Steven Da Costa : la retraite d’un champion d’exception

Lenny Par Lenny

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À 29 ans, Steven Da Costa a décidé de tourner la page de la compétition. Champion olympique à Tokyo en 2021 et triple champion du monde, le Français quitte les tatamis au sommet d’une carrière exceptionnelle, avec l’envie désormais de transmettre son expérience aux jeunes générations.

Des débuts à Mont-Saint-Martin jusqu’au sommet mondial

Steven Da Costa a grandi à Mont-Saint-Martin, en Meurthe-et-Moselle, dans une famille profondément attachée au karaté. Avec son frère jumeau Jessy et son frère aîné Logan, eux aussi passés par le haut niveau et l’équipe de France, il a découvert très tôt les exigences de la discipline. Son père l’a accompagné dans sa progression tandis que sa mère a soutenu la famille dans cette aventure sportive. Très jeune, Steven Da Costa se forge ainsi une identité de compétiteur. Année après année, le Français gravit les échelons jusqu’à s’imposer parmi les meilleurs mondiaux. Son parcours prend une nouvelle dimension en 2018 lorsqu’il décroche son premier titre de champion du monde. Ce premier sacre n’est pas un aboutissement. Il marque le début d’une domination qui va s’inscrire dans la durée. Da Costa devient de nouveau champion du monde en 2021, puis en 2023, portant à trois son nombre de titres mondiaux.

Le sommet : champion olympique à Tokyo

Mais le moment le plus marquant de sa carrière reste sans doute les Jeux olympiques de Tokyo, en 2021. Steven Da Costa y décroche la médaille d’or et devient champion olympique. Pour le karaté français, ce titre représente un moment majeur. Le Français parvient à transformer des années de travail, de préparation et de sacrifices en une victoire olympique, au terme d’un parcours qui l’a progressivement conduit vers le sommet de sa discipline. À son palmarès figurent également trois titres européens et trois titres mondiaux, faisant de lui l’une des figures majeures du karaté français de sa génération.

Trois titres mondiaux et une carrière au sommet

Le succès de Steven Da Costa ne repose donc pas sur une seule performance. Le Français a construit son palmarès sur plusieurs années, en remportant à plusieurs reprises les plus grandes compétitions internationales. Champion du monde en 2018, 2021 et 2023, champion olympique à Tokyo en 2021, il a également conquis trois titres européens. Une régularité au plus haut niveau qui illustre la longévité de son parcours et sa capacité à répondre présent lors des grands rendez-vous. Pourtant, après avoir remporté les principaux titres de sa discipline, le compétiteur ressent progressivement une perte de motivation. « Quand on a tout gagné plusieurs fois et qu’on ne peut plus remporter le graal dans sa discipline, je pense que c’est humain d’avoir des difficultés à se remotiver », expliquait-il. « Je suis un compétiteur qui a toujours fonctionné au défi, à l’orgueil, et je n’avais plus cette flamme en moi pour refaire des régimes tous les mois, refaire des préparations physiques, retourner à la bagarre. »

L’absence des Jeux de Paris a pesé dans la décision

La décision de Steven Da Costa intervient également dans un contexte particulier pour le karaté. La discipline n’étant plus au programme des Jeux olympiques après Tokyo, le Français n’a pas pu défendre son titre devant son public. « Le fait que le karaté ne soit plus au programme des Jeux d’été a forcément pesé. Défendre mon titre olympique devant ma famille et mes amis en France aurait certainement été le plus beau moment de ma carrière, mais je n’ai pas eu cette chance. C’est derrière moi désormais », confiait-il. Cette perspective a forcément modifié son rapport à la compétition. Après avoir atteint le sommet olympique et remporté à plusieurs reprises les championnats du monde, le Français estime avoir fait le tour de son aventure sportive.

« Il faut savoir s’arrêter »

À 29 ans, Steven Da Costa choisit donc de mettre un terme à sa carrière de compétiteur. Une décision mûrement réfléchie, qu’il assume pleinement. « Il faut savoir s’arrêter », affirme le champion français. Il explique également avoir voulu choisir lui-même le moment de quitter les tatamis : « C’est comme au casino : c’est souvent quand tu veux la victoire de trop que tu perds tout. Je voulais être maître de mon destin, ne pas subir une blessure ou voir arriver la génération qui te pousse vers la sortie. Je voulais sortir par la grande porte. » Après des années consacrées à la recherche des médailles, Steven Da Costa préfère désormais écrire la suite de son histoire autrement.

Du champion au transmetteur

La retraite sportive ne signifie pourtant pas la fin du karaté pour Steven Da Costa. Bien au contraire. Le Français continue de pratiquer et surtout de transmettre. Il entraîne désormais au Luxembourg, à Strassen, plusieurs fois par semaine, tout en conservant un rendez-vous chaque mercredi dans le dojo familial de Mont-Saint-Martin. Cette nouvelle vie lui permet de transmettre aux jeunes les enseignements accumulés pendant sa carrière internationale. « Si on m’avait dit il y a cinq ans que je ferais ça, j’aurais rigolé. Je disais à tout le monde qu’une fois fini, je couperais net. Mais au final, le karaté, c’est mon identité. » Le champion souhaite également mettre son expérience au service de familles qui disposent de moins de moyens et défendre l’idée que la pratique sportive peut jouer un rôle essentiel dans la construction des jeunes. « J’ai un rôle à jouer désormais, de par mon parcours, pour porter ce message : le sport est une école de la vie. J’ai envie d’aider les familles aux revenus modestes à ne pas délaisser le sport dans le quotidien de leurs enfants. »

Une nouvelle vie après les titres

Le changement est important pour celui qui a vécu pendant des années au rythme des compétitions, des entraînements et des objectifs internationaux. Désormais marié et père d’un petit garçon, Steven Da Costa découvre un quotidien plus éloigné de l’adrénaline des grands rendez-vous. « Tu te lèves, tu n’as plus d’objectifs, tu t’ennuies un peu », reconnaît-il. Mais derrière cette période de transition se trouve aussi une forme d’apaisement. Après avoir remporté les titres les plus prestigieux de sa discipline, le champion français sait ce qu’il laisse derrière lui. « Il ne me manque rien », assure-t-il.

Son palmarès restera comme la trace d’une carrière exceptionnelle : trois titres mondiaux, trois titres européens et surtout une médaille d’or olympique à Tokyo. Désormais, Steven Da Costa veut transformer cette expérience en transmission et accompagner à son tour les jeunes Français qui rêvent de connaître, un jour, les mêmes émotions. Avec un dernier message adressé symboliquement à l’enfant qu’il était : « Si j’avais le petit Steven de 4 ans en face de moi, je lui dirais que ça va être dur, mais que ce sera une magnifique aventure. »

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