Gaël Monfils enflamme New-York et se qualifie pour le second tour

Nico Par Nico

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Pour ses 40 ans, Gaël Monfils s’est offert le plus beau des cadeaux. Porté par un public new-yorkais totalement acquis à sa cause, le Français a renversé le Paraguayen Adolfo Daniel Vallejo mardi sur le court Louis-Armstrong (2-6, 6-1, 6-2, 6-0). À quelques semaines de sa retraite, « La Monf » repousse ainsi ses adieux aux tournois du Grand Chelem et continue d’écrire sa légende.

Il fallait bien que Gaël Monfils fasse durer le plaisir. Pour ce qui doit être le dernier tournoi du Grand Chelem de son immense carrière, le Français n’était visiblement pas encore prêt à dire au revoir à New York.

Mardi, le jour même de son 40e anniversaire, le Parisien s’est qualifié pour le deuxième tour de l’US Open en dominant le Paraguayen Adolfo Daniel Vallejo, 60e mondial et de 18 ans son cadet. Après un premier set complètement manqué, Monfils a retrouvé son tennis, son énergie et surtout ce sens du spectacle qui l’accompagne depuis le début de sa carrière pour s’imposer en quatre manches : 2-6, 6-1, 6-2, 6-0.

Un succès qui lui permet également d’entrer un peu plus dans l’histoire du tournoi. À 40 ans, l’ancien numéro 6 mondial, désormais classé 311e, devient seulement le troisième quadragénaire à remporter un match dans le tableau masculin de l’US Open, après l’Australien Ken Rosewall, âgé de 42 ans en 1977, et l’Américain Jimmy Connors, qui avait lui aussi 40 ans en 1992.

Une véritable entrée de rockstar

Le classement actuel de Monfils importe finalement assez peu à New York.

À quelques semaines de sa retraite annoncée après le Masters 1000 de Paris, les spectateurs avaient parfaitement compris que les occasions de voir le Français sur un court se faisaient désormais rares.

Et ils étaient nombreux à vouloir profiter du spectacle une dernière fois.

Sur le Louis-Armstrong Stadium, deuxième enceinte de Flushing Meadows derrière le Arthur-Ashe Stadium, Monfils a ainsi été accueilli comme une véritable rockstar. Cris, drapeaux français et pancartes à son effigie : le public du Queens avait clairement choisi son camp.

Une pancarte détournait même la célèbre formule de Mohamed Ali : « Float like a Butterfly, sting like a Monfils », en hommage au style spectaculaire du Français.

Il faut dire que l'histoire entre Gaël Monfils et l'US Open est ancienne.

C'est à New York qu'il avait notamment réalisé l'un de ses plus beaux parcours en Grand Chelem en 2016, atteignant les demi-finales sans perdre le moindre set avant de tomber face à Novak Djokovic.

Deux ans auparavant, il avait également livré un combat mémorable contre Roger Federer. Après avoir mené deux manches à rien et obtenu deux balles de match dans le quatrième set, le Français avait finalement été renversé par le Suisse au terme de cinq sets et plus de trois heures de jeu.

Autant de souvenirs qui expliquent la relation particulière entretenue entre « La Monf » et le public new-yorkais.

Un premier set complètement manqué

Toute cette émotion a peut-être fini par peser sur Monfils en début de rencontre.

Face à Vallejo, le Français est apparu inhabituellement passif. Peu tranchant au retour et trop imprécis dans ses frappes, il a laissé le Paraguayen prendre confiance.

Le premier set lui a rapidement échappé.

Après un peu plus de 35 minutes, une dernière faute en coup droit offrait la manche à Vallejo, 6-2.

Monfils reconnaîtra ensuite avoir ressenti beaucoup de tension et une certaine appréhension au moment de se lancer pleinement dans le combat. À 40 ans, le Français sait également qu'il doit gérer ses efforts différemment et qu'il ne possède plus les mêmes réserves physiques qu'au sommet de sa carrière.

