Isack Hadjar retrouve son podium à Monaco aux dépends de Pierre Gasly
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Nouveau rebondissement dans l’interminable feuilleton du Grand Prix de Monaco. Initialement troisième sous le drapeau à damier avant d’être pénalisé, puis réintégré sur le podium après l’appel d’Alpine, Pierre Gasly perd finalement sa troisième place. La Cour d’appel internationale a donné raison aux recours déposés par McLaren et Red Bull : Isack Hadjar retrouve donc la troisième position, tandis que Gasly est reclassé septième. Alpine « regrette la décision » et pourrait encore envisager d’autres recours.
Il fallait presque un tableau pour suivre l’affaire. Plusieurs mois après le Grand Prix de Monaco, la troisième place de l’épreuve vient une nouvelle fois de changer de propriétaire.
Pierre Gasly pensait avoir définitivement récupéré le podium qu’il avait obtenu sur la piste. Ce n’est finalement pas le cas.
La Cour d’appel internationale a décidé de revenir au classement établi après les premières pénalités infligées au pilote Alpine. Conséquence : Gasly redescend à la septième position et Isack Hadjar récupère officiellement la troisième place.
Un nouveau retournement de situation dans une affaire où les deux Français auront successivement été considérés comme troisième du Grand Prix.
🚨 Pierre Gasly perd le podium de Monaco et Isack Hadjar retrouve la 3e place 🚨
— CANAL+ F1® (@CanalplusF1) September 4, 2026
L'appel effectué par plusieurs équipes a été entendu et les pénalités du pilote Alpine sont de nouveau appliquées 🤯 #ItalianGP #F1 pic.twitter.com/6yZtot76Gm
Tout commence par le podium de Gasly sur la piste
Pour comprendre ce véritable imbroglio, il faut revenir au Grand Prix de Monaco.
Ce jour-là, Pierre Gasly réalise une performance exceptionnelle au volant de son Alpine. Après une course parfaitement négociée dans les rues de la Principauté, le Français franchit la ligne d’arrivée en troisième position.
Sur la piste, le podium est donc à lui.
Mais Gasly n’a pas l’occasion de véritablement savourer son exploit.
Le pilote Alpine doit composer avec deux pénalités de cinq secondes qu’il n’a pas purgées durant la course. Une fois celles-ci appliquées à son résultat, il perd sa troisième place et chute au classement.
Le grand bénéficiaire s’appelle alors Isack Hadjar.
Le Français de Red Bull récupère la troisième position et peut célébrer un résultat majeur.
À cet instant, l’affaire semble terminée.
Elle ne faisait pourtant que commencer.
Alpine conteste les mesures de la FIA
Quelques heures après la course, Alpine décide de contester les sanctions infligées à son pilote.
Au cœur du dossier : la vitesse enregistrée dans la voie des stands.
Gasly avait été sanctionné pour excès de vitesse, mais son équipe estime que les données utilisées pour déterminer cette infraction sont incorrectes. Selon Alpine, une erreur concernant la mesure de la longueur de la voie des stands aurait faussé le calcul permettant de déterminer la vitesse des monoplaces.
Le problème ne concernait d’ailleurs pas uniquement Gasly, plusieurs pilotes ayant été flashés.
Alpine décide donc de défendre son pilote.
Et cinq jours plus tard, à Barcelone, le verdict tombe : les pénalités sont annulées.
Pierre Gasly récupère ses 15 points et surtout la troisième place qu’il avait obtenue sur la piste à Monaco.
Cette fois, le pilote Alpine peut penser que son podium est définitivement validé.
Mais le feuilleton repart de plus belle.
McLaren et Red Bull entrent dans la bataille
La décision favorable à Alpine ne fait pas l’unanimité dans le paddock.
Deux équipes décident à leur tour de contester le jugement : McLaren et Red Bull.
McLaren est directement concernée par l’interprétation du règlement puisque son pilote Oscar Piastri avait lui aussi reçu une pénalité pour excès de vitesse dans les stands. Contrairement à Gasly, il l’avait purgée pendant la course.
Red Bull possède évidemment une autre raison de contester la décision : la réintégration de Gasly sur le podium avait directement coûté la troisième place à Isack Hadjar.
Les deux équipes saisissent donc la Cour d’appel internationale.
