Les Bleus à l'heure de vérité

Lenny Par Lenny

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À quelques heures de leur entrée en lice à l’Arena Riga, l’équipe de France de futsal bascule dans une nouvelle dimension. Quatrièmes du dernier Mondial, les hommes de Raphaël Reynaud débutent ce mercredi leur Euro face à la Croatie avec un costume de favori à assumer et une soif de victoire intacte.

De l’ombre à la lumière

Depuis l’automne 2024, les Bleus n’attendent que ce moment. Après avoir épaté la planète futsal en atteignant les demi-finales de leur première Coupe du monde, ils retrouvent enfin l’adrénaline d’une phase finale. Mais le regard des autres a changé. « D’habitude, on est plutôt outsiders. Là, on sera dans la lumière », confie le capitaine Souheil Mouhoudine. Ce nouveau statut, les Français l’abordent avec un mélange d’excitation et de sang-froid. Forts d’un parcours mondialiste qui les avait laissés presque frustrés aux portes du podium, ils arrivent à Riga avec les dents aiguisées et une ambition assumée : ne plus simplement participer, mais dominer.

Des cadres historiques pour un record de longévité

Cette épopée est aussi celle de la stabilité. Le meneur de jeu Sid Belhaj, devenu lors de l’ultime test contre la Belgique le joueur le plus capé de l’histoire de la sélection avec 152 sélections, incarne cette progression constante. À 33 ans, il fait partie du socle de vétérans — avec Joévin Durot, Abdessamad Mohammed et Mouhoudine — qui ont connu le premier Euro en 2018. Ce vécu commun est le ciment d'un groupe où s'intègrent désormais des talents de classe mondiale comme Mamadou Touré (FC Barcelone). Malgré l'absence pour blessure de Kévin Ramirez, l'ossature tricolore reste l'une des plus expérimentées du plateau.

L'enjeu : retrouver une solidité défensive "imbattable"

Si la préparation a été jugée cohérente, marquée par un succès probant contre la Hongrie (5-2) et un nul spectaculaire face à la Belgique (5-5), le sélectionneur Raphaël Reynaud attend une montée en puissance immédiate. Pour lui, la clé du tournoi réside dans le secteur défensif : « Il faut qu’on soit beaucoup plus costauds. C’est ce qui a fait de nous une équipe parfois imbattable par le passé. » Pour franchir l'obstacle du Groupe A (Croatie, Lettonie, Géorgie), les Bleus devront allier leur imprévisibilité offensive habituelle à une rigueur de fer, afin d'assurer l'une des deux premières places qualificatives pour les quarts de finale.

Le choc inaugural : se méfier des croates

Ce mercredi 21 janvier à 16h00, c'est un monument du futsal européen qui se dresse devant la France : la Croatie. Quatorzième nation mondiale et habituée des grands rendez-vous, l'équipe croate est un adversaire historique. Raphaël Reynaud se souvient du barrage épique de 2017, mais note que l'adversaire a évolué vers un jeu plus ambitieux depuis la retraite de son leader Dario Marinović. Souheil Mouhoudine, de son côté, prévient contre l'impact athlétique de ces « beaux bébés » croates, privés du dernier Mondial par la France et qui fouleront le parquet de Riga avec un esprit de revanche certain.

Une vitrine pour tout un sport

Au-delà des résultats, les Bleus ont conscience d'être les ambassadeurs d'une discipline en plein essor. Dans les rues enneigées de Riga, une centaine de supporters a déjà fait le déplacement pour les encourager, en attendant le soutien de millions de téléspectateurs devant La Chaîne L'Équipe. « Notre objectif, c’est aussi de donner aux gens l’envie d’aimer ce sport », conclut Mouhoudine. En entrant dans l'arène ce mercredi, l'équipe de France ne joue pas seulement pour un trophée, mais pour ancrer définitivement le futsal dans le cœur des Français.

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