Lois Boisson entre doutes et espoirs

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Un an après avoir bouleversé Roland-Garros en atteignant les demi-finales contre toute attente, Loïs Boisson revient Porte d’Auteuil dans une tout autre dimension. Désormais 50e mondiale, la Française de 23 ans n’avance plus dans l’anonymat, mais avec un nouveau statut, celui d’ancienne révélation du tournoi parisien.
Présente en conférence de presse ce vendredi, la Dijonnaise a évoqué son long retour après plusieurs mois de blessure, son impatience de retrouver le public français et les attentes qui accompagnent désormais chacun de ses matches.
🇫🇷 Loïs Boisson de retour à #RolandGarros : « Il y a eu plusieurs erreurs sur ma blessure et c’était difficile mentalement parce qu’on ne savait rien (…) Maintenant, JE SUIS À 100%. 😁
— Univers Tennis 🎾 (@UniversTennis) May 22, 2026
Physiquement, je me sens bien. Tout est possible. Je peux gagner, je peux perdre d’entrée… » pic.twitter.com/qIms93lq1o
Un retour encore en construction
Après près de sept mois loin des courts, Loïs Boisson arrive à Paris avec peu de repères compétitifs. Depuis sa reprise, elle n’a disputé que cinq rencontres, pour une seule victoire, obtenue récemment à Internationaux de Strasbourg face à Wang Xinyu.
Mais physiquement, la Française se veut rassurante.
« Depuis peu, je suis à 100 %. Déjà, je suis hyper contente de ça, d’arriver ici dans ces conditions. »
La terre battue alsacienne lui a surtout permis de retrouver du rythme et des sensations après une longue période sans compétition.
« Il n’y a qu’en match que ça peut se faire. Je suis contente d’avoir joué. »
La passion comme moteur pendant la blessure
Éloignée du circuit pendant de longs mois, la Française reconnaît avoir traversé une période difficile. Pour tenir, elle s’est appuyée sur son entourage mais surtout sur son amour du tennis.
« Je pense que c’est juste la passion pour le jeu, pour le tennis. Et les personnes autour de moi, mon entourage et ma famille. »
Une motivation essentielle pour une joueuse qui a connu une ascension fulgurante en 2025 avant de voir sa progression brutalement freinée par les blessures.
Un nouveau statut à gérer
L’an dernier, Loïs Boisson était arrivée à Roland-Garros dans l’anonymat complet, alors classée 361e mondiale. Douze mois plus tard, l’engouement autour d’elle est totalement différent.
La Française assure pourtant vouloir rester fidèle à elle-même.
« Je reste dans ma bulle. On sait qu’il peut y avoir plein de choses autour, mais je garde toujours le même état d’esprit. »
Elle a néanmoins senti à Strasbourg combien le public français l’attendait désormais avec impatience.
« J’ai senti vraiment que le public était là, le public était pour moi. »
Un premier tour compliqué contre Kalinskaya
Pour son retour à Paris, Loïs Boisson n’a pas été épargnée par le tirage au sort. Elle débutera face à la Russe Anna Kalinskaya, tête de série numéro 22.
Un défi important pour une joueuse encore en quête de confiance, même si Boisson refuse de se focaliser sur les classements.
« L’adversaire a un chiffre à côté du nom, mais ça ne veut pas toujours dire grand-chose. »
La Française préfère insister sur les sensations du moment et l’état de forme du jour plutôt que sur la hiérarchie théorique.
Le retour de Florian Reynet pour retrouver des repères
Afin de retrouver davantage de stabilité dans son jeu, Loïs Boisson a récemment décidé de rappeler son ancien entraîneur, Florian Reynet.
Un choix motivé par le besoin de revenir à des bases familières après plusieurs mois sans compétition.
« J'avais besoin de personnes qui me connaissaient vraiment, qui me connaissaient aussi d’avant. »
La Française explique avoir perdu beaucoup de repères tennistiques durant sa longue absence et estime que ce retour à un environnement connu lui fait énormément de bien.
« Tout est possible »
Malgré son manque de matches, la demi-finaliste 2025 conserve intacte sa confiance profonde en ses capacités.
L’an passé déjà, elle croyait intérieurement possible ce parcours historique, même si le grand public le considérait comme irréaliste.
« Je reste dans le même état d’esprit de “tout est possible”. Je peux aller au bout comme perdre au premier tour. »
Une approche lucide mais ambitieuse qui reflète bien l’état d’esprit de la Française avant cette édition 2026.
Entre patience et espoir
Le contexte est forcément différent cette année. Les attentes sont plus fortes, la pression médiatique également, et son état de forme reste encore incertain après une longue coupure.
Mais Loïs Boisson semble avancer avec davantage de recul et de maturité. Son objectif immédiat n’est pas forcément de reproduire son incroyable parcours de 2025, mais plutôt de retrouver progressivement ses sensations et son meilleur niveau.
Et même avec seulement quelques matches dans les jambes, la Française reste capable de faire vibrer le public parisien. Car à Roland-Garros, son histoire récente a prouvé qu’avec elle, tout semblait possible.
Par Nico