Les bleues veulent y croire et battre l'Angleterre

Les bleues veulent y croire et battre l'Angleterre

Nico Par Nico

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L’affiche que tout le rugby féminin européen attendait est désormais officielle. Dimanche prochain, au stade Atlantique de Bordeaux, l’équipe de France défiera l’Angleterre dans une véritable finale du Tournoi. Deux nations invaincues, deux équipes à 20 points sur 20 possibles, deux ambitions de titre. Le décor est parfait pour un choc de très haut niveau entre les Bleues et les Red Roses.

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Après leur démonstration offensive face à l’Écosse (69-28), les Françaises arrivent lancées vers ce rendez-vous décisif. Onze essais inscrits, une circulation de balle fluide, des séquences longues et maîtrisées : la prestation réalisée à Édimbourg a confirmé les progrès offensifs du XV de France féminin.

Mais derrière les sourires et la satisfaction d’un nouveau succès bonifié, un autre sujet occupait déjà tous les esprits : l’Angleterre.

Un adversaire qui hante les Bleues depuis des années

Depuis 2019, les Françaises restent sur une série noire de 17 défaites consécutives face aux Anglaises. Une domination presque écrasante des Red Roses, championnes du monde en titre et référence absolue du rugby féminin actuel.

Pendant toute la semaine précédant le déplacement en Écosse, le sujet était presque interdit au Centre National du Rugby de Marcoussis. Le sélectionneur François Ratier avait fixé une règle claire : pas question de parler de l’Angleterre avant d’avoir terminé le travail contre l’Écosse.

Une manière de protéger son groupe de la pression immense qui entoure ce rendez-vous.

Mais une fois la victoire acquise à Édimbourg, le discours a changé. Le sélectionneur français a accepté d’ouvrir le dossier anglais avec un ton offensif, presque provocateur.

François Ratier affiche ses ambitions

Loin d’un discours prudent ou fataliste, François Ratier assume clairement les ambitions françaises.

Le technicien tricolore sait parfaitement que le défi sera immense face aux championnes du monde, mais il refuse toute résignation. Selon lui, les Anglaises ne sont pas invincibles.

Le sélectionneur insiste notamment sur certaines failles défensives aperçues lors des dernières sorties anglaises. Malgré leurs victoires impressionnantes, les Red Roses ont encaissé plusieurs essais ces dernières semaines, notamment face à l’Italie et au pays de Galles.

Pour Ratier, ces signaux montrent que des espaces existent.

Toute la préparation française sera désormais tournée vers cet objectif : exploiter les points faibles anglais tout en s’appuyant sur les forces développées par les Bleues depuis le début du Tournoi.

Le sélectionneur veut avant tout miser sur la vitesse, le mouvement et la confiance collective installée au fil des matches.

Son discours tranche avec la prudence souvent affichée avant ce type de confrontation. Il veut envoyer un message clair à son groupe : la France peut battre l’Angleterre.

Des Bleues plus libérées que jamais

Cette confiance nouvelle se ressent également dans les paroles de la capitaine Manae Feleu.

La deuxième ligne estime que le groupe français aborde ce sommet européen avec davantage de certitudes qu’auparavant. Selon elle, les Bleues jouent aujourd’hui un rugby plus relâché, plus spontané et plus ambitieux.

Cette liberté offensive constitue probablement la principale évolution du XV de France féminin ces derniers mois.

Face à l’Écosse, les Françaises ont montré leur capacité à multiplier les temps de jeu tout en conservant de la lucidité et de l’efficacité. Les automatismes offensifs semblent désormais mieux installés et le groupe paraît plus mature dans sa gestion des temps faibles.

Surtout, les Bleues donnent l’impression de croire réellement en leurs chances.

Un élément loin d’être anodin face à une équipe anglaise qui impose souvent une domination psychologique avant même le coup d’envoi.

Les zones d’ombre existent encore

Tout n’est cependant pas parfait dans le camp français.

Certaines fragilités aperçues depuis le début du Tournoi inquiètent encore avant le grand rendez-vous bordelais. Les difficultés dans les phases de maul défensif ou certaines séquences d’indiscipline pourraient coûter très cher contre une équipe anglaise réputée pour son efficacité clinique.

Mais là encore, François Ratier refuse le catastrophisme.

Le sélectionneur s’agace même parfois des analyses répétant que « cela ne suffira pas contre l’Angleterre », quel que soit le contenu proposé par les Bleues.

Pour lui, son équipe est condamnée à être jugée uniquement à travers le prisme anglais. Une réalité qu’il accepte, mais qu’il souhaite désormais renverser sur le terrain.

Le message est clair : les Françaises ne se présenteront pas à Bordeaux avec la peur de perdre.

Le parfum d’un exploit historique

Dimanche, les Bleues devront réaliser un véritable exploit pour faire tomber les Red Roses et mettre fin à une série devenue pesante.

Mais contrairement aux années précédentes, la France semble avancer avec autre chose que de l’espoir. Il y a désormais une vraie conviction collective.

Les succès bonifiés accumulés depuis le début du Tournoi ont construit une dynamique positive. Le groupe paraît plus serein, plus ambitieux et surtout plus offensif dans son approche.

Face à elles se dressera néanmoins la meilleure équipe du monde, machine à gagner presque inarrêtable depuis plusieurs saisons.

Le défi est immense. L’événement aussi.

À Bordeaux, les Bleues auront l’occasion de transformer des promesses en exploit historique. La guerre à la Rose est lancée.

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