Gaël Monfils est battu par Learner Tien pour son dernier US Open

Nico Par Nico

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Le 201e match en Grand Chelem de Gaël Monfils aura été le dernier. Deux jours après avoir fêté ses 40 ans, le Français s’est incliné au deuxième tour de l’US Open face à l’Américain Learner Tien (6-3, 6-4, 6-3), jeudi soir. Mais le résultat est presque devenu secondaire sur un Louis Armstrong Stadium entièrement acquis à la cause de « La Monf », qui a reçu un vibrant hommage pour refermer plus de vingt ans d’histoire avec les tournois majeurs.

Voilà, c’est fini. Jeudi 3 septembre 2026, à 21h27 à New York, Gaël Monfils a disputé le dernier point de son immense carrière en Grand Chelem.

Sur le Louis Armstrong Stadium, le Français aurait certainement rêvé d’une autre issue. Mais face à Learner Tien, 15e joueur mondial, la marche était trop haute. Battu en trois sets (6-3, 6-4, 6-3) après 2h17 de jeu, Monfils a pourtant résisté autant que son corps le lui permettait.

Deux jours après avoir célébré son 40e anniversaire par une victoire au premier tour, le Parisien a cette fois dû accepter l’inéluctable.

Une défaite, certes. Mais surtout des adieux.

Car lorsque la balle de match s’est achevée, les 14 000 spectateurs du Louis Armstrong Stadium se sont levés pour rendre hommage à l’un des joueurs les plus spectaculaires et populaires de sa génération.

Et peu importait que son adversaire soit américain.

New York choisit Monfils

Dès les premiers échanges, l’ambiance avait quelque chose de particulier. Des « Mon-fils ! Mon-fils ! » sont descendus régulièrement des tribunes, donnant parfois au stade new-yorkais des airs de Roland-Garros.

Le public voulait voir le Français prolonger encore un peu l’aventure. Il voulait surtout célébrer une dernière fois celui qui, pendant plus de deux décennies, a fait du court de tennis une scène.

Après la rencontre, Monfils ne cachait pas son émotion.

« Ce que ça m’inspire ? Beaucoup d’amour, vraiment beaucoup d’amour. C’était mon dernier. Je savais que ça allait être très dur et ils m’ont aidé jusqu’au bout. »

Le Français avait parfaitement compris ce qui se jouait dans les tribunes. Les spectateurs n’étaient pas nécessairement contre Learner Tien. Ils souhaitaient simplement repousser de quelques minutes la fin d’une histoire.

Huit balles de break et autant de regrets

Le score pourrait laisser croire à une rencontre à sens unique. Ce ne fut pourtant pas complètement le cas.

Monfils a eu des opportunités.

Huit, précisément.

Huit balles de break obtenues au cours de la rencontre et aucune convertie. Dans un match face au 15e joueur mondial, ces occasions manquées ont forcément pesé lourd.

Tien les a toutes écartées.

Le jeune Américain connaissait parfaitement le danger. Les deux hommes s’étaient déjà affrontés quelques semaines auparavant à l’Open du Canada, où Monfils avait réussi à lui prendre une manche malgré sa défaite (6-3, 0-6, 6-0).

Admirateur du Français depuis son enfance, au point de lui avoir demandé un autographe après sa première victoire, Tien savait surtout qu’avec Monfils, un match n’est jamais complètement terminé.

Il expliquera même avoir redouté jusqu’au bout « le plus grand come-back de l’histoire ».

Cette fois, il n’aura pas lieu.

« Je veux, mais mon corps me dit non »

La tête voulait encore. Le corps, beaucoup moins.

Au premier tour, Monfils avait déjà dû puiser dans ses réserves pour éliminer Adolfo Daniel Vallejo en quatre manches (2-6, 6-1, 6-2, 6-0). Une victoire qui lui avait permis de fêter ses 40 ans de la plus belle des manières, mais qui avait également laissé des traces.

Face à Tien, la fatigue est progressivement devenue impossible à masquer.

À un moment de la rencontre, les mains posées sur les genoux, Monfils a lâché à son clan une phrase qui résumait parfaitement son combat :

« Je veux mais mon corps me dit non... ouah, j’ai mal ! »

Pas de blessure précise. Plutôt cette accumulation de petites différences qui, au plus haut niveau, finissent par devenir immenses.

La récupération devient moins rapide. Les jambes arrivent un peu moins vite. Le placement est moins précis. La balle est moins bien centrée et les possibilités tactiques se réduisent.

Face à un joueur de 20 ans capable d’absorber sa puissance et de maintenir une énorme intensité physique, Monfils s’est retrouvé confronté à cette réalité.

Il voulait changer de rythme, accélérer, utiliser sa puissance. Mais son corps ne répondait plus suffisamment.

Les derniers « hot shots » de La Monf à New York

Cela ne l’a pas empêché de rester Gaël Monfils.

Jusqu’au bout, il aura tenté d’offrir au public ce qu’il était venu chercher.

Quelques accélérations fulgurantes, des défenses improbables, des courses que lui seul semble capable de transformer en spectacle et plusieurs de ces fameux hot shots qui ont accompagné toute sa carrière.

Chaque coup spectaculaire déclenchait une immense clameur.

Les « Mon-fils ! Mon-fils ! » se multipliaient dans les tribunes.

Pendant quelques instants, Flushing Meadows ressemblait presque à la Porte d’Auteuil.

Mais Tien n’a jamais réellement paniqué. Le jeune Américain a résisté à l’ambiance et aux dernières tentatives françaises pour s’imposer 6-3, 6-4, 6-3.

