Lou Jeanmonnot pour chasser les doutes et finir en beauté

Lou Jeanmonnot pour chasser les doutes et finir en beauté

Nico Par Nico

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À l’approche du dénouement de la saison de Coupe du monde de biathlon, une question domine : Lou Jeanmonnot va-t-elle enfin décrocher le prestigieux gros globe de cristal ? En position idéale avant l’étape finale à Oslo, la Française peut conclure dès ce jeudi une saison aussi intense qu’exceptionnelle.

Les dossards des Françaises pour le Sprint d’Oslo

#2 Chauveau 🇫🇷
#43 Galmace Paulin 🇫🇷
#44 Bened 🇫🇷
#46 🟡🔴 Jeanmonnot 🇫🇷
#48 Simon 🇫🇷
#50 Braisaz-Bouchet 🇫🇷
#64 Michelon 🇫🇷
#88 Mengin 🇫🇷

— Biathlon_FRA🎿 (@Biathlon_FRA) March 18, 2026

Une avance confortable… mais pas encore décisive

Leader du classement général avec 201 points d’avance sur la Finlandaise Suvi Minkkinen, Lou Jeanmonnot aborde le sprint d’Oslo avec une marge conséquente. Alors qu’il ne reste que 270 points à distribuer sur les trois dernières courses, les scénarios en faveur de la Française sont nombreux.

Une place sur le podium, ou simplement une performance supérieure à celle de sa rivale directe, pourrait suffire à sceller définitivement le classement général. Sur le papier, la mission semble largement à sa portée. Mais à ce niveau de compétition, rien n’est jamais acquis.

Une saison éprouvante physiquement et mentalement

À 27 ans, Jeanmonnot arrive au bout d’un exercice particulièrement exigeant. Entre les étapes de Coupe du monde et la parenthèse olympique à Anterselva, la fatigue s’est accumulée sur l’ensemble du circuit.

La Française, qui évolue avec le dossard jaune de leader depuis plusieurs semaines, a dû gérer une pression constante. Si ce symbole de domination est une récompense, il représente aussi un poids psychologique non négligeable.

Après les Jeux olympiques, où elle a récolté quatre médailles mais sans titre individuel, une baisse de régime s’est fait sentir. À Nove Mesto, puis plus récemment à Otepää, ses performances ont oscillé, laissant apparaître une certaine gestion de l’effort.

Retrouver l’envie pour conclure

Malgré la fatigue, Jeanmonnot semble avoir retrouvé l’essentiel : l’envie de performer. Troisième du sprint d’Otepää, elle évoquait récemment un travail mental pour aborder cette fin de saison avec davantage de fraîcheur.

Son entraîneur, Cyril Burdet, insiste sur cet aspect fondamental : avant même les résultats, c’est l’état d’esprit qui conditionne la réussite. Une approche qui semble porter ses fruits au moment le plus crucial.

Le rêve du gros globe, une obsession assumée

Depuis le début de sa carrière, Lou Jeanmonnot ne cache pas son attachement au classement général. Contrairement aux titres olympiques, qu’elle considère comme des “one-shot”, le gros globe récompense la régularité et la constance sur toute une saison.

Après avoir terminé deuxième en 2024 puis en 2025 — notamment après une chute cruelle lors de la finale à Oslo — la Française a construit sa progression sur ces échecs. Chaque désillusion a nourri son expérience, renforçant sa solidité technique et mentale.

Son passage réussi au Le Grand-Bornand cette saison, où elle a brillé devant le public français, a marqué un tournant. Longtemps en difficulté sur cette étape, elle y a cette fois confirmé son nouveau statut de leader.

Une domination réelle mais fragile

Si Jeanmonnot a survolé une grande partie de la saison, la fin de parcours rappelle que rien n’est simple. Comme le souligne son staff, elle se construit parfois “dans la peur”, une tension qui peut influencer sa précision au tir.

Cette lucidité face à la pression est à double tranchant : elle nourrit son exigence, mais peut aussi devenir un frein. La biathlète elle-même reconnaît le danger d’un éventuel échec, d’autant plus difficile à accepter que le titre semble à portée de main.

Un rendez-vous avec l’histoire

Si elle valide son avance dès le sprint d’Oslo, Lou Jeanmonnot deviendra la cinquième Française de l’histoire à remporter le gros globe de cristal, après Anne Briand, Emmanuelle Claret, Sandrine Bailly et Julia Simon.

Un accomplissement majeur qui viendrait récompenser des années de travail et une saison d’une rare intensité.

Les scénarios possibles dès le sprint

Plusieurs cas de figure peuvent offrir le titre à Jeanmonnot dès ce jeudi :

  • Une victoire ou une deuxième place ;
  • Une position devant Suvi Minkkinen, quel que soit le classement ;
  • Une limitation de l’écart à moins de 21 points sur la course.

Autant dire que la Française a toutes les cartes en main.

Une dernière ligne droite sous tension

Malgré son avance, Lou Jeanmonnot devra transformer l’essai sur la piste norvégienne. Dans un sport aussi exigeant que le biathlon, où chaque balle peut faire basculer une course, la moindre erreur peut coûter cher.

Mais si elle parvient à gérer la pression et à retrouver sa fluidité, la Française est en position idéale pour conclure en beauté et inscrire définitivement son nom au sommet du biathlon mondial.

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