Clarisse Agbégnénou: une médaille de bronze en signe de retour

Nico Par Nico

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Cinq mois seulement après la naissance de son deuxième enfant et seize mois après sa dernière compétition, Clarisse Agbégnénou a signé un retour très encourageant en décrochant la médaille de bronze en -63 kg au Grand Chelem de Lausanne, samedi. La Française a notamment pris sa revanche sur Renata Zachova, qui l'avait battue en finale des derniers Championnats d'Europe qu'elle avait disputés. Manon Deketer est passée encore plus près du titre mais s'est inclinée en finale face à la Polonaise Angelika Szymanska.

Clarisse Agbégnénou est bel et bien de retour.

Après seize mois sans compétition et seulement cinq mois après avoir donné naissance à son deuxième enfant, Dakota, la sextuple championne du monde des -63 kg retrouvait samedi les tatamis à l'occasion du Grand Chelem de Lausanne.

Un retour forcément très attendu à un peu plus d'un mois des Championnats du monde de Bakou.

Et si la Française n'a pas encore retrouvé la plus haute marche du podium, elle a largement rassuré sur son niveau en décrochant une belle médaille de bronze.

Une troisième place chargée d'émotion dans un contexte personnel particulièrement difficile pour la championne olympique de Tokyo.

Une médaille dédiée à son père

Après sa victoire contre la Tchèque Renata Zachova lors du combat pour la troisième place, Clarisse Agbégnénou a laissé éclater son émotion.

La Française a levé les yeux au ciel avant de former un cœur avec ses doigts.

Son père Victor, décédé début avril, n'était pour la première fois plus présent aux côtés de ses proches pour suivre sa compétition.

« Papa, si tu m'entends, c'est pour toi et on ira chercher encore mieux la prochaine fois », a-t-elle confié en larmes après son combat.

Un moment particulièrement fort pour Agbégnénou, entourée notamment de ses deux enfants, Athéna, 4 ans, et Dakota, âgé de seulement cinq mois.

Au-delà du résultat sportif, cette journée constituait donc une étape très particulière dans la carrière et la vie de la Française.

Seize mois après, Agbégnénou retrouve immédiatement le podium

Sportivement, les interrogations étaient forcément nombreuses avant le début de la compétition.

La dernière apparition de Clarisse Agbégnénou remontait aux Championnats d'Europe d'avril 2025. Depuis, la Française avait mis sa carrière entre parenthèses pour donner naissance à son deuxième enfant.

Seize mois sans compétition représentent une éternité à ce niveau.

Mais à 33 ans, Agbégnénou a rapidement démontré qu'elle n'avait rien perdu de son ambition.

« J'ai vu que même si ce n'est pas simple, j'ai pu tenir une journée de compétition. Et mine de rien, je ne me suis pas du tout trouvée à la ramasse. Donc je suis contente de cette journée », a-t-elle expliqué.

Et son parcours confirme largement cette impression.

Une championne du monde battue en quarts

Pour son retour, Clarisse Agbégnénou n'avait pas choisi la facilité.

La Française souhaitait immédiatement se confronter à ce qui se fait de mieux dans sa catégorie afin de mesurer précisément le travail restant à effectuer.

Elle a notamment retrouvé en quarts de finale la Néerlandaise Joanne Van Lieshout, championne du monde 2024 et championne d'Europe 2026.

Un immense test.

Agbégnénou l'a réussi en dominant la Néerlandaise pour rejoindre le dernier carré.

Une victoire particulièrement significative après une aussi longue absence et qui démontre que la Française possède déjà un niveau lui permettant de rivaliser avec les références mondiales de la catégorie.

« Quand on me disait pourquoi je reviens sur un Grand Chelem, mais si je prétends être championne du monde, je suis obligée de prendre les meilleures. Je ne me suis pas démontée », a rappelé la championne française.

Szymanska prive Agbégnénou de la finale

Son parcours s'est finalement arrêté en demi-finales face à Angelika Szymanska.

La Polonaise, vice-championne du monde en 2024, s'est imposée face à la Française avant de confirmer quelques heures plus tard en remportant le tournoi.

Une défaite qui laisse quelques regrets à Agbégnénou.

« C'était à ma portée », a-t-elle reconnu.

Forcément frustrée de ne pas avoir atteint la finale, la sextuple championne du monde préfère néanmoins replacer ce résultat dans le contexte de son retour.

À cinq mois seulement de son accouchement, décrocher immédiatement une médaille dans un Grand Chelem représente déjà une performance remarquable.

Et les objectifs d'Agbégnénou se situent évidemment bien au-delà de Lausanne.

« On ne peut pas tout avoir. Si j'ai le titre aux Mondiaux et si j'ai l'or aux Jeux de Los Angeles, j'oublierai vite ma troisième place ici », a-t-elle prévenu.

Le message est clair : cette médaille de bronze constitue une étape, certainement pas une finalité.