Mais ce premier set allait finalement constituer la seule véritable période difficile de sa soirée.

Monfils change complètement de visage

Dès le début de la deuxième manche, le Français s'est métamorphosé.

Plus agressif, davantage tourné vers l'avant et surtout beaucoup plus précis, il a commencé à dicter les échanges. Un superbe revers long de ligne a notamment déclenché l'une des nombreuses explosions de joie du Louis-Armstrong Stadium.

Monfils était lancé.

Vallejo, lui, ne trouvait plus aucune solution.

Rapidement mené 5-0, le Paraguayen est progressivement devenu spectateur du show proposé par son adversaire. Monfils enchaînait les coups gagnants et retrouvait cette connexion si particulière avec le public.

Main derrière l'oreille, il réclamait encore davantage de bruit.

New York ne demandait que cela.

Le Français empochait la deuxième manche 6-1 et remettait totalement la rencontre à l'endroit.

Le show Monfils peut commencer

La suite a ressemblé à une démonstration.

Monfils a rapidement pris le service de son adversaire dans la troisième manche et s'est montré beaucoup plus solide sur ses propres engagements. Avec 79 % des points remportés derrière sa première balle contre seulement 57 % pour Vallejo, le Français a progressivement étouffé son jeune adversaire.

Le troisième set tombait dans son escarcelle, 6-2.

Puis le dernier acte a tourné à la correction.

À mesure que le niveau de Monfils augmentait, celui de Vallejo diminuait. Le Paraguayen n'a remporté aucun jeu dans la quatrième manche.

Monfils, lui, avait décidé de terminer en beauté.

Une « bulle » 6-0, un dernier jeu blanc puis un ace pour conclure : difficile d'imaginer meilleur scénario.

Après un départ inquiétant, le Français venait d'aligner trois manches presque à sens unique : 6-1, 6-2, 6-0.

Et surtout, à 40 ans, il venait de dominer sèchement un adversaire de 22 ans.

Une petite satisfaction personnelle que Monfils n'a pas cherché à dissimuler après la rencontre. Toujours aussi souriant, le Français savourait cette capacité à rester compétitif face à une génération qui pourrait presque être celle de ses enfants.

« Joyeux anniversaire » repris par tout le stade

Mais le moment le plus émouvant est arrivé après la balle de match.

Alors que Monfils venait de décrocher sa qualification, le public du Louis-Armstrong Stadium s'est mis à chanter « Joyeux anniversaire » pour célébrer les 40 ans du Français.

Une scène forcément particulière pour un joueur qui entretient depuis tant d'années une relation privilégiée avec le public new-yorkais.

Monfils a pris le temps de remercier les spectateurs, saluant cette atmosphère électrique qui a accompagné son match.

Avant de glisser une promesse : il fallait encore garder un peu d'énergie pour le tour suivant.

Learner Tien pour tenter de prolonger la fête

Car les adieux attendront encore.

Gaël Monfils disputera bien un deuxième match dans cet US Open. Et le défi sera cette fois beaucoup plus important puisque le Français affrontera l'Américain Learner Tien, 15e mondial.

À 40 ans, face à l'un des jeunes joueurs les plus prometteurs du tennis américain et devant un public qui devrait une nouvelle fois pousser derrière lui, Monfils aura l'occasion de prolonger encore un peu son baroud d'honneur en Grand Chelem.

La marche sera haute.

Mais avec Gaël Monfils, la logique n'a jamais vraiment suffi à raconter l'histoire.

À New York encore moins.

Mardi, le Français devait simplement célébrer ses 40 ans et peut-être disputer l'un des derniers matches de sa carrière en Grand Chelem. Il a finalement transformé la soirée en fête, réveillé le Louis-Armstrong Stadium et inscrit son nom aux côtés de Rosewall et Connors.


À 40 ans, Gaël Monfils court encore, gagne encore et fait toujours lever les foules.


Et New York aura droit à un dernier tour de piste supplémentaire.

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