Difficile victoire pour les bleus face à la Hongrie

Nico Par Nico

Publié le

Dans l’atmosphère étouffante de l’Arena Savaria, à Szombathely, l’équipe de France a arraché une victoire précieuse et laborieuse face à la Hongrie (74-71), vendredi soir, dans le cadre des éliminatoires de la coupe du monde 2027. Un succès obtenu au bout du suspense, grâce à un tir décisif de Sylvain Francisco à deux secondes de la sirène, symbole d’une soirée aussi tendue qu’imprévisible.

Une fin de match irrespirable

Alors que les Bleus pensaient avoir fait le plus dur, les Hongrois, 47es au classement FIBA, ont recollé au score à coups de tirs improbables. Entre un ballon contré retombant miraculeusement dans les mains adverses et converti à neuf mètres avec la planche, et un tir en déséquilibre à trois points signé Zsombor Maronka malgré la défense d’Yves Pons, tout semblait sourire aux locaux.

À 71-71, la rencontre pouvait basculer d’un côté comme de l’autre. Mais les Français ont gardé leur sang-froid sur la dernière possession. Francisco a pris ses responsabilités pour inscrire le panier de la victoire, déclenchant l’explosion de joie de ses coéquipiers, restés longuement sur le parquet pour célébrer ce succès arraché de haute lutte.

Le piège des fenêtres internationales

Ce scénario rocambolesque illustre parfaitement les pièges des « fenêtres » internationales, instaurées par la FIBA en 2017. Ces périodes de qualification, disputées en pleine saison, privent les grandes nations de leurs joueurs NBA et Euroligue, rarement libérés par leurs clubs.

Vice-champions olympiques en 2021 et 2024, capables de rivaliser avec la Team USA lors des grands rendez-vous, les Bleus se retrouvent ainsi avec des effectifs remaniés, face à des équipes plus stables et habituées à jouer ensemble.

« C’était un match typique de fenêtre », reconnaissait Frédéric Fauthoux à l’issue de la rencontre. « Il n’y a jamais un match facile. On voit une équipe hiérarchisée face à une équipe expérimentale. Avec notre défense, on aurait dû gagner plus facilement. »

Un contenu inquiétant par séquences

Dans une enceinte vieillissante, loin des standards internationaux, la prestation française a parfois laissé à désirer. Le premier quart-temps a été particulièrement brouillon : manque d’intensité défensive, approximations offensives et sept balles perdues en dix minutes (18 au total).

Si Amine Noua (15 points, 6 rebonds), Amath Mbaye (13 points) ou encore Petr Cornelie ont tenté d’insuffler de l’énergie, la copie d’ensemble est restée irrégulière. « Les fenêtres, ce n’est pas pour le beau jeu. C’est intensité, défense, contact », glissait un observateur averti à la sortie de la salle.

Une victoire qui compte

Malgré les imperfections, ce succès pourrait peser lourd dans la course à la qualification. La Finlande, leader du groupe, s’était inclinée sur ce même parquet. Une défaite en Hongrie aurait placé les Français dans une position inconfortable à mi-parcours.

Les précédents existent : revers en Bulgarie en 2018, en Bosnie en 2022, ou encore en Finlande récemment. Jusqu’ici, la France a toujours su éviter la catastrophe. Mais l’exemple de la Slovénie, championne d’Europe 2017 privée de Luka Doncic lors des fenêtres et absente du Mondial 2019, rappelle que nul n’est à l’abri.

Après cette escale hongroise, les Bleus respirent un peu mieux. Un succès dimanche au Mans, combiné à une victoire finlandaise, les propulserait déjà vers la deuxième phase des qualifications. En attendant, ils retiendront surtout la froide lucidité de Sylvain Francisco et ce tir libérateur, venu sauver une soirée qui aurait pu tourner au cauchemar.

Actualités en rapport