Blandine Pont et Sarah-Léonie Cysique en argent

Nico Par Nico

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L'équipe de France de judo a dû se contenter de deux médailles lors de la première journée du Grand Chelem de Lausanne. Toutes deux finalistes, Blandine Pont (-52 kg) et Sarah-Léonie Cysique (-57 kg) ont décroché l'argent vendredi. Deux podiums qui permettent aux Bleues de sauver une journée difficile, puisque les six autres Français engagés sont repartis sans médaille.

Deux médailles, mais aussi beaucoup de frustration. Pour l'ouverture du Grand Chelem de Lausanne, huit judokas français étaient engagés avec l'ambition de monter sur le podium. Seules Blandine Pont et Sarah-Léonie Cysique y sont parvenues.

Les deux Françaises ont réalisé un parcours presque parfait avant de buter sur la dernière marche. Pont s'est inclinée contre l'Israélienne Gefen Primo en finale des -52 kg, tandis que Cysique a été stoppée par la championne du monde géorgienne Eteri Liparteliani chez les -57 kg.

Deux médailles d'argent qui permettent malgré tout à la délégation tricolore d'éviter une première journée sans récompense en Suisse.

Sarah-Léonie Cysique impuissante en finale

La déception était particulièrement visible chez Sarah-Léonie Cysique au moment de monter sur le podium. La Française avait pourtant réalisé une excellente journée, affichant toute l'étendue de son répertoire technique pour rejoindre la finale.

Mais face à Eteri Liparteliani, le scénario n'a pas tourné en sa faveur.

La Géorgienne, championne du monde en titre, a parfaitement manœuvré son combat avant de déclencher un puissant mouvement de hanches. Cysique n'a rien pu faire et s'est retrouvée projetée pour ippon.

Une conclusion brutale après plusieurs combats parfaitement maîtrisés.

« Toute la journée, j'ai mis des boîtes, là c'est moi qui en prends une », regrettait la Française après sa finale, estimant que ce combat était pourtant à sa portée.

Cysique a notamment reconnu avoir été gênée par la position de la main gauche de son adversaire. Un détail tactique dont Liparteliani a su tirer profit au meilleur moment.

Un nouvel épisode dans la rivalité avec Liparteliani

Cette défaite a forcément une saveur particulière pour Sarah-Léonie Cysique. La Française connaît parfaitement la Géorgienne, qu'elle avait notamment affrontée lors des Jeux Olympiques de Paris 2024.

Double médaillée olympique et vice-championne olympique en individuel à Tokyo en 2021, Cysique possède suffisamment d'expérience pour mesurer l'importance de ce genre de confrontation face aux meilleures mondiales.

Cette fois, elle n'a tout simplement pas trouvé la solution.

« Son attaque était trop forte pour que je puisse contrer quoi que ce soit. Je n'ai pas grand-chose à dire. Elle a été meilleure que moi », reconnaissait-elle.

Mais la Française avait surtout le sentiment d'avoir laissé passer une opportunité. Une frustration qui pourrait lui servir dans quelques semaines puisque les Championnats du monde de Bakou, programmés en octobre, constituent désormais son prochain grand objectif.

Et une éventuelle revanche contre Liparteliani pourrait rapidement se présenter.

Blandine Pont échoue également sur la dernière marche

Quelques instants auparavant, Blandine Pont avait connu une déception similaire dans la catégorie des -52 kg.

La Française s'est inclinée en finale face à Gefen Primo et doit elle aussi se contenter de la médaille d'argent.

Une défaite frustrante alors que Pont pouvait décrocher son troisième titre en Grand Chelem de la saison. Malgré cet échec, elle retenait surtout la qualité de sa journée dans un tournoi particulièrement relevé.

« Je suis contente de ma journée, d'être allée chercher la médaille », expliquait-elle après la compétition.

Cette deuxième place confirme surtout la régularité de la Française au plus haut niveau international depuis son changement de catégorie.

Pont absente des Mondiaux malgré ses résultats

La situation est néanmoins particulière pour Blandine Pont. Contrairement à Sarah-Léonie Cysique, elle ne participera pas aux prochains Championnats du monde de Bakou.

Une décision difficile à accepter pour la Française, qui ne cachait pas avoir vécu comme une désillusion sa non-sélection.

Passée dans la catégorie des -52 kg au début de l'année 2025, Pont s'est pourtant rapidement installée parmi les meilleures mondiales. Ses performances auraient pu lui permettre de prétendre à une place pour les Mondiaux.

Mais le comité de sélection français a fait d'autres choix.

Amandine Buchard étant actuellement concentrée sur son double projet mêlant judo et rugby à 7 avec l'objectif des Jeux Olympiques de Los Angeles 2028, aucune Française ne devrait être engagée en -52 kg à Bakou. La Fédération a préféré utiliser ses possibilités de sélection pour doubler d'autres catégories.

Une décision qui laisse forcément quelques regrets à Pont.

« Il m'a fallu un petit supplément d'âme »

La Française reconnaît d'ailleurs avoir dû se remobiliser pendant l'été après avoir appris qu'elle ne ferait pas partie de la sélection mondiale.

« J'ai eu une désillusion de ne pas aller aux Mondiaux, donc il m'a fallu un petit supplément d'âme cet été pour faire tous les stages », confiait-elle.

Une préparation estivale qui a donc porté ses fruits puisque Pont est immédiatement remontée sur un podium majeur à Lausanne.

La Française mène parallèlement un quotidien assez singulier pour une sportive de ce niveau puisqu'elle travaille également un jour et demi par semaine dans un cabinet dentaire à Champigny-sur-Marne, dans le Val-de-Marne.

Malgré sa déception, elle comprend également la difficulté des choix effectués par l'encadrement français.

« La concurrence est très relevée en France, dans les catégories, entre les catégories », reconnaît-elle.

Blandine Pont a malgré tout été désignée première remplaçante pour les Mondiaux de Bakou. Une maigre consolation au regard de ses performances actuelles, mais qui pourrait lui permettre d'intégrer la sélection en cas de forfait.

Deux médailles pour sauver la journée française

Avec les deux médailles d'argent de Blandine Pont et Sarah-Léonie Cysique, le bilan français reste donc mitigé à l'issue de cette première journée du Grand Chelem de Lausanne.

Sur les huit Tricolores engagés vendredi, seules les deux Françaises ont réussi à atteindre le podium. Et toutes deux pourront nourrir quelques regrets après avoir atteint la finale.

Pour Cysique, cette médaille constitue néanmoins une nouvelle étape dans sa préparation vers les Championnats du monde de Bakou, où elle tentera de transformer sa frustration lausannoise en revanche.

Pour Pont, l'objectif sera différent. Privée de Mondiaux malgré ses excellents résultats, elle continue de démontrer sur les tatamis qu'elle possède le niveau pour rivaliser avec les meilleures de sa nouvelle catégorie.

Deux médailles d'argent et deux sentiments contrastés, donc. Mais dans une journée compliquée pour l'ensemble du clan tricolore, Blandine Pont et Sarah-Léonie Cysique auront au moins permis à l'équipe de France de ne pas repartir bredouille.

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