Les Bleus entre ambition et reconstruction

Lenny Par Lenny

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L’équipe de France masculine lance son EuroVolley 2026 ce jeudi à 10 septembre 16 heures face à la Suisse, à Cluj-Napoca. Après un été consacré au renouvellement du groupe, les doubles champions olympiques veulent réussir leur entrée dans une compétition dont le vainqueur décrochera son billet pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028.

Les Bleus veulent démarrer fort face à la Suisse

Six jours après avoir fait vibrer l’Adidas Arena en dominant le Brésil 3-0 devant leur public, les Français changent complètement de décor. Pour leur entrée dans l’EuroVolley 2026, les hommes d’Andrea Giani retrouvent la BT Arena de Cluj-Napoca, en Roumanie, face à la Suisse. Sur le papier, l’affiche semble largement à la portée des Tricolores. La Suisse occupe le 28e rang mondial et ne participe qu’à son troisième Championnat d’Europe, après 1971 et 2023. Les deux nations ne se sont d’ailleurs jamais affrontées dans cette compétition. Mais les Bleus refusent de prendre cette rencontre à la légère. « Si tu les laisses jouer, ils peuvent vite prendre confiance », prévient Paolo Perrone, statisticien de l’équipe de France. Le staff tricolore entend donc imposer immédiatement son rythme, notamment au service et au bloc. L’objectif est simple : lancer cette poule D par une victoire, si possible en trois sets, afin d’emmagasiner confiance et énergie avant les rendez-vous plus relevés.

Une poule à la portée de l’équipe de France

Après la Suisse, les Français devront rapidement monter en puissance. La Turquie, dixième nation mondiale, sera leur deuxième adversaire, avant la Lettonie, l’Allemagne puis la Roumanie, pays hôte. La Turquie et l’Allemagne auront une saveur particulière pour les Bleus. Les deux sélections ont en effet battu la France cette saison en Volleyball Nations League. À 21 ans, Mathis Henno ne cache donc pas l’envie de prendre sa revanche. « On a deux revanches à prendre », estime le jeune réceptionneur-attaquant, qui veut désormais voir la nouvelle génération française confirmer son potentiel sur la scène européenne. Pour Andrea Giani, la priorité est également claire : « Notre premier objectif, c’est de terminer premiers ou deuxièmes de la poule. » Une ambition qui permettrait aux Français d’aborder la phase à élimination directe dans les meilleures conditions.

Un EuroVolley important pour les Jeux olympiques

Au-delà du titre continental, l’enjeu est immense. Le vainqueur de cet EuroVolley 2026 obtiendra son billet pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. La France, quatrième de l’EuroVolley 2023 remporté par la Pologne, figure parmi les prétendants, même si Andrea Giani refuse de désigner un favori incontestable. « Il y a six ou sept équipes qui peuvent prendre cette première place, la bataille est très ouverte », estime le sélectionneur. La Pologne, tenante du titre, et l’Italie apparaissent notamment comme deux des principales références du tournoi. Les Bleus, eux, savent qu’ils devront encore franchir un cap. « On n’est pas loin du très haut niveau », assure Giani, qui attend de ses joueurs qu’ils réduisent l’écart avec les meilleures nations européennes par davantage d’engagement et de constance.

Une équipe de France en pleine reconstruction

Cette compétition intervient dans un contexte particulier pour le volley français. Plusieurs cadres historiques ont choisi de souffler cette saison après de nombreuses années passées sous le maillot tricolore. Earvin Ngapeth, Jenia Grebennikov, Nicolas Le Goff, Barthélémy Chinenyeze, Jean Patry et Yacine Louati ne figurent ainsi pas dans le groupe retenu pour cette campagne européenne. La France doit donc écrire une nouvelle page de son histoire avec un groupe profondément renouvelé. Promu capitaine, Antoine Brizard mesure l’ampleur du défi. Le passeur français rappelle qu’il faut du temps pour remplacer des joueurs aussi expérimentés que Ngapeth, Grebennikov ou Patry par de jeunes champions issus des sélections de jeunes. Mais il estime également que l’équipe progresse et que cet EuroVolley doit servir de nouvelle étape dans sa construction. L’identité de jeu reste néanmoins bien présente. Défense, réception, intelligence offensive et capacité à prolonger les échanges demeurent les fondations du volley français.

Brizard et les Bleus veulent progresser match après match

Antoine Brizard préfère d’ailleurs rester prudent concernant les ambitions françaises. Le capitaine sait que les scénarios imaginés avant une compétition sont rarement ceux qui se réalisent sur le terrain. La priorité sera donc de sortir de la poule avec le meilleur classement possible avant de découvrir les premiers matches à élimination directe de la saison. Cette approche traduit aussi la volonté de construire sur le long terme. Après un début d’été compliqué, marqué par six défaites en douze rencontres de Volleyball Nations League et une dixième place qui avait privé les Français de Final 8, le groupe a progressivement trouvé ses automatismes. La préparation de l’EuroVolley a confirmé cette progression. Les Bleus ont remporté quatre de leurs cinq matches amicaux, avec notamment une victoire éclatante contre le Brésil à Paris. De quoi nourrir les ambitions de Mathis Henno, convaincu que la France possède les armes nécessaires pour aller loin et décrocher, pourquoi pas, sa qualification olympique.

La constance, clé du parcours français

Pour Antoine Brizard, l’un des principaux axes de progression concerne le side-out, cette phase qui suit la réception adverse. La capacité à rester performant dans ce secteur sera déterminante face aux meilleures équipes. Même constat pour le jeune central Simon Magnin. Selon lui, ce qui sépare encore les Français des grandes favorites comme l’Italie ou la Pologne n’est pas nécessairement le niveau maximal affiché, mais la capacité à maintenir un niveau élevé lorsque le jeu devient plus difficile. C’est précisément cette régularité que les Bleus devront trouver au fil du tournoi. Le match contre la Suisse constituera donc un premier test. Plus qu’une simple entrée en matière face à une sélection moins bien classée, cette rencontre doit permettre à la nouvelle équipe de France de mesurer les progrès accomplis depuis le début de l’été.

Le programme des Bleus

La France disputera ses cinq matches du premier tour à Cluj-Napoca, dans le groupe D. Les Tricolores débuteront jeudi 10 septembre à 16 heures contre la Suisse, avant d’affronter la Turquie samedi 12 septembre à 16 heures. Les Français joueront ensuite contre la Lettonie dimanche 13 septembre à 19 heures, puis retrouveront l’Allemagne mardi 15 septembre à 19 heures. Enfin, ils termineront la phase de groupes mercredi 16 septembre à 19 heures face à la Roumanie. Les quatre premiers de chaque groupe accéderont aux huitièmes de finale, programmés les 19, 20 et 21 septembre. Les quarts auront lieu les 22 et 23 septembre, avant les demi-finales le 25 septembre et les finales le 26 septembre. Pour les Bleus, le rendez-vous est donc lancé. Avec une génération renouvelée, des ambitions intactes et un billet olympique en jeu, l’EuroVolley 2026 doit désormais permettre à la France de confirmer qu’elle reste une nation majeure du volley européen.

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