Pris par les crampes, Terence Atmane s'incline en cinq sets

Nico Par Nico

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Terence Atmane est passé tout près d'une qualification héroïque au premier tour de l'US Open. Alors qu'il menait deux manches à rien face à Jaume Munar, le Français a été victime de violentes crampes qui l'ont quasiment empêché de jouer pendant une partie de la rencontre. Revenu miraculeusement dans le combat, il a poussé l'Espagnol jusqu'au bout du cinquième set avant de finalement s'incliner après 4h54 d'un match complètement fou (7-6 [5], 6-3, 1-6, 6-7 [4], 5-7).

Il faudra certainement un peu de temps à Terence Atmane pour digérer celle-là.

Dimanche, sur le court n°13 de Flushing Meadows, le Français a vécu près de cinq heures totalement invraisemblables pour son entrée dans l'US Open. Pendant deux sets, il semblait parfaitement lancé vers le deuxième tour. Quelques minutes plus tard, il était pratiquement incapable de marcher. Et près de trois heures après l'apparition de ses premières crampes, il se battait encore pour tenter de remporter la rencontre.

Au bout de 4h54 de jeu, c'est finalement Jaume Munar, 55e mondial, qui est sorti vainqueur de ce combat hors norme : 6-7 [5], 3-6, 6-1, 7-6 [4], 7-5 du point de vue de l'Espagnol.

Munar retrouvera Arthur Rinderknech au deuxième tour, assurant ainsi la présence d'un Français ou de l'Espagnol au troisième tour.

Atmane prend les commandes

Avant que son corps ne le trahisse, Terence Atmane avait pourtant réalisé une excellente entame de match.

Face à un adversaire particulièrement difficile à manoeuvrer dans les échanges, le 92e mondial a parfaitement résisté dans une première manche très disputée.

Les deux joueurs ont dû passer par un jeu décisif et le Français s'est montré le plus solide au moment important, remportant le tie-break 7 points à 5.

Atmane a ensuite poursuivi sur sa lancée.

Plus entreprenant et capable de faire reculer Munar, il s'est adjugé le deuxième set 6-3.

Après deux manches, le scénario semblait idéal : le Français n'était plus qu'à un set du deuxième tour.

C'est alors que son corps a brutalement lâché.

Des crampes de la tête aux pieds

Dès le début de la troisième manche, les premiers signes inquiétants sont apparus.

Atmane s'est soudainement raidi après avoir ressenti une violente crampe à la jambe droite. Puis la gauche a commencé à le faire souffrir. Même les doigts de sa main gauche, celle avec laquelle il tient sa raquette, semblaient touchés.

En quelques instants, le Français est devenu presque incapable de se déplacer.

Il grimaçait, boitait et devait parfois rester complètement immobile entre deux points.

La scène rappelait forcément son match du mois d'avril au Masters 1000 de Madrid contre Ugo Humbert. Déjà victime d'importantes crampes, Atmane avait réussi ce jour-là à aller au bout de la rencontre et même à s'imposer.

À New York, la situation semblait encore plus préoccupante.

Un troisième set quasiment impossible à jouer

Pendant toute la troisième manche, il n'y a pratiquement plus eu de match.

Atmane était incapable de défendre normalement ses chances. Il pouvait difficilement courir et cherchait avant tout à rester sur le court en attendant une éventuelle amélioration physique.

La situation est devenue particulièrement étonnante lorsqu'il s'est mis à servir à la cuillère de la main droite, alors qu'il est gaucher, afin d'éviter de solliciter certains muscles.

Munar n'avait alors quasiment plus qu'à remettre la balle dans le court.

L'Espagnol a logiquement empoché cette troisième manche 6-1.

Atmane semblait alors condamné.

Mais ce match n'avait encore rien livré de son incroyable scénario.

Son entraîneur lui demande de gagner du temps

À la fin du troisième set, le Français a quitté le court et utilisé le temps maximum qui lui était permis afin de tenter de détendre ses muscles.

Son entraîneur à l'essai, Dorian Descloix, tentait alors de le rassurer et de lui expliquer qu'il pouvait encore trouver une solution.

L'objectif était simple : faire durer les échanges et les jeux autant que possible afin de laisser au corps le temps de récupérer.

« Si c'est trop dur, tu laisses couler et t'as un cinquième », lui expliquait notamment son coach, lui conseillant également de marcher, de s'oxygéner et, si nécessaire, de continuer à servir à la cuillère.

Progressivement, Atmane a commencé à retrouver un peu de mobilité.

Le Français expliquait encore ressentir quelques décharges musculaires, mais son état semblait s'améliorer.

Une situation qui a également provoqué quelques tensions.

