Maxime Grousset déterminé pour son retour
Publié le
Victime d'une fracture du pied gauche le 10 juin, Maxime Grousset semblait voir ses ambitions européennes sérieusement compromises. À moins d'un mois des Championnats d'Europe de natation, organisés du 31 juillet au 16 août à Saint-Denis, le triple champion du monde aurait pu céder au découragement. Mais fidèle à son tempérament combatif, le Néo-Calédonien a choisi une tout autre approche : celle de l'optimisme et du travail.
Présent lors de la conférence de presse organisée à J-15 de la compétition, le nageur français est apparu souriant, confiant et résolument tourné vers son objectif. Arborant le maillot de l'équipe de France qu'il a lui-même co-dessiné avec son équipementier, Grousset a affiché une sérénité qui contraste avec les difficultés traversées ces dernières semaines.
Une rééducation menée avec une précision millimétrée
Derrière ce sourire se cache pourtant un mois particulièrement éprouvant. Entre les béquilles, la botte de protection, les longues séances de kinésithérapie et un protocole de récupération minutieusement élaboré avec son staff médical, le Français a dû revoir entièrement sa préparation.
Durant quatre semaines, impossible d'utiliser ses jambes dans l'eau. Les entraînements se sont limités au travail du haut du corps afin de préserver sa condition physique tout en respectant les contraintes imposées par sa blessure.
Chaque semaine, entraîneurs, préparateurs physiques et personnel médical se sont réunis afin d'adapter au mieux sa reprise, dans le moindre détail.
Transformer la contrainte en opportunité
Plutôt que de subir cette période d'arrêt, Maxime Grousset a choisi d'en tirer profit. Il a intégré des séances de visualisation mentale, renforcé son travail technique et multiplié les exercices de yoga afin d'améliorer son équilibre et son efficacité dans l'eau.
Selon lui, cette période lui a permis de progresser sur certains aspects essentiels de sa nage.
« La tête va bien, le corps suit », résume-t-il avec conviction.
Le champion de 27 ans estime même avoir perfectionné son alignement après chaque mouvement de bras, un gain technique qui pourrait compenser en partie le manque de travail effectué avec les jambes.
Depuis quelques jours, il a progressivement repris les battements, la musculation et les coulées, même si cette reprise accélérée nécessite une grande vigilance.
« J'ai tout repris un petit peu vite, c'est ce qui est délicat. Il faut faire attention à ce que ça ne s'enflamme pas un peu partout », explique-t-il, conscient que son corps reste encore fragile.
🏊 Sa blessure, ses souvenirs des JO de Paris, Léon Marchand... Les confidences de Maxime Grousset avant les championnats d’Europe à la maison 👇https://t.co/2II6frt704
— RMC Sport (@RMCsport) July 15, 2026
Un mois particulièrement difficile à vivre
Si son moral est resté solide, cette période d'immobilisation n'a pas été sans conséquences.
Privé de toute activité sur les membres inférieurs pendant un mois, Maxime Grousset a vu sa masse musculaire diminuer sensiblement. Son mollet gauche s'est particulièrement affiné, tout comme ses cuisses, tandis que son endurance a naturellement baissé.
Mais c'est surtout le quotidien qui s'est révélé éprouvant.
« Quatre semaines d'arrêt sur les jambes, ce n'est pas quatre semaines de vacances », rappelle-t-il.
Habitué à s'entraîner plusieurs heures par jour, le nageur a difficilement supporté l'obligation de rester sur son canapé et de dépendre constamment de son entourage pour les gestes les plus simples.
À plusieurs reprises, il a même évoqué par erreur « quatre mois » d'arrêt au lieu de « quatre semaines », preuve que cette période lui a semblé interminable.
Les Championnats d'Europe comme moteur
S'il a trouvé la force de traverser cette épreuve, c'est aussi parce que les Championnats d'Europe se déroulent cette année en France.
Évoluer devant le public français représente une motivation supplémentaire qui l'a poussé à tout mettre en œuvre pour accélérer sa récupération.
Aujourd'hui, Maxime Grousset estime à environ 80 % ses chances d'être présent au Centre aquatique olympique de Saint-Denis lorsque débutera la natation course, le 10 août.
Les médecins se montrent eux aussi rassurants, jugeant l'évolution de sa blessure très favorable. Une bonne nouvelle qui nourrit l'espoir de le revoir rapidement à son meilleur niveau.
Trois courses toujours dans son viseur
Si sa santé restera la priorité absolue, le Français commence déjà à dessiner son programme.
Le 100 mètres nage libre semble être l'épreuve la plus susceptible d'être abandonnée, afin de limiter les contraintes physiques.
En revanche, il envisage toujours de participer aux 50 mètres nage libre, au 50 mètres papillon ainsi qu'aux relais.
Le 100 mètres papillon, sa distance de prédilection, reste également dans ses plans.
« Ça reste pour moi une option que je ne peux pas enlever », affirme-t-il.
Il précise néanmoins qu'il n'hésitera pas à renoncer si la moindre douleur réapparaît au cours des prochains entraînements.
Une leçon de résilience avant le grand rendez-vous
Au-delà des résultats qu'il obtiendra à Saint-Denis, Maxime Grousset impressionne déjà par sa capacité à rebondir après un coup d'arrêt qui aurait pu compromettre toute sa saison.
En transformant une période de frustration en opportunité de progression technique et mentale, le triple champion du monde démontre une nouvelle fois les qualités qui font les grands champions.
À deux semaines des Championnats d'Europe, le Français avance avec prudence mais également avec une confiance retrouvée. Si son pied continue de répondre favorablement, il pourrait bien être l'une des attractions majeures de cette compétition disputée à domicile, devant un public qui espère le voir retrouver rapidement les sommets de la natation européenne.
Par Nico

