Une équipe de France déterminée à l'aube du championnat d'Europe

Nico Par Nico

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Après la désillusion des Jeux olympiques de Paris 2024, l’équipe de France féminine de judo aborde une nouvelle étape de son histoire. À l’aube des Championnats d’Europe organisés à Tbilissi, les Bleues semblent avoir retrouvé sérénité et ambition, bien décidées à renouer avec leur statut de référence continentale.

Une génération toujours ambitieuse

Le ton est donné par Shirine Boukli, médaillée de bronze olympique en -48 kg : l’objectif est clair, aller chercher un nouveau titre européen. Déjà quadruple championne d’Europe, elle vise une cinquième couronne en autant de participations.

Même ambition du côté de Romane Dicko, championne du monde 2022 en +78 kg, qui rêve d’un parcours parfait et d’un record national. Une dynamique que partage également Amandine Buchard, double médaillée olympique, qui aborde la compétition avec une sérénité nouvelle après une carrière parfois marquée par des hauts et des bas.

Le souvenir amer des Jeux de Paris

Cette volonté de briller s’inscrit dans un contexte particulier. Aux Jeux olympiques de 2024, les attentes étaient immenses. Pourtant, malgré sept catégories engagées, aucune judokate française n’avait atteint la finale. Le bilan s’était limité à cinq médailles de bronze, un résultat honorable mais insuffisant pour une nation habituée à l’or.

L’émotion avait été particulièrement forte pour Romane Dicko, en larmes après sa troisième place, consciente d’avoir laissé passer une opportunité majeure. La pression, y compris institutionnelle, avait pesé lourd sur les épaules des athlètes.

Une refonte en profondeur du staff

Dans la foulée, la Fédération française a engagé une profonde restructuration. Christophe Massina a quitté ses fonctions après deux décennies à la tête de l’équipe féminine, tandis que Séverine Vandenhende a été écartée.

Pour impulser un nouveau cycle, Frédérique Jossinet a été nommée manager générale. Elle a rapidement mis en place un nouveau staff, avec notamment Lucie Décosse, championne olympique 2012, à la tête des Bleues.

Autour d’elle, Kilian Le Blouch et la Britannique Jane Bridge ont rejoint l’encadrement. Une nouvelle organisation pensée pour redonner « un souffle » et recréer une dynamique collective.

Une transition délicate pour les athlètes

Ces changements n’ont pas été sans conséquences. Certaines judokates, très attachées à leurs anciens entraîneurs, ont dû s’adapter rapidement à ce nouvel environnement.

Romane Dicko, notamment, a été marquée par le départ de Séverine Vandenhende, avec qui elle entretenait une relation forte. Même constat pour Amandine Buchard, qui a évoqué une transition « brutale » après des années passées avec le même staff.

Mais progressivement, un nouvel équilibre s’est installé. Les liens entre l’INSEP et les clubs ont été renforcés, et les athlètes semblent aujourd’hui plus apaisées, prêtes à avancer ensemble.

Une étape clé vers Los Angeles 2028

Ces Championnats d’Europe constituent bien plus qu’un simple rendez-vous continental. Ils marquent le début d’un nouveau cycle olympique, avec en ligne de mire les Jeux olympiques d'été de 2028.

Dès cet été, la course aux qualifications débutera, notamment avec le Grand Chelem de Mongolie, avant les Championnats du monde en Azerbaïdjan à l’automne. Autant d’étapes cruciales pour construire une dynamique durable.

Des objectifs élevés assumés

Fidèle à la tradition du judo français, l’ambition reste élevée. Le président Stéphane Nomis affiche clairement la couleur : viser plusieurs titres européens et confirmer la place de la France parmi les meilleures nations.

Un objectif assumé par Lucie Décosse, qui connaît bien l’exigence du haut niveau. Ancienne championne, elle incarne aujourd’hui cette culture de la performance qu’elle souhaite transmettre à la nouvelle génération.

Retrouver l’or, une nécessité

Pour les Bleues, l’enjeu est simple : transformer leur potentiel en titres. Après les frustrations de Paris, l’heure est à la reconquête.

À Tbilissi, il ne s’agira pas seulement de gagner des médailles, mais de retrouver une identité, une confiance et une ambition collective. Car dans le judo français, une chose ne change pas : l’exigence de viser toujours plus haut.

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