Gaël Monfils s'incline au premier tour

Nico Par Nico

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À 39 ans, Gaël Monfils s’apprête à vivre un moment charnière de sa carrière : son dernier Roland-Garros. Présent cette semaine au Masters 1000 de Madrid, le Français aborde cette étape avec une sérénité assumée, loin de toute pression de résultat. Son objectif est clair : retrouver du rythme et arriver prêt physiquement et émotionnellement à Paris.

Une légende toujours magnétique

Le temps a passé, le classement aussi — Monfils pointe désormais autour de la 200e place mondiale, loin de son pic à la 6e position en 2016 — mais son aura, elle, reste intacte. Sur les courts de la Caja Mágica, le Français continue d’attirer les regards. Entre sourires, échanges avec les fans et gestes techniques toujours spectaculaires, « la Monf » conserve ce lien unique avec le public.

Lors d’un entraînement face à Stefanos Tsitsipas, il a encore montré qu’il n’avait rien perdu de sa créativité, distillant notamment une amortie rétro gagnante pleine de nonchalance. Mais derrière le spectacle, les signes de l’âge sont bien là : une main posée sur le genou, un souffle plus court… et une lucidité totale sur sa condition.

Une préparation détendue avant un défi immédiat

Invité par les organisateurs madrilènes, Monfils affrontera ce jeudi l’Argentin Camilo Ugo Carabelli, 57e mondial. Sans ambition démesurée, il souhaite avant tout « faire un bon match » et accumuler du temps de jeu. Une approche pragmatique pour celui qui sait que le plus important se jouera dans quelques semaines à Paris.

À Madrid, l’atmosphère est légère. Entre discussions avec Gabriel Diallo et Reilly Opelka, selfies avec les supporters et échanges complices avec les entraîneurs, Monfils profite pleinement de l’instant. Fidèle à lui-même, il privilégie l’authenticité aux formats modernes, délaissant par exemple les interviews “walk and talk” pour des échanges plus classiques… et plus longs.

Entre nostalgie et souvenirs intimes

Lors du media day, le Français s’est laissé aller à quelques confidences, oscillant entre humour et nostalgie. Évoquant le Minitel, le Bi-Bop ou encore ses vieilles cassettes VHS, il a replongé dans ses jeunes années avec une sincérité touchante.

Mais lorsqu’il parle de Roland-Garros, ses souvenirs les plus précieux ne sont pas forcément ceux que l’on imagine. Ni ses grands matchs face à Roger Federer, ni ses exploits contre Andy Roddick ou Tomas Berdych. Ce qu’il garde avant tout, ce sont des moments de vie : des parties de cache-cache nocturnes, des nuits passées à rêver dans l’enceinte du tournoi, ou encore ses heures passées sur les terrains annexes étant enfant.

L’émotion d’un dernier chapitre

L’échéance approche, et avec elle une charge émotionnelle difficile à anticiper. Monfils en a déjà discuté avec ses anciens compagnons de route, Jo-Wilfried Tsonga, Gilles Simon et Richard Gasquet, chacun ayant vécu différemment ses adieux à Roland-Garros.

Mais pour lui, impossible de vraiment s’y préparer. « Ça va au-delà du tennis », confie-t-il, conscient que l’émotion touchera aussi ses proches. Le regard de sa famille, plus encore que celui du public, pourrait bien rendre ce moment unique et bouleversant.

Une tournée d’adieu pleine de plaisir

En attendant ce rendez-vous inévitable, Gaël Monfils savoure chaque instant de cette tournée d’adieu. Sans parler de jubilé, il voit plutôt cette période comme une opportunité rare : celle de dire au revoir à son rythme, tout en continuant à vibrer sur le court.

« Se faire kiffer » et, pourquoi pas, « titiller un ou deux joueurs » : voilà le programme. Et surtout, continuer à recevoir cette énergie du public, faite « d’amour et de bonheur », qui l’a porté tout au long de sa carrière.

Ce jeudi, sur le court Manolo Santana de Madrid, Monfils en reprendra une dose. Avec le sourire, comme toujours… avant que l’histoire ne s’écrive une dernière fois, porte d’Auteuil.

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