Amandine Giardino: une capitaine déçue et inquiète pour la suite
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L'équipe de France féminine a quitté l'Euro dès les huitièmes de finale après une lourde défaite face à la Grèce (0-3), dimanche. Plus que l'élimination, c'est la manière qui inquiète Amandine Giardino. La capitaine des Bleues regrette une équipe méconnaissable par rapport à celle aperçue lors de la première phase et craint un retour en arrière après plusieurs années de progression.
Une élimination peut faire mal. La manière dont elle survient peut faire encore plus mal.
C'est le sentiment qui dominait chez Amandine Giardino après la défaite de l'équipe de France féminine face à la Grèce en huitièmes de finale de l'Euro.
Battues sèchement trois sets à zéro, les Françaises n'ont jamais réellement semblé en mesure de renverser une équipe grecque beaucoup plus agressive et libérée.
Pour la capitaine tricolore, difficile de trouver des motifs de satisfaction.
« Ça fait mal », reconnaissait-elle après la rencontre.
« On a subi d'entrée »
La France arrivait pourtant dans ce huitième de finale avec de réelles ambitions après avoir montré des choses intéressantes lors de la première phase.
Mais dès les premiers échanges, le rapport de force s'est installé en faveur des Grecques.
« On a subi d'entrée. Les Grecques ont mis de l'agressivité dès le début et n'ont rien lâché »« On a subi d'entrée. Les Grecques ont mis de l'agressivité dès le début et n'ont rien lâché »« On a subi d'entrée. Les Grecques ont mis de l'agressivité dès le début et n'ont rien lâché », analysait Giardino.
Les Françaises ont au contraire donné l'impression de jouer avec le frein à main.
La capitaine des Bleues reconnaît notamment que son équipe a « retenu ses coups », incapable de mettre suffisamment de pression sur son adversaire.
Et face à une formation grecque particulièrement efficace au service et en réception, la sanction a été immédiate.
Aucun secteur de jeu au niveau
Le problème ne s'est pas limité à un domaine précis.
C'est justement ce qui inquiète le plus Amandine Giardino.
« Chez nous, aucun secteur n'a performé », résume-t-elle.
La qualité du service grec a notamment empêché les Françaises de construire leur jeu comme elles le souhaitaient.
La réception a souffert et les Bleues n'ont pas suffisamment réussi à faire la différence sur les balles hautes.
À l'inverse, la Grèce affichait plus de 50 % de réussite en réception et continuait à servir avec énormément d'agressivité.
Les Françaises se sont progressivement retrouvées enfermées dans une situation dont elles ne sont jamais parvenues à sortir.
La pression du favori a-t-elle paralysé les Bleues ?
Giardino avance également une autre explication.
La différence d'approche mentale entre les deux équipes.
La Grèce abordait ce huitième de finale avec le statut d'outsider. Une position qui lui a permis de jouer libérée, sans véritable pression.
Pour les Françaises, la situation était différente.
« Peut-être qu'à l'inverse, on s'est mises la pression en se disant qu'on était censé gagner sur le papier », reconnaît la capitaine.
Cette obligation de résultat a peut-être pesé sur les épaules tricolores.
Alors que la Grèce attaquait chaque ballon avec conviction, la France semblait hésiter, jouer avec retenue et attendre un déclic qui n'est jamais véritablement arrivé.
Une révolte qui n'est jamais venue
Le scénario aurait pu changer après la perte du premier set.
Il n'en a rien été.
Même lorsque les Françaises ont tenté de réagir dans la deuxième manche, elles ont trouvé en face une équipe grecque en pleine confiance.
« Même si on a de la bonne volonté, elles touchaient tout, scoraient même du sol », raconte Giardino.
Tout semblait alors réussir aux Grecques.
Mais la capitaine française refuse de réduire la défaite à la réussite adverse.
Les Bleues n'ont notamment pas respecté le système défensif qui avait été mis en place avant la rencontre.
Conséquence : elles se sont régulièrement retrouvées en retard sur les attaques grecques.
Une accumulation d'erreurs qui explique en partie les écarts importants constatés dans les différents sets.
« C'est surtout le visage montré qui fait mal »
C'est probablement la phrase qui résume le mieux la frustration de la capitaine française.
Plus que le résultat brut, Amandine Giardino ne reconnaissait pas l'équipe qui avait progressé au cours des dernières semaines.
« Au-delà de la défaite, c'est surtout le visage montré qui fait mal. Ce n'est pas celui qu'on montrait ces derniers temps. »
Une déclaration particulièrement forte.
Car l'équipe de France avait donné l'impression d'avoir corrigé certains de ses défauts au fil de l'été.
Face à la Grèce, ces problèmes sont brutalement réapparus.
Giardino estime même que les Bleues sont « retombées dans les travers du début d'été ».
Au pire moment possible.
Un été qui ressemble à un retour en arrière
Cette élimination prématurée vient conclure une campagne internationale particulièrement compliquée.
Après les progrès réalisés au cours des dernières saisons, l'objectif était de poursuivre cette dynamique et d'installer durablement la France parmi les nations capables de jouer un rôle important dans les grandes compétitions.
Le bilan de cet été est loin de répondre à ces ambitions.
« La Fédération attendait davantage, je suppose. On espérait aller encore de l'avant, mais j'ai l'impression qu'on retourne en arrière », reconnaît Giardino.
Une impression renforcée par les conséquences très concrètes de cette élimination en huitièmes de finale.
Les Bleues devront repasser par les qualifications
La France avait réussi ces dernières années à s'affranchir de certaines étapes qualificatives grâce à ses résultats.
Cette élimination va changer la donne.
« Perdre en huitièmes de finale de l'Euro, ça veut dire repasser par des phases de qualifications, ce qu'on ne faisait plus depuis cinq ans », rappelle la capitaine.
Une conséquence loin d'être anodine.
Le calendrier des Françaises va considérablement se charger avec plusieurs objectifs à gérer simultanément.
La saison prochaine, les Bleues devront notamment disputer la Ligue des nations (VNL), les qualifications pour l'Euro 2029 et la Coupe du monde.
Autant de rendez-vous qui obligeront l'équipe de France à rapidement retrouver une dynamique positive.
Une élimination qui doit servir d'avertissement
L'échec contre la Grèce dépasse donc largement le cadre d'un simple huitième de finale perdu.
Il vient interrompre une progression que les Françaises pensaient avoir installée depuis plusieurs saisons et remet l'équipe face à certaines difficultés qu'elle croyait avoir dépassées.
La priorité sera désormais de comprendre comment une équipe capable de montrer un visage séduisant lors de la première phase a pu autant déjouer au moment d'aborder un match à élimination directe.
La déception est immense, mais elle devra rapidement laisser place à l'analyse.
Car le prochain exercice s'annonce particulièrement chargé et la France ne pourra pas se permettre de reproduire ce type de prestation.
« Ça fait mal », répétait Amandine Giardino après l'élimination. Pas uniquement parce que l'Euro des Bleues s'est arrêté en huitièmes de finale, mais parce que cette défaite donne à la capitaine française le sentiment que son équipe a effacé en une soirée une partie des progrès accomplis ces dernières années.
Par Nico
