Théo Moczko s’installent dans le haut du classement.
Les positions évoluent constamment, chaque série modifiant la hiérarchie.
Au terme du match, Kévin Chapon réalise la meilleure performance française avec 568-14x points.
Il échoue à une seule unité du podium européen et termine à la 4e place.
Théo Moczko prend la 9e place avec 562-14x points.
Patrice Duviel conclut la compétition à la 18e place avec 556-8x points.
Une nouvelle médaille d’argent par équipes
Grâce à la régularité de ses trois représentants, la France décroche une nouvelle médaille européenne.
Avec 1 686 points, les Bleus deviennent vice-champions d’Europe derrière l’Ukraine.
L’Estonie complète le podium.
Les juniors découvrent le très haut niveau international
Pendant que les seniors poursuivent leur moisson de médailles, les juniors découvrent à leur tour l’exigence du championnat européen.
Mais avant même le début des matchs officiels, la météo vient compliquer les préparations.
Des entraînements perturbés par l’orage
Lors de la séance de Pré-Entraînement à la Carabine 50 m, les conditions changent brutalement au fil de la journée.
Les garçons tirent sous un grand soleil et des températures presque estivales.
Les filles, en revanche, doivent patienter plusieurs heures après qu’un violent rideau de pluie a rendu le pas de tir impraticable.
Les entraînements reprennent finalement en fin d’après-midi.
Dans des disciplines aussi précises, ces conditions météorologiques constituent un véritable défi technique et mental.
Des débuts encourageants pour les juniors français
Le mardi 12 mai marque l’entrée officielle des juniors dans la compétition.
Après une nuit particulièrement pluvieuse, les jeunes tireurs français affrontent des conditions délicates.
Les garçons entre maîtrise et gestion du temps
Sacha Lepage et Gaspard Lesieur représentent la France chez les juniors garçons.
Sacha démarre très fort en position genou tandis que Gaspard récupère des points importants au couché.
Comme souvent en Carabine 3 positions, tout se joue finalement au debout.
Gaspard réalise une dernière position équilibrée et termine avec 576-24x points à la 26e place.
Sacha, lui, prend davantage de temps pour gérer sa fin de match. Il tire sa dernière balle dans la dernière minute et conclut avec 579-25x points, synonyme de 19e place.
Les filles proches du podium par équipes
Chez les filles, la pluie et le vent compliquent encore davantage la lecture des conditions de tir.
Madison CADET, seulement âgée de 17 ans, dispute sa première grande compétition internationale.
Elle signe un beau début de match au genou avec 193 points avant de connaître davantage de difficultés debout. Elle termine 38e avec 577-23x points.
Tifenn POMES alterne elle aussi les bonnes séquences et les passages plus compliqués. Grâce à un solide couché, elle se classe 27e avec 578-25x points.
Anceline BRACKMAN gère parfaitement les conditions venteuses sur sa dernière position et conclut son match à la 24e place avec 579-21x points.
Enfin, Louna CALONNEC passe tout près de la finale. Bien placée après le genou, elle perd quelques points importants au couché avant de terminer très fort au debout.
Avec 581-22x points, elle prend la 15e place finale, à un seul point de la qualification.
Une nouvelle fois, le tir sportif rappelle toute sa cruauté : un point suffit parfois à séparer une finale d’une place d’honneur.
Par équipes, Tifenn POMES, Anceline BRACKMAN et Louna CALONNEC terminent au pied du podium avec 1 738-68x points, à seulement trois points de la Suisse.
L’Allemagne et la Pologne dominent l’épreuve.
Une dynamique tricolore déjà impressionnante
À mi-parcours de ces championnats d’Europe d’Osijek 2026, la délégation française affiche déjà un bilan particulièrement solide.
Les médailles par équipes se multiplient, les finales individuelles s’enchaînent et plusieurs performances majeures ont marqué le championnat.
Le record du monde de Clément Bessaguet, les médailles d’Héloïse Fourré et Mathilde Lamolle ainsi que les nombreux classements d’honneur démontrent la profondeur du tir sportif français.
Au-delà des podiums, c’est surtout la régularité collective qui impressionne.
Chez les seniors comme chez les juniors, les Français restent au contact des meilleures nations européennes malgré des écarts souvent infimes.
La suite du championnat s’annonce encore intense avec l’arrivée des épreuves gros calibre et les dernières compétitions juniors.
À Osijek, la machine tricolore est bel et bien lancée.
Par Nico