Une revanche symbolique contre Renata Zachova

Pour monter sur le podium, Clarisse Agbégnénou devait néanmoins remporter un dernier combat.

Et le hasard lui avait réservé une adversaire particulièrement symbolique : Renata Zachova.

La Tchèque était la dernière judokate à avoir battu Agbégnénou avant sa longue interruption.

Lors des Championnats d'Europe 2025, Zachova avait privé la Française d'un nouveau titre continental en remportant leur finale.

Les retrouvailles avaient donc forcément une saveur particulière.

Cette fois, Agbégnénou a eu le dernier mot.

En dominant la Tchèque lors du combat pour la médaille de bronze, la Française a bouclé sa journée sur une victoire et pris sa revanche sur sa dernière défaite avant sa pause maternité.

Une manière presque idéale de refermer la parenthèse.

Encore plusieurs détails à régler avant les Mondiaux

Malgré cette médaille et les nombreux motifs de satisfaction, Clarisse Agbégnénou sait qu'il reste encore beaucoup de travail.

La Française a déjà identifié plusieurs domaines dans lesquels elle souhaite progresser avant les prochaines grandes échéances.

« La tactique, la rapidité », a-t-elle notamment cité.

La championne souhaite également retrouver davantage d'explosivité et mieux maîtriser les évolutions réglementaires intervenues pendant son absence.

La gestion des combats constitue également un axe important. Agbégnénou veut notamment apprendre à mieux utiliser son avantage lorsqu'elle mène afin de dépenser moins d'énergie.

Physiquement, en revanche, les premiers signaux sont très encourageants.

Son rythme et sa puissance sont déjà proches des exigences du très haut niveau. Ses sensations seraient même meilleures que lors de son premier retour après la naissance de sa fille Athéna.

Une excellente nouvelle à quelques semaines des Championnats du monde.

Manon Deketer échoue à 19 secondes du titre

Clarisse Agbégnénou aurait même pu retrouver une autre Française en finale.

Manon Deketer a elle aussi réalisé une très belle journée à Lausanne.

Mais comme Agbégnénou, elle s'est heurtée à Angelika Szymanska.

La Polonaise aura été le véritable cauchemar des Françaises lors de cette compétition. Après avoir éliminé Agbégnénou en demi-finales, elle a dominé Deketer en finale grâce à une clé de bras à seulement 19 secondes du terme.

Une énorme frustration pour la Française de 28 ans.

« Je suis très déçue et frustrée, parce que c'est une fille que j'ai toujours battue. J'ai l'impression de ne pas réussir à gagner des finales », a regretté la nouvelle pensionnaire du PSG Judo.

Cette défaite rappelle celle subie quelques mois auparavant lors des Championnats d'Europe à Tbilissi.

Deketer avait alors atteint la finale avant de s'incliner face à Joanne Van Lieshout.

Deux finales importantes et deux médailles d'argent qui lui laissent forcément un goût d'inachevé.

Deketer veut prendre sa revanche aux Mondiaux

Mais comme Agbégnénou, Manon Deketer regarde déjà vers le prochain grand rendez-vous.

Les Championnats du monde de Bakou, programmés du 4 au 11 octobre, constituent désormais l'objectif majeur.

« On va dire que Lausanne est une compétition de préparation pour les Mondiaux. J'ai fait une belle journée, mais j'aurais aimé finir en beauté. Je compte gagner la finale mondiale cette fois-ci », a annoncé la Française.

Deketer connaît d'ailleurs parfaitement Szymanska.

Lors des Championnats du monde 2022, la Française avait décroché la médaille de bronze en battant justement la Polonaise.

De potentielles retrouvailles en Azerbaïdjan auraient donc une saveur particulière.

Deux Françaises ambitieuses avant Bakou

Le Grand Chelem de Lausanne aura finalement apporté de nombreux enseignements au judo français.

Manon Deketer repart avec une médaille d'argent et la confirmation qu'elle peut viser très haut lors des prochains Championnats du monde.

Mais le principal enseignement concerne évidemment Clarisse Agbégnénou.

Seize mois après sa dernière compétition, cinq mois après la naissance de son deuxième enfant et dans un contexte personnel particulièrement douloureux, la Française a immédiatement retrouvé le podium international.

Elle a battu Joanne Van Lieshout, l'une des références mondiales de la catégorie, avant de prendre sa revanche sur Renata Zachova.

La défaite contre Angelika Szymanska montre qu'il reste encore du travail, mais Agbégnénou n'a jamais imaginé arriver à Lausanne au sommet de sa forme.

À 33 ans, elle est simplement en train de reconstruire progressivement la championne qui a remporté six titres mondiaux et l'or olympique à Tokyo.

« Je suis dans mon chemin », résume-t-elle.

Un chemin qui doit désormais la conduire à Bakou en octobre, avec une ambition déjà clairement affichée : redevenir championne du monde. Et à plus long terme, Agbégnénou ne s'en cache pas, l'objectif reste de conquérir un nouvel or olympique aux Jeux de Los Angeles.

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