Une pluie de médailles pour la France !
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Les Championnats d'Europe de karaté à Francfort ont vibré au rythme des performances de l'équipe de France. Entre la consécration historique en para-karaté, la frustration des finales de haut vol et des combats de repêchage d'une rare intensité, les Bleus repartent d'Allemagne avec un bilan solide, bien que teinté de quelques regrets.
L'or historique : Nohan Dudon sur le toit de l'Europe
La plus belle Marseillaise de la journée est venue du para-karaté. Engagé dans la catégorie déficience visuelle, Nohan Dudon a livré une finale magistrale pour s'offrir le titre de Champion d'Europe. Une performance exceptionnelle qui vient récompenser un travail de titan et installer le Français au sommet de sa discipline.
Le choc des finales : quatre médailles d'argent au goût amer
La délégation française visait l'or, mais elle a buté sur la dernière marche à quatre reprises. Les Bleus quittent Francfort avec quatre titres de vice-champion d'Europe 🥈, parfois à la suite de scénarios cruels.
Younesse Salmi (-67 kg)
C'est le braquage de la journée. Salmi menait son combat de main de maître (4-3) face à l'Italien Luca Maresca à deux secondes de la fin. Sur le gong, les arbitres accordent un Ura Mawashi très contestable à l'Italien. Score final : 4-6. Une immense frustration pour le Français qui méritait l'or.
Thalya Sombé (-68 kg)
La championne du monde en titre voulait réaliser le doublé. Malheureusement, elle est tombée sur un os face à la Croate Becirovic. Gênée par l'allonge de son adversaire, Thalya n'a pas trouvé ses automatismes et s'incline 4-1.
Clémence Pea (+68 kg)
À 23 ans, pour sa première finale européenne, elle retrouvait l'Italienne Ferracuti. Après une première erreur exploitée par l'Italienne, Clémence a perdu le fil psychologique de son match pour s'incliner lourdement 10-2.
Kilian Cizo (-75 kg)
Intouchable en éliminatoires, Cizo s'est montré trop défensif en finale. Surpris par deux Ura Mawashi du Turc Yurur, il s'incline 6-0 mais engrange une expérience précieuse.
Équipe Combat Féminine
Monica Arzumian, Thalya Sombé, Clémence Pea, Chloe Payrot et Zera Jade Ozserttas n'ont pas réussi à inverser la tendance face à l'Allemagne, s'inclinant 9-14 après un parcours pourtant exemplaire.
Le bronze de la fierté : Hendrick Confiac et les techniciennes au rendez-vous
Heureusement, le clan tricolore a su rebondir pour aller chercher de magnifiques troisièmes places.
Hendrick Confiac (+84 kg) en mode rouleau compresseur
Quelle démonstration de force ! Pour sa première médaille internationale, Hendrick Confiac a foudroyé le Géorgien Gelashvili en petite finale. Un enchaînement d'une vitesse folle (Yoko, Gyaku...) pour un score sans appel de 8-0. Le bronze lui va bien, mais ce garçon a clairement le potentiel pour viser plus haut.
L'équipe de Kata Féminine arrache le bronze
Maï-Linh Bui, Léa Severan, Julia Vilanova et Louise Capet ont fait preuve d'une synchronisation parfaite lors de leur petite finale. Face à une solide équipe d'Allemagne, les Françaises l'emportent sur le fil (4-3) et montent sur le podium européen.
Les déceptions au pied du podium : la loi du sport
Tout s'est joué à un rien pour plusieurs chances de médailles françaises, qui terminent à la 5e place :
Tiphaine Bonnarde (-50 kg)
Menant 6-5 face à la Roumaine Nastas, elle encaisse un point sur le gong (6-6). La décision des juges ne lui est pas favorable. Cruel.
Helvétia Taily (Kata Femmes)
Vice-championne d'Europe en titre, elle échoue à un petit point (4-3). Son Gojushiho Dai n'a pas suffi face au Suparimpei de la Belge Manca.
Équipe Combat Masculine
Younesse Salmi, Kilian Cizo, Ryan Gari, Ilies Elguir, Hendrick Confiac, Adam Tadjer, Thanh-Liêm Lê et Issa Lardjoum s'inclinent 0-3 face à la Géorgie en petite finale.
Une compétition pleine de promesses
Au terme de cette avant-dernière journée des Championnats d'Europe à Francfort, le bilan du clan tricolore souffle le chaud et le froid. Avec la consécration de Nohan Dudon en para-karaté, la fougue d'Hendrick Confiac en bronze et un total de quatre médailles d'argent, la France prouve qu'elle reste une place forte du karaté continental. Pourtant, le sentiment d'inachevé prédomine. Entre les décisions arbitrales frustrantes à la dernière seconde, les pièges tactiques et la dure loi du sport au pied du podium, les Bleus ont manqué de réussite pour transformer l'argent en or. Cette expérience, parfois cruelle pour la jeune garde française à l'image de Clémence Pea ou Kilian Cizo, servira à coup sûr de carburant pour les prochaines échéances mondiales. Le talent est là, les podiums sont au rendez-vous, et la soif de revanche n'en sera que plus grande.
Par Lenny


