GP du Canada 2026 : l'heure de vérité des pilotes français

GP du Canada 2026 : l'heure de vérité des pilotes français

Lenny Par Lenny

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À peine le tumulte de Miami retombé, la Formule 1 débarque sur l'île Notre-Dame pour le Grand Prix du Canada 2026, cinquième manche d'une saison à rebondissements, où le redoutable tracé Gilles-Villeneuve s'apprête à dicter sa loi aux pilotes tricolores en quête de rachat.

Le tracé de Montréal et le piège du format Sprint

Installé au cœur du fleuve Saint-Laurent, le Circuit Gilles-Villeneuve reste l’un des rendez-vous les plus exigeants de l’année. Rapide, étroit et brutal, ce tracé ne pardonne rien avec ses gros freinages, ses vibreurs agressifs et son mythique "Mur des Champions" à la sortie de la dernière chicane. Pour corser le tout, Montréal accueille ce week-end le troisième format Sprint de la saison 2026. Les équipes ne disposeront que d’une unique séance d’essais libres le vendredi pour régler des monoplaces rétives avant les qualifications. La météo changeante de Montréal pourrait également s'en mêler et transformer la trajectoire en véritable patinoire, rappelant les scénarios dantesques de l'histoire du circuit.

La hiérarchie 2026 sous tension technique

Le début de championnat commence à dessiner des rapports de force très nets dans cette saison qui comptera 22 épreuves. Mercedes affiche une forme insolente grâce à Kimi Antonelli, impressionnant leader qui vient de signer sa troisième victoire à Miami. Face à cette domination des Flèches d'Argent, Red Bull réagit grâce à ses évolutions techniques pour maintenir Max Verstappen au contact, tandis que Ferrari s'inquiète légitimement d'un déficit moteur persistant. Les coulisses du paddock seront d'ailleurs brûlantes puisque la FIA doit rendre après ce week-end son verdict sur le système d'aides moteur ADUO, une décision technique capitale qui pourrait rebattre les cartes entre les trois top teams.

Pierre Gasly et Alpine à l'assaut des points

Pour Pierre Gasly, ce rendez-vous canadien doit marquer le retour de sa marche en avant. Solide depuis le début de l'année avec 16 points au compteur et une 9e place au championnat, le Normand reste sur une grosse frustration après son abandon forcé à Miami, consécutif à un accrochage spectaculaire avec Liam Lawson. « Mon week-end à Miami s'est conclu de manière décevante. Ce n'est jamais comme cela que l'on souhaite terminer un Grand Prix et, fort heureusement, je vais bien grâce au niveau de sécurité offert par la Formule 1. Je suis frustré de louper ces points, ce n'était pas notre journée » , a regretté le pilote normand au micro de Canal+.

Après avoir rechargé les batteries en France en pilotant la Renault RS10 de 1979 au GP Historique du Castellet et en effectuant des tests Pirelli à Magny-Cours, le pilote Alpine arrive à Montréal avec de grandes ambitions. Historiquement, le circuit lui réussit bien : il est le dernier coéquipier en date à avoir devancé Max Verstappen en qualifications à Montréal, à l'époque où il courait pour Red Bull en 2019. Un exploit rare qu'il compte bien utiliser comme source d'inspiration pour porter l'écurie Alpine face à la menace Red Bull et Ferrari. « Je ne me sentais pas totalement à l'aise à Miami et nous avons pris le temps d'essayer de comprendre pourquoi. Je pense que nous avons des réponses et quelques pistes à explorer au Canada. L'objectif est de poursuivre notre dynamique et de marquer un maximum de points lors du Sprint et du Grand Prix » , confie-t-il avec détermination.

Esteban Ocon sous pression et en quête de déclic chez Haas

La situation est beaucoup plus délicate de l'autre côté du clan français. Avec un seul petit point inscrit en quatre courses contre 17 pour son équipier Oliver Bearman, Esteban Ocon vit un début de saison difficile au 16e rang mondial. Ses performances en deçà des attentes ont alimenté de vives rumeurs de remplacement en cours d'année, qualifiées d'infondées par son entourage, alors même que son contrat prend fin en décembre. Classé 13e à Miami, le Normand a profité de la pause pour travailler intensément au simulateur afin de corriger le tir. Tous ses espoirs reposent désormais sur le package d'évolutions apporté par Haas ce week-end. Ocon espère que ces nouveautés aérodynamiques offriront le déclic nécessaire pour débloquer son compteur sur un circuit qui ne tolère aucun excès d'optimisme. « C'était agréable d'avoir quelques semaines après Miami pour faire le point et se préparer en vue du Grand Prix du Canada. Nous avons beaucoup travaillé à l'entraînement et au simulateur avec l'équipe, donc j'ai hâte de reprendre le volant. Nous avons également une évolution prévue sur la voiture ce week-end et nous espérons qu'elle fonctionnera immédiatement, d'autant plus qu'il s'agit encore d'un week-end Sprint » , explique le numéro 31.

Le défi immense d'Isack Hadjar chez Red Bull

Le troisième Tricolore de la grille vit lui aussi une phase d'apprentissage intense. Isack Hadjar arrive au Canada habité par un profond sentiment de frustration après son erreur de pilotage à Miami, où il a détruit sa monoplace et jeté de précieux points à la poubelle alors qu'il affichait un rythme impressionnant. « Je suis fâché parce qu'il y avait du rythme. Ça remontait tellement facilement, je jette des points à la poubelle bêtement » , s'est agacé le jeune rookie au micro de Canal+. « Je suis très frustré, et en plus j'ai fait mal à la voiture, ça compte aussi. Tout le week-end j'étais à la limite et j'étais à l'aise avec cette limite, et là ça ne l'a pas fait. Je n'ai pas été assez précis, j'ai pris trop de risques sur une course qui fait 57 tours. Je n'ai pas été très intelligent. »

Conscient d'avoir manqué de lucidité en Floride, le jeune talent de chez Red Bull sait qu'il doit élever son niveau de précision à Montréal. La tâche s'annonce herculéenne s'il veut rééditer l'exploit de Melbourne et tenter de bousculer la hiérarchie interne face à Max Verstappen, sur un tracé canadien réputé pour être impitoyable avec les débutants.

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