Celle-ci s’est réunie pour examiner le dossier et vient finalement de rendre sa décision.
Et elle change une nouvelle fois tout.
La Cour d’appel redonne le podium à Hadjar
Après étude du dossier, les juges ont décidé de revenir au classement initialement établi après application des pénalités.
Isack Hadjar est donc officiellement troisième du Grand Prix de Monaco. Pierre Gasly, lui, est reclassé septième.
Pour expliquer sa décision, la Cour s’est notamment intéressée au fameux paramètre utilisé pour mesurer la vitesse des pilotes dans la voie des stands.
L’argument d’Alpine reposait sur le caractère potentiellement incorrect de cette mesure. Mais les juges ont retenu un autre principe : cette référence avait été définie officiellement avant d’être appliquée de la même manière à l’ensemble des concurrents.
« Une fois le paramètre officiel établi et utilisé par tous pendant la compétition, il doit rester fixe pour cette compétition », explique ainsi la décision.
Autrement dit, même si une interrogation existe autour de la mesure utilisée, celle-ci ne pouvait plus être modifiée rétroactivement dès lors qu’elle avait constitué la référence commune à tous les pilotes pendant l’épreuve.
Gasly passe de la troisième à la septième place
Les conséquences sportives sont évidemment importantes pour Pierre Gasly.
Le Français perd un podium prestigieux acquis sur la piste dans l’un des rendez-vous les plus emblématiques de la saison.
Il perd également les points correspondant à sa troisième place et retrouve le classement qui lui avait été attribué après les pénalités : septième.
Pour Alpine, la décision est particulièrement difficile à accepter.
L’écurie d’Enstone avait obtenu gain de cause lors de son premier recours et pensait avoir démontré que son pilote avait été sanctionné à partir d’un calcul contestable.
La Cour d’appel internationale en a finalement décidé autrement.
Hadjar récupère un podium historique
À l’inverse, la décision fait évidemment les affaires d’Isack Hadjar.
Le Français retrouve cette troisième place qu’il avait déjà pu célébrer à Monaco avant de la perdre quelques jours plus tard.
Le jeune pilote peut donc de nouveau inscrire officiellement ce podium à son palmarès.
Une situation particulièrement inhabituelle : Hadjar aura célébré sa troisième place, appris ensuite qu’elle lui était retirée, avant de la récupérer plusieurs mois après la course.
Cette fois, sauf nouveau recours, le résultat devrait être définitif.
Alpine « regrette la décision »
Du côté d’Alpine, la réaction n’a pas tardé.
L’écurie française a publié un communiqué indiquant qu’elle « regrette la décision » de la Cour d’appel internationale.
Reste maintenant à savoir si elle acceptera définitivement ce verdict.
Car une nouvelle étape judiciaire pourrait théoriquement être envisagée en dehors des instances sportives.
Flavio Briatore connaît d’ailleurs parfaitement cette possibilité. En 2010, l’Italien avait obtenu devant le tribunal de Paris l’annulation de son bannissement à vie du paddock, prononcé dans le cadre de l’affaire du « Singapourgate ».
Rien n’indique pour l’instant qu’Alpine choisira une voie similaire dans le dossier Gasly.
Mais après tous les rebondissements déjà connus, difficile d’affirmer avec une certitude absolue que le feuilleton est terminé.
Un podium, deux Français et des mois de procédure
Rarement une troisième place aura été aussi difficile à attribuer.
Pierre Gasly a d’abord terminé troisième sur la piste.
Ses pénalités ont ensuite offert le podium à Isack Hadjar.
Alpine a contesté et permis à Gasly de récupérer sa troisième place.
McLaren et Red Bull ont fait appel à leur tour.
Et la Cour d’appel internationale vient finalement de rendre le podium à Hadjar.
Le classement officiel revient donc à son point de départ : Isack Hadjar troisième, Pierre Gasly septième.
Pour Hadjar, c’est la confirmation d’un résultat majeur. Pour Gasly et Alpine, la frustration est forcément immense : le Français avait décroché son podium sur la piste avant de le perdre sur décision des commissaires, de le récupérer sur appel, puis de le voir disparaître à nouveau.
Cette fois, le feuilleton monégasque semble avoir trouvé son épilogue. À moins qu’Alpine ne décide d’écrire un dernier chapitre devant la justice civile.
Par Nico