Munar s'agace des échanges avec le coach

Depuis l'évolution du règlement, le coaching est autorisé pendant les rencontres. Mais les échanges permanents entre un joueur et son entraîneur restent encadrés.

Munar a estimé qu'Atmane et son coach dépassaient les limites autorisées et s'en est plaint auprès de l'arbitre.

« Ça fait trois fois qu'il le fait ! », a notamment lancé l'Espagnol.

La tension montait sur le court n°13 tandis qu'Atmane tentait surtout de retrouver suffisamment de mobilité pour jouer normalement.

Et contre toute attente, le Français y est progressivement parvenu.

Atmane revient presque d'entre les morts

Alors qu'il semblait incapable de terminer la rencontre quelques dizaines de minutes plus tôt, Atmane a retrouvé suffisamment de jambes pour recommencer à tenir les échanges.

Munar avait pourtant une occasion idéale d'enfoncer définitivement son adversaire.

Il n'y est pas parvenu.

Le quatrième set est devenu un véritable combat. Atmane s'accrochait à chaque jeu tandis que son adversaire tentait de profiter de la fragilité physique toujours évidente du Français.

Mais aucun des deux hommes n'a réussi à faire définitivement la différence.

Un nouveau tie-break allait décider si Atmane pouvait terminer le match en quatre manches ou si Munar allait arracher un cinquième set.

Cette fois, l'Espagnol a été le plus solide.

Sept points à quatre pour Munar. Deux sets partout.

Tout était à refaire.

Un cinquième set totalement improbable

Quelques heures auparavant, voir Terence Atmane disputer un cinquième set semblait déjà presque impossible.

Le voir capable de rivaliser avec Munar relevait encore davantage de l'improbable.

Et pourtant, le Français s'est battu jusqu'au bout.

Après avoir passé une manche entière quasiment sans pouvoir courir, il retrouvait suffisamment de ressources pour pousser son adversaire dans ses derniers retranchements.

La qualification s'est finalement jouée sur quelques points.

À 5-5 dans le cinquième set, après près de cinq heures sur le court, Munar a trouvé les ressources nécessaires pour porter le dernier coup.

L'Espagnol a pris le service du Français avant de conclure la rencontre.

7-5 au cinquième.

Atmane pouvait enfin s'arrêter.

4h54 d'un combat complètement fou

Le tableau d'affichage résume difficilement ce qu'il s'est passé sur le court n°13 : 7-6 [5], 6-3, 1-6, 6-7 [4], 5-7 pour Atmane après 4h54.

Le Français pourra évidemment nourrir des regrets.

Avec deux manches d'avance, il semblait avoir pris une option considérable sur la qualification avant que les crampes ne bouleversent totalement la rencontre.

Son incapacité physique dans le troisième set a permis à Munar de revenir presque gratuitement dans le match.

Mais la capacité d'Atmane à retrouver suffisamment de mobilité pour ensuite pousser l'Espagnol jusqu'à 5-5 au cinquième set reste également remarquable.

Les crampes, un problème qui se répète

Cet épisode pose néanmoins une nouvelle fois la question de la gestion physique du Français.

Ce n'est pas la première fois qu'Atmane est victime de crampes aussi spectaculaires en plein match.

Son précédent contre Ugo Humbert à Madrid avait déjà marqué les esprits. Malgré un corps pratiquement paralysé, il était parvenu à s'imposer au terme d'une rencontre totalement atypique.

Cette fois, le miracle n'a pas eu lieu.

À 24 ans, Atmane possède un tennis capable de mettre en difficulté des joueurs bien mieux classés. Mais pour continuer à progresser et s'installer durablement au plus haut niveau, il devra aussi trouver les raisons de ces épisodes physiques particulièrement handicapants.

Munar retrouvera Rinderknech

Pour Jaume Munar, l'essentiel reste la qualification.

L'Espagnol a lui aussi dû faire preuve d'une énorme résistance mentale dans une rencontre extrêmement difficile à gérer. Dominateur lorsque son adversaire ne pouvait plus se déplacer, il a ensuite vu Atmane revenir progressivement dans la partie et aurait pu payer cher son incapacité à tuer plus rapidement le match.

Il a finalement tenu jusqu'au bout.

Au deuxième tour, Jaume Munar affrontera Arthur Rinderknech, vainqueur quelques heures plus tôt du Japonais Sho Shimabukuro en quatre manches.

Pour Terence Atmane, l'US Open 2026 s'arrête en revanche dès le premier tour.

Une élimination forcément cruelle après avoir mené deux sets à zéro et s'être retrouvé à seulement deux jeux d'une victoire presque miraculeuse dans la dernière manche. Après 4h54 d'un combat complètement fou, son corps et Jaume Munar ont finalement eu raison de lui.

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