Puis le tennis a laissé place à l’émotion.

Une cérémonie d’adieux à la hauteur

Après la balle de match, Monfils n’a pas immédiatement quitté le court.

Une vidéo retraçant les grands moments de sa carrière à l’US Open a été diffusée sur l’écran géant du Louis Armstrong Stadium.

Et le Français a regardé défiler sa vie.

Ses débuts. Ses exploits. Ses matches fous. Ses 18 participations à l’US Open. Plus de vingt ans d’une histoire commencée lorsqu’il n’était encore qu’un adolescent.

Micro en main, il s’est ensuite adressé une dernière fois au public.

« Bonsoir New York ! Depuis les juniors en 2003 jusqu’à aujourd’hui en 2026, ça a été une longue aventure. Tout cet amour fait que vous êtes mon deuxième public préféré après Paris évidemment, mais vous êtes tout là-haut. J’espère vous avoir offert de bons shows. Merci à tous ! »

Difficile de mieux résumer la relation entre Monfils et New York.

201 matches et une carrière entière qui défile

Les images diffusées sur l’écran géant ont également fait remonter des souvenirs très lointains.

Notamment celui de son premier match contre Novak Djokovic à New York en 2005.

Monfils s’est souvenu de ses années juniors, du changement de couleur des courts de Flushing Meadows et de toutes les évolutions traversées au cours d’une carrière d’une exceptionnelle longévité.

Car derrière le personnage spectaculaire se cache également un chiffre impressionnant : 201 matches disputés en Grand Chelem.

Quelques jours plus tôt, sa victoire au premier tour lui avait permis d’imiter Jimmy Connors, lui aussi vainqueur d’un match à l’US Open après avoir fêté ses 40 ans, en 1992.

Une dernière ligne symbolique ajoutée à un parcours hors normes.

À New York, Monfils aura connu des ambiances électriques, des matches interminables, des exploits, des déceptions et certaines des plus belles soirées de sa carrière.

Jeudi soir, tout est revenu d’un coup.

La fin approche, mais la carrière n’est pas encore totalement terminée

Ces adieux à New York ne marquent toutefois pas encore la retraite définitive de Gaël Monfils.

Après une tournée américaine particulièrement éprouvante, le Français va désormais s’accorder une période de repos avant de reprendre une dernière fois sa raquette en compétition.

Son programme doit notamment passer par l’ATP 250 de Lyon, prévu du 19 au 25 octobre. Une participation au tournoi ATP 500 de Vienne la semaine suivante reste également possible.

Puis viendra l’ultime rendez-vous.

Le Rolex Paris Masters, du 2 au 8 novembre, doit constituer le dernier tournoi de sa carrière.

Paris pour terminer.

Difficile d’imaginer endroit plus symbolique pour celui qui a toujours entretenu une relation unique avec le public français.

Une reconversion inattendue dans la finance

Après cela, changement total d’univers.

Pas question, du moins dans l’immédiat, de devenir entraîneur ou consultant à plein temps. Monfils s’apprête à troquer les shorts, les raquettes et les chaussures de tennis contre un costume.

Le Français a annoncé vouloir travailler dans la finance et plus précisément dans la gestion de fortune au sein de l’entreprise suisse Alpha Suisse.

« Mon prochain chapitre se déroulera donc dans un bureau, en costume mais je garderai toujours un œil sur le tennis parce que j’adore ce sport, et que ma femme continue de jouer. »

Son épouse Elina Svitolina poursuivant sa carrière, Monfils ne disparaîtra évidemment pas totalement du monde du tennis.

Mais son quotidien sera radicalement différent.

Un autre Gaël Monfils loin des courts

Une reconversion qui peut surprendre lorsqu’on pense au personnage public de « La Monf » : spectaculaire, démonstratif, spontané et parfois imprévisible.

Mais selon l’intéressé, cette image ne correspond qu’à une partie de sa personnalité.

Le court a toujours représenté son espace de liberté, celui où il pouvait laisser parler ses émotions.

Dans la vie quotidienne, Monfils se décrit au contraire comme beaucoup plus strict et sérieux, allant même jusqu’à se qualifier de « maniaque ».

Une personnalité qui correspond finalement davantage qu’on ne pourrait l’imaginer à son futur métier.

À 40 ans, et alors que sa fille Skaï vient d’entrer à l’école, le Français ne souhaitait pas non plus s’offrir une longue période sans activité.

Une nouvelle vie commencera donc presque immédiatement.

Une page immense du tennis français se referme

Avant cela, il reste encore quelques semaines à savourer.

Quelques services. Quelques glissades. Peut-être quelques plongeons. Et certainement encore quelques coups impossibles dont Gaël Monfils possède le secret.

Mais jeudi soir à New York, une première grande porte s’est définitivement refermée.

Il n’y aura plus de Gaël Monfils en Grand Chelem.

Son 201e match aura été son dernier.

Il n’aura pas remporté de titre majeur, mais réduire sa carrière à cette absence serait passer à côté de l’essentiel. Monfils aura réussi quelque chose que peu de joueurs peuvent revendiquer : créer une relation particulière avec les publics du monde entier et transformer des milliers de rencontres en spectacles.

New York le lui a rappelé une dernière fois.

Alors qu’un jeune Américain se trouvait de l’autre côté du filet, 14 000 personnes scandaient le nom d’un Français de 40 ans qu’elles ne voulaient pas voir partir.


Gaël Monfils a perdu son dernier match en Grand Chelem. Mais lorsque tout un stade se lève pour vous dire au revoir, le résultat n’a finalement plus beaucoup d’importance.

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