Du Japon à la Suède: les bleus enchaînent rapidement

Nico Par Nico

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À peine le rideau tombé sur le WTT Champions de Yokohama, les meilleurs pongistes français ont dû repartir au combat. Direction Malmö, en Suède, où débute dès ce lundi le troisième Grand Smash de la saison. Entre décalage horaire, voyages interminables et récupération express, Félix et Alexis Lebrun, tout comme Simon Gauzy, abordent cette compétition dans des conditions loin d'être idéales. Une réalité qui illustre les limites d'un calendrier de plus en plus exigeant sur le circuit mondial.

Un voyage marathon entre le Japon et la Suède

Le contraste est saisissant. D'un côté, Yokohama, au Japon, où s'est conclu dimanche le WTT Champions. De l'autre, Malmö, en Suède, théâtre du Grand Smash européen, qui démarre quasiment sans transition. Près de 9 000 kilomètres séparent les deux villes, obligeant les joueurs à traverser plusieurs fuseaux horaires en un temps record.

Éliminé samedi en quarts de finale par un excellent Hiroto Shinozuka (4 manches à 2), Félix Lebrun n'a pas perdu une minute. Le numéro un français a immédiatement pris le premier avion afin de limiter les effets des sept heures de décalage horaire avant son entrée en lice.

Son frère Alexis, battu quelques heures plus tard au même stade de la compétition par le futur vainqueur Tomokazu Harimoto (4-0), a choisi de passer une dernière nuit au Japon avant de décoller à l'aube dimanche.

Alexis Lebrun enchaîne les continents

Pour Alexis Lebrun, cette tournée internationale prend des allures de véritable marathon. En seulement trois semaines, le Montpelliérain aura disputé des compétitions sur trois continents.

Avant Yokohama, le Français avait déjà traversé l'Atlantique pour atteindre la finale du WTT Star Contender de São José dos Campos, au Brésil, où il s'était incliné de justesse face au Brésilien Hugo Calderano.

Un rythme difficile à absorber, comme le reconnaît son entraîneur Nathanaël Molin.

« Tous ces déplacements, c'est loin d'être idéal. Le calendrier est éprouvant pour les joueurs et leur équipe. On est face à un arbitrage constant concernant les tournois à jouer ou pas, toute l'année. »

Ces déplacements incessants obligent les staffs à jongler en permanence entre récupération, préparation physique et gestion des points au classement mondial.

Une belle opportunité pour Félix Lebrun

L'absence du numéro un mondial Wang Chuqin, qui fait une nouvelle fois l'impasse sur le Grand Smash européen, ouvre des perspectives intéressantes.

Félix Lebrun arrive ainsi à Malmö avec le statut de tête de série numéro 3, derrière le Japonais Sora Matsushima et le Suédois Truls Moregard. Une position favorable qui pourrait lui permettre de viser très haut.

Le Français présente d'ailleurs une remarquable régularité dans les Grands Smash cette saison. Demi-finaliste à Singapour puis à Los Angeles, il n'avait été éliminé qu'à chaque fois par le futur vainqueur du tournoi.

Autre élément positif : contrairement à certains concurrents, Félix n'a aucun point à défendre cette semaine. L'an dernier, il avait été éliminé dès son entrée en lice par le Sud-Coréen Jang Woojin.

Son premier adversaire sera le Roumain Eduard Ionescu, actuel 50e mondial. Un duel qui semble largement à la portée du Français, vainqueur de leurs huit confrontations précédentes. En cas de succès, un affrontement 100 % français contre Flavien Coton pourrait ensuite se profiler.

Alexis Lebrun sans pression au classement

Classé 10e mondial, Alexis Lebrun bénéficie lui aussi d'un tableau relativement favorable puisqu'il débutera face à un joueur issu des qualifications.

Le Français aborde ce Grand Smash avec davantage de sérénité puisqu'il n'a aucun point important à défendre. Il y a tout juste un an, il poursuivait encore sa convalescence après son opération consécutive à sa fracture de l'auriculaire droit.

Cette situation lui permet d'aborder la compétition sans véritable pression comptable, avec pour principal objectif de retrouver les derniers carrés des grands rendez-vous.

Simon Gauzy joue gros à Malmö

La situation est bien différente pour Simon Gauzy.

Le Toulousain de 31 ans avait réalisé l'une des plus belles performances de sa carrière l'an dernier en atteignant les demi-finales du Grand Smash européen. Un parcours exceptionnel qui lui avait rapporté 700 points au classement mondial.

Cette semaine, ces précieux points sont remis en jeu, ce qui représente un enjeu majeur pour le numéro 3 français.

Conscient de cette pression, Gauzy préfère néanmoins privilégier le plaisir.

« Dire que je n'y pense pas, ce serait mentir. Mais j'ai envie de me concentrer sur le plaisir : ça m'a fait quelque chose de revenir dans cette salle, un an après y avoir vécu l'un des plus beaux moments de ma carrière individuelle. »

Un premier défi physique et sportif

Le Français arrive toutefois diminué en Suède.

Juste avant son entrée en lice au WTT Champions de Yokohama, Simon Gauzy s'est bloqué le cou après un mauvais mouvement, souffrant d'un torticolis qui l'a empêché de défendre pleinement ses chances au Japon.

Même si les douleurs se sont atténuées, quelques raideurs persistent encore.

Pour son premier match à Malmö, prévu ce lundi soir, Gauzy devra immédiatement élever son niveau face au Japonais Yukiya Uda, actuel 23e mondial. Un adversaire particulièrement dangereux qui a remporté leurs deux dernières confrontations.

L'expérience du Français et le soutien du public européen pourraient toutefois lui permettre d'inverser la tendance.

Une semaine capitale pour les Bleus

Entre fatigue accumulée, longues heures de voyage et pression du classement mondial, les Français abordent ce Grand Smash dans des contextes très différents.

Félix Lebrun tentera de confirmer son excellente régularité dans les plus grands tournois et de profiter de l'absence de Wang Chuqin pour viser le titre. Alexis Lebrun cherchera à poursuivre sa montée en puissance après un été particulièrement chargé, tandis que Simon Gauzy devra défendre un précieux capital de points dans une compétition qui reste l'un de ses plus beaux souvenirs.


Une chose est sûre : au-delà des résultats, cette semaine met une nouvelle fois en lumière les exigences extrêmes imposées par le calendrier international du tennis de table, où les meilleurs joueurs n'ont souvent que quelques heures pour passer d'un continent à l'autre avant de repartir à la conquête d'un nouveau titre.

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