Le match Norvège-France menacé par la sécurité?

Nico Par Nico

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À moins de trois mois du coup d’envoi de la Coupe du monde de football 2026, un bras de fer inattendu secoue l’organisation aux États-Unis. La municipalité de Foxborough, dans le Massachusetts, menace de bloquer les sept rencontres programmées au Gillette Stadium, dont le match Norvège–France prévu le 26 juin.

Un différend financier majeur

Au cœur du conflit : les coûts de sécurité jugés exorbitants par la ville. Selon des informations révélées par Bloomberg, Foxborough refuse d’assumer les 7,8 millions de dollars nécessaires pour couvrir les dépenses de police et de sécurité publique autour du stade pendant la compétition, programmée du 11 juin au 19 juillet.

« Ce n’est pas la responsabilité de la ville », a affirmé Bill Yukna, président du conseil municipal, soulignant le déséquilibre entre les moyens d’une commune de 18 000 habitants et l’ampleur logistique d’un événement planétaire.

Située à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Boston, Foxborough accueille habituellement les matches des New England Patriots, franchise emblématique de NFL. Mais l’organisation d’une Coupe du monde dépasse largement le cadre d’une saison de football américain.

Une menace concrète sur les rencontres

La ville dispose d’un levier majeur : elle peut refuser d’accorder la licence municipale indispensable à la tenue d’un match professionnel. Sans cet accord, impossible pour la FIFA d’organiser les rencontres prévues dans l’enceinte.

Pour montrer sa détermination, la municipalité a fixé une date limite au 17 mars afin de trouver un compromis, que ce soit avec les propriétaires du stade — le groupe Kraft —, la FIFA ou le comité d’organisation. Passé ce délai, les autorités locales estiment qu’il sera matériellement impossible de déployer les infrastructures de sécurité nécessaires avant le début du tournoi.

Une pression politique en toile de fond

Le dossier a pris une dimension politique à l’automne dernier. Le président américain Donald Trump, réputé proche du président de la FIFA Gianni Infantino, avait averti que l’État du Massachusetts pourrait perdre l’organisation de ses sept matches si les préparatifs n’étaient pas jugés satisfaisants.

Aujourd’hui, cette hypothèse n’a rien de théorique. Un retrait des rencontres de Foxborough obligerait la FIFA à redistribuer ces affiches à d’autres villes hôtes, à quelques mois seulement du tournoi.

Les Bleus dans l’incertitude

Parmi les rencontres concernées figure notamment Norvège–France, un match de phase de groupes très attendu. Les Bleus, qui doivent déjà effectuer un passage dans la région pour un match amical fin mars, pourraient voir leur programme bouleversé en cas de déménagement.

À ce stade, les discussions se poursuivent en coulisses. Mais l’épisode illustre les tensions que peut générer l’organisation d’un événement mondial, même dans un pays rompu aux grandes manifestations sportives.

À Foxborough, l’ultimatum est lancé. Reste à savoir si un accord sera trouvé avant le 17 mars… ou si la Coupe du monde devra revoir sa carte américaine.

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