Madeleine Malonga chute en finale à Sarajevo

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Après près de deux années loin des compétitions internationales, Madeleine Malonga a effectué un retour remarqué sur les tatamis ce samedi lors de l’European Cup de Sarajevo. La vice-championne olympique des Jeux de Tokyo en 2021 a atteint la finale du tournoi dans la catégorie des moins de 78 kg, confirmant que son talent et son expérience restent intacts malgré une longue période d’inactivité.
Battue en finale par la jeune Turque Tuana Gulenay, 18 ans, à l’issue d’un combat disputé conclu aux pénalités après plus de trois minutes de golden score, la Française repart néanmoins de Bosnie avec des motifs de satisfaction. Cette médaille d’argent constitue une étape importante dans sa reconstruction sportive, six mois seulement après la naissance de son premier enfant.
Une reprise très attendue
Pour Madeleine Malonga, cette compétition représentait bien davantage qu’un simple tournoi de reprise. Depuis sa dernière apparition sur les tatamis internationaux lors des Jeux olympiques de Paris 2024, où elle n’était pas parvenue à se classer dans sa catégorie, la judokate française avait choisi de prendre du recul.
Cette parenthèse sportive a été marquée par un événement majeur dans sa vie personnelle : la naissance de sa fille Léonie, le 7 décembre dernier. Six mois plus tard, la championne du monde 2019 retrouvait la compétition avec l’objectif de reprendre progressivement ses repères et d’évaluer son niveau face à la concurrence internationale.
À Sarajevo, sur le circuit secondaire européen, la Française a rapidement démontré qu’elle n’avait rien perdu de son sens du combat.
Une entrée en matière expéditive
Dès les huitièmes de finale, Madeleine Malonga a envoyé un signal fort. Opposée à la jeune Croate Jana Ljubicic, âgée de seulement 20 ans, la Française n’a eu besoin que de 41 secondes pour s’imposer par immobilisation.
Une démonstration de maîtrise qui a rappelé les grandes heures de celle qui fut l’une des références mondiales de sa catégorie.
Son quart de finale a suivi un scénario similaire. Face à une autre Croate, Nika Jakus, 21 ans, Malonga a imposé son expérience et sa puissance. Après un peu plus de deux minutes de combat, elle obtenait une nouvelle victoire par immobilisation, validant ainsi son billet pour le dernier carré.
L’expérience au service de la performance
En demi-finales, le niveau d’opposition s’est élevé face à la Bosnienne Johanna Elisabeth Klinger, 18 ans. Cette fois, la Française a dû faire preuve de davantage de patience.
Sous les conseils de Cédric Revol, médaillé de bronze aux Championnats d’Europe 2024 et présent dans le rôle de coach, Malonga a construit son combat avec intelligence. Sans se précipiter, elle a progressivement pris l’ascendant avant de trouver l’ouverture décisive après 2 minutes et 38 secondes d’affrontement.
Cette victoire lui permettait d’accéder à sa première finale depuis son retour à la compétition et de mesurer son état de forme face à une adversaire ambitieuse et décomplexée.
Une finale disputée jusqu’au golden score
Pour conclure sa journée, Madeleine Malonga retrouvait la jeune Turque Tuana Gulenay, l’une des révélations de la compétition malgré ses 18 ans.
Le combat s’est révélé particulièrement équilibré. La Française a longtemps résisté aux offensives de son adversaire avant que les deux combattantes ne soient départagées lors du golden score, la prolongation qui intervient lorsque le temps réglementaire ne suffit pas à désigner une vainqueure.
Au fil des minutes, la fatigue est devenue plus visible chez la Française. Après trois minutes supplémentaires d’efforts intenses, elle a finalement été sanctionnée aux pénalités, offrant la victoire à la Turque par hansoku-make.
Une défaite qui ne ternit toutefois pas la qualité de son parcours.
Un retour encourageant pour l’avenir
Au-delà du résultat brut, cette médaille d’argent constitue une excellente nouvelle pour le judo français. Après une interruption de près de deux ans, un retour à la compétition est toujours un exercice délicat, particulièrement pour une athlète qui a dû concilier préparation sportive et maternité.
Tout au long de la journée, Madeleine Malonga a démontré qu’elle conservait les qualités qui ont fait d’elle l’une des meilleures judokates mondiales de sa génération : puissance, maîtrise tactique, sens du combat et capacité à gérer les moments clés.
Si la finale a laissé apparaître un léger déficit physique, celui-ci apparaît parfaitement logique compte tenu du contexte et du manque de rythme accumulé ces derniers mois.
À 32 ans, la vice-championne olympique de Tokyo semble donc avoir réussi sa rentrée. Cette performance à Sarajevo pourrait constituer le premier jalon d’un retour plus ambitieux sur la scène internationale.
Pour Madeleine Malonga, l’essentiel n’était sans doute pas de gagner immédiatement, mais de retrouver des sensations et de renouer avec la compétition. Mission accomplie. Et au vu de ce qu’elle a montré en Bosnie-Herzégovine, le judo français peut envisager la suite avec optimisme.
Par Nico
