Élodie Clouvel: un retour plein d'ambitions

Nico Par Nico

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Deux ans après sa médaille d'argent aux Jeux olympiques de Paris, Élodie Clouvel retrouve enfin les terrains de compétition. À 37 ans, la Française effectue son grand retour à l'occasion des Championnats d'Europe d'Istanbul, disputés du 3 au 9 août. Mais entre sa dernière apparition et ce rendez-vous continental, beaucoup de choses ont changé : la vice-championne olympique est devenue maman, tandis que le pentathlon moderne a connu une révolution majeure avec la disparition de l'équitation au profit d'une spectaculaire course d'obstacles.

Pour l'une des plus grandes figures de la discipline, ce retour marque le début d'une nouvelle aventure, autant personnelle que sportive.

Un retour sans pression après deux années de pause

La dernière image d'Élodie Clouvel en compétition reste celle de son incroyable médaille d'argent décrochée à Versailles lors des Jeux olympiques de Paris 2024. Une deuxième récompense olympique, huit ans après celle obtenue à Rio, qui avait confirmé son statut de référence mondiale du pentathlon moderne.

Depuis cet exploit, la Française n'avait plus remis un dossard. En mai 2025, sa vie a pris un tournant avec la naissance de sa fille Sasha, un événement qui a profondément transformé sa manière d'aborder le sport de haut niveau.

Loin de la pression permanente qui rythmait autrefois son quotidien, Clouvel affiche aujourd'hui un état d'esprit beaucoup plus apaisé.

« J'ai beaucoup plus de recul, je suis moins obsédée par la performance. Mon rôle de mère m'apporte une forme de lâcher-prise. »

La quête du résultat, qui occupait auparavant chacune de ses journées, a laissé place à une vision plus sereine de sa carrière. Désormais, les entraînements réussis ou manqués ne définissent plus son équilibre personnel.

Une reconstruction physique en douceur

Après sa grossesse, la championne française n'a jamais cherché à brûler les étapes. Pendant plusieurs mois, elle s'est consacrée à une réathlétisation progressive afin de retrouver son meilleur niveau tout en préservant son corps.

Natation, course à pied, travail technique en escrime et au tir : chaque étape a été pensée avec prudence pour éviter les blessures.

Consciente que son corps a changé, Élodie Clouvel accepte désormais cette évolution avec lucidité.

« Mon corps n'est plus le même, je dois l'accepter. Je ne suis plus aussi affûtée qu'aux JO, mais j'y travaille. »

Une philosophie nouvelle qui tranche avec l'exigence extrême qui l'animait tout au long de sa carrière.

Un sport totalement transformé

Comme si ce retour après maternité ne constituait pas un défi suffisant, la Française a également dû composer avec une profonde révolution de son sport.

Après plus d'un siècle de présence au programme olympique, l'épreuve d'équitation a disparu du pentathlon moderne à l'issue des Jeux de Paris. Depuis 2025, elle a été remplacée par une course d'obstacles inspirée des parcours de type « Ninja Warrior ».

Une discipline totalement inédite que même une athlète de l'expérience d'Élodie Clouvel a dû apprendre depuis le début.

« Je me sens comme une débutante. Repartir des bases force l'humilité. J'ai super peur, mais j'ose me lancer. »

La championne reconnaît avoir dû adapter entièrement sa préparation physique, notamment en renforçant considérablement le haut du corps afin de mieux absorber les impacts et franchir les différents obstacles.

Malgré l'appréhension, elle redécouvre aussi un plaisir presque enfantin.

« J'ai l'impression d'être une enfant quand je réussis les obstacles. »

Un objectif : retrouver progressivement son meilleur niveau

À Istanbul, Élodie Clouvel ne nourrit pas d'ambitions démesurées. Après près de deux ans sans compétition et une discipline profondément transformée, l'objectif principal consiste avant tout à retrouver des sensations et mesurer le chemin qu'il reste à parcourir.

Le staff de l'équipe de France lui-même ne s'attendait pas à la revoir aussi rapidement en compétition. Son retour constitue néanmoins une excellente nouvelle pour la sélection tricolore.

Le directeur technique national Christian Roudaut souligne que cette participation permettra à la vice-championne olympique d'évaluer son niveau face aux meilleures Européennes tout en préparant déjà le grand rendez-vous de Los Angeles 2028.

Au-delà de ses performances, son expérience représente également un atout précieux pour les plus jeunes membres de l'équipe de France.

Le rêve de Los Angeles avec sa fille dans les tribunes

Après dix-huit années au plus haut niveau, Élodie Clouvel n'a rien perdu de son âme de compétitrice. Si elle savoure davantage chaque étape de son parcours, un objectif continue de l'animer : participer à une cinquième olympiade.

Cette fois, la motivation est différente. Plus qu'une médaille, c'est une image qui nourrit son rêve.

« Dans un coin de ma tête, je rêve de finir là-dessus, avec ma fille en tribunes à Los Angeles. D'ici-là, je veux savourer. »

Entre une nouvelle vie de maman, un sport profondément renouvelé et une quête olympique relancée, Élodie Clouvel entame sans doute le chapitre le plus singulier de sa carrière. Un défi où l'humilité, le plaisir et la transmission semblent désormais compter autant que la performance.